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CRITIQUES DE CONCERTS 24 février 2018

Concert du Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks sous la direction de Mariss Jansons, avec la participation de l’alto Gerhild Romberger à la Philharmonie de Paris.

Détachement et engagement
© Matthias Schrader

L’annulation de Waltraud Meier n’aura pas permis de remplir totalement une Philharmonie de Paris qui accueillait pourtant pour la première fois l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise. Mariss Jansons reste froid dans les Kindertotenlieder, laissant la primeur aux Danses symphoniques de Rachmaninov jouées en seconde partie.
 

Philharmonie, Paris
Le 31/01/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Est-ce pour fêter les vingt ans de la mort du compositeur tchèque Vladimír Sommer que Mariss Jansons a souhaité ouvrir avec l’une de ses œuvres son concert parisien, exilé pour la première fois du Théâtre des Champs-Élysées au profit de la Philharmonie de Paris ? Toujours est-il que la pièce Antigone ne marquera pas les esprits ni certainement l’avenir, tant son intérêt musical semble faible, mélange de sonorités rêches comme celle d’un Prokofiev mal éveillé, et de tutti façon Zhavod de Mossolov, le génie en moins. L’orchestre y montre sa force sous la baguette précise du chef.

    Puis la contralto Gerhild Romberger entre en scène pour remplacer la soprano Waltraud Meier annoncée souffrante. Elle chantera les Kindertotenlieder de Mahler dans un tout autre style que son aînée, avec une ligne de chant à l’ancienne, pouvant paraître dure et mal gérée dans le vibrato, mais pas inintéressante dans la couleur de graves profonds rappelant à l’occasion la référence Kathleen Ferrier, que l’on serait toutefois incapable d’écouter avec plaisir aujourd’hui en concert tant nos attentes en termes de chant ont évolué.

    Le chant faiblit dans l’aigu et semble surtout montrer un stress chez une chanteuse tenant la partition dans ses mains. Pour l’accompagner, la direction de Mariss Jansons utilise à son habitude finesse et affectation, sans pourtant jamais dégager ni tristesse ni tension, ni même une quelconque nostalgie de ces pages si géniales, malgré la superbe formation qu’il tient en maître et dont la qualité est irréprochable, à commencer par la harpe et les bois. In diesem Wetter manque totalement d’aspérités et de puissance, restant sur une dynamique froide dans laquelle on s’enfonce par trop de maniérisme.

    Retour d’entracte avec une énergie nettement plus évidente à l’écoute de Danses symphoniques de Rachmaninov déjà interprétées il y a quelques années par le chef à la salle Pleyel avec le Concertgebouw d’Amsterdam. Cette fois, avec le Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, la dernière œuvre du compositeur russe bénéficie d’une bien meilleure acoustique, dont on profite dès les premiers accords de cordes, et surtout à partir des interventions de bois, magnifiques toute la soirée.

    Le Non allegro pèche encore parfois par sa retenue, mais dès l’entrée de la clarinette basse, puis du groupe flûtes-hautbois, l’opulence sonore ne peut que ravir, avant qu’apparaisse le superbe chant russe développé par un magnifique saxophone alto, vite soutenu par la reprise au hautbois puis par la clarinette et le superbe premier basson, avant que ne reviennent les cordes et un piano absolument parfaits. L’Andante atteint un niveau encore plus élevé grâce au thème distribué cette fois d’abord au cor anglais, puis laisse sa place au dernier mouvement, particulièrement impressionnant dans la coda, Allegro vivace, donnant une impression de mitraille fantastiquement gérée par toutes les cordes.

    Triomphe pour le chef et pour l’orchestre, qui pour remercier un public chaleureux malgré ses toux souvent trop marquées offriront deux bis, un joli Air russe, en fait le Moment musical n° 3 de Schubert, arrangé pour grande formation, puis la coda de la suite du Mandarin merveilleux de Bartók.




    Philharmonie, Paris
    Le 31/01/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Concert du Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks sous la direction de Mariss Jansons, avec la participation de l’alto Gerhild Romberger à la Philharmonie de Paris.
    Vladimír Sommer (1921-1997)
    Antigone, prélude pour orchestre
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Kindertotenlieder
    Gerhild Romberger, contralto
    Sergueï Rachmaninov (1873-1943)
    Danses symphoniques
    Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks
    direction : Mariss Jansons

     


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