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CRITIQUES DE CONCERTS 22 septembre 2018

Version de concert mise en espace de Carmen de Bizet sous la direction de Simone Young au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Carmen dans toute sa richesse
© Earl Carter

Simone Young : un nom à retenir pour ceux qui ne la connaissent pas encore. À la tête de l’Orchestre national de France, la remarquable chef a personnalisé de main de maître la version de concert de l’opéra de Bizet. Sous sa direction imperturbable et habitée et dans une simple mise en espace, c’est bien à une représentation que nous avons assisté.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 31/01/2017
Claude HELLEU
 



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  • Un vrai spectacle, cette Carmen en version de concert, et des plus réussis ! Tous réunis sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées, orchestre, chœurs et chanteurs vont prêter leur tempérament à la musique de Bizet et au drame qu’elle porte de l’amour à la mort. À la direction de cette réussite, au centre de l’espace, une femme. Sobrement, la battue nette et habitée, Simone Young dirige le National pour le meilleur de son expressivité et de ses sonorités, tutti engagés, solistes telles des voix autour des hommes et des femmes qui incarnent les héros du célèbre opéra-comique dont Meilhac et Halévy écrivirent le livret d’après le conte de Prosper Mérimée.

    Après le dynamisme de l’ouverture, le rythme d’emblée impératif a des résonnances militaires. L’arrivée de la Maîtrise de Radio France accompagne irrésistiblement la relève de la garde montante. L’aisance et la joie des gamins communiquent leur plaisir à un public qui se retrouve à Séville devant des soldats et une manufacture de cigares sans le moindre décor ni costume pour y contribuer. Micaëla, nattée, s’y montre intimidée à souhait. Virginale, Vannina Santoni délivre son message filial avec autant de pureté vocale que de tendresse. La jeune soprano gardera cette beauté touchante dans son duo avec don José, une fois encore revenue en vain le chercher.

    Ah, ce Don José ! Qu’il aime, désire, jalouse, souffre, se repente, menace, supplie ou tue, Michael Spyres convainc. La chaleur du timbre enrichit l’humanité déchirée du pitoyable amant d’une Carmen sans pitié. Le ténor domine la distribution par ailleurs équilibrée. Marie-Nicole Lemieux se veut une séductrice provocante et insolente dès qu’elle apparaît. Certes, mais il faut un certain temps pour que les poses laissent place au naturel. Sa lascivité plus ou moins troublante selon les moments, la mezzo-soprano affirme un abattage qui gagne en vérité comme monte l’angoisse d’une sombre fatalité. Escamillo, le nouvel aimé, ne pourra vérifier que si Carmen aime à son gré, totalement, librement, ses amours ne durent pas six mois. Autour d’elle, les gitanes Chantal Santon-Jeffery et Ahlima Mhamdi, enjôleuses à souhait, lisent dans les cartes leur destin et la mort.

    Pauvre Escamillo. D’abord inaudible quand il arrive plein de faconde, sa présence s’affirme peu à peu comme le drame progresse. Jean-Sébastien Bou finit par devenir le toréador épris parmi des soldats et contrebandiers tous à leur juste place. S’il n’est pas immédiat d’assumer un rôle, su par cœur évidemment, ainsi exposé sur le devant de la scène et sans apport extérieur pour contribuer au climat de l’œuvre haute en couleurs magnifiquement servies par l’orchestre, l’histoire de Carmen n’en capte pas moins le public.

    Grâce à la mise en espace des plus actives de Laurent Delvert et à sa direction d’acteurs, les épisodes de l’œuvre de Bizet s’enchaînent sans que faiblisse son climat. Et ce malgré les faiblesses vocales auxquelles pallient le jeu et les surtitres nécessaires. Les nuances de Marie-Nicole Lemieux, notamment, disparaissent dans les teintes piano. Quant au Chœur de Radio France musicalement parfait, lui aussi acteur à l’occasion, telle celle où les cigarières s’interpellent, son incarnation de groupes d’hommes et de femmes pleins de vie n’est pas toujours compréhensible.

    Qu’importe ces réserves. Sous la houlette de Simone Young, l’opéra français le plus populaire donne tout à entendre de sa richesse orchestrale et de sa complexité humaine.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 31/01/2017
    Claude HELLEU

    Version de concert mise en espace de Carmen de Bizet sous la direction de Simone Young au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Georges Bizet (1838-1875)
    Carmen, opéra-comique en quatre actes (1875)
    Marie-Nicole Lemieux (Carmen)
    (Michael Spyres (Don José)
    Vannina Santoni (Micaëla)
    Jean-Sébastien Bou (Escamillo)
    Chantal Santon-Jeffery (Frasquita)
    Ahlima Mhamdi (Mercédès)
    Frédérc Goncalvez (Moralès)
    Francis Dudziak (Le Dancaïre)
    Rodolphe Briand (Remendado)
    Jean Teitgen (Zuniga).
    Maîtrise et Chœur de Radio France
    Orchestre national de France
    direction : Simone Young
    mise en espace : Laurent Delvert

     


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