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CRITIQUES DE CONCERTS 23 octobre 2018

Reprise de Don Carlo de Verdi dans la mise en scène de Peter Stein, sous la direction de Myung-Whun Chung à la Scala de Milan.

L’Italianità de retour
© Teatro alla Scala

En réutilisant la production de Peter Stein créée pour le bicentenaire Verdi à Salzbourg, le directeur de la Scala Alexander Pereira réunit pour ce nouveau Don Carlo milanais une distribution beaucoup plus italienne, dont profitent Simone Piazzola, Francesco Meli et Ferruccio Furlanetto, sous la direction de Myung-Whun Chung en progression toute la soirée.
 

Teatro alla Scala, Milano
Le 04/02/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • En 2013, quand Alexander Pereira alors directeur du festival de Salzbourg doit réunir la meilleure équipe pour monter Don Carlo de Verdi, il n’a d’autre choix que d’aller chercher les Allemands Anja Harteros et Jonas Kaufmann ainsi que l’Américain Thomas Hampson, au grand dam de l’italianità. Quatre ans plus tard, les choses ont changé et en cherchant à réunir la plus belle distribution pour l’intégrer à nouveau dans la production de Peter Stein, cette fois à la Scala, faire appel au chant italien n’est plus une solution de secours.

    Francesco Meli est encore parfois trop jeune pour tenir parfaitement les quatre heures de cette version intégrale du Don Carlo italien en cinq actes, avec les parties originales françaises réintégrées dans la version de Modène, à l’exception du pré-Lacrymosa du Requiem escamoté pour que le ténor puisse tenir le rôle jusqu’à son terme. Malgré un ou deux aigus mal placés, l’Italien interprète toute sa partition avec un timbre solaire et une technique verdienne faite de legato et de sons filés qui sont un vrai régal.

    Pour lui répondre, le Rodrigo de Simone Piazzola présente lui aussi un parfait idiome, avec une ligne de chant souple et une voix aussi agile sur les mots que sur les notes. Le baryton de 31 ans aura toutefois encore à gagner en volume et en puissance pour parfaire sa place parmi les plus grands verdiens, et alors que nous regrettions un manque d’assise dans le grave à Rome en octobre dernier dans le Bal, nous ne pouvons que confirmer cette impression sur la plus grande scène d’Italie.

    Cette assise et cette projection, le vétéran Ferruccio Furlanetto n’en manque jamais, ni même de style ou de charisme, tant celui qui a triomphé partout depuis trente ans en Philippe II est encore comme à la maison sur les planches milanaises, répondant avec poigne à son fils en lui montrant qui est le patron dès l’autodafé. En Grand Inquisiteur, Eric Halfvarson remplaçant Orlin Anastassov a la voix touchée par l’âge mais idéale dans le timbre et la capacité à raconter la dure vie de son triste personnage.

    Chez les dames, pas d’Italie mais une vraie italianité tout de même, avec la soprano bulgare Krassimira Stoyanova, magnifique Elisabetta au chant vivant et agile, troublante d’émotion dans Tu che le vanità et dans la scène finale, épaulée ce soir par l’Eboli d’Ekaterina Semenchuk, elle aussi captivante dans le terrible O don fatal, moins à l’aise dans les vocalises et la justesse de la Chanson du voile.

    Nous n’évoquerons que très peu la mise en scène de Peter Stein, très faible dans la direction d’acteurs et laissant juste une scène de bûcher plutôt correcte, rappelant quelque peu le tableau de l’Autodafé peint en 1683 par Francisco Ricci, en plus de l’image finale avec l’intervention du Moine (excellent Martin Summer) transformé en statut de Charles Quint dorée, ranimée pour emporter son petit-fils sous terre, à la manière du Commendatore de Don Giovanni.

    Quant à la direction de Myung-Whun Chung, elle ne cherche d’abord que la mise en place avec un discours trop neutre mais suffisamment rigoureux pour tenir un chœur plus que décevant, tant par son manque de puissance que de précision. Puis la fin de la scène du Caveau laisse percevoir plus de liberté, et l’orchestre commence à bouillonner à Atocha, pour ensuite laisser profiter de très beaux moments portés par le superbe Orchestra del Teatro alla Scala, comme dans les instruments graves de la scène de l’Inquisiteur, ou dans les rubati du dernier prélude, élevé d’un geste chaud à défaut d’être sensible.




    Teatro alla Scala, Milano
    Le 04/02/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Don Carlo de Verdi dans la mise en scène de Peter Stein, sous la direction de Myung-Whun Chung à la Scala de Milan.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Don Carlo, opéra en cinq actes (1867)
    Livret de Joseph Méry et Camille du Locle d’après Schiller
    Version de Modène (1886), avec réintégration des coupures originales

    Coro ed Orchestra del Teatro alla Scala
    direction : Myung-Whun Chung
    mise en scène : Peter Stein
    décors : Ferdinand Woegerbauer
    costumes : Anna Maria Heinreich
    éclairages : Joachim Barth

    Avec :
    Krassimira Stoyanova (Elisabetta di Valois), Ekaterina Semenchuk (La principessa di Eboli), Francesco Meli (Don Carlo), Simone Piazzola (Rodrigo), Ferruccio Furlanetto (Filippo II), Eric Halfvarson (Il Grande Inquisitore), Martin Summer (Un Moine), Céline Mellon (Voix du ciel), Gustavo Castillo, Rocco Cavalluzzi, Dongho Kim, Victor Sporyshev, Chen Lingjie, Paolo Ingrasciotta (Six deputés), Azer Zada (Conte di Lerma), Theresa Zisser (Tebaldo).

     



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