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CRITIQUES DE CONCERTS 19 octobre 2018

Reprise de Falstaff dans la mise en scène de Damiano Michieletto, sous la direction de Zubin Mehta au Teatro alla Scala de Milan.

Dans la Casa Verdi
© Silvia Lelli

Avec le Don Carlo de la veille, Falstaff est la seconde production réimportée de Salzbourg 2013 à la Scala par Alexander Pereira. Le renvoi au film Quartet y est moins évident, mais fonctionne toujours pour montrer le caractère désabusé du vieil amoureux, un Ambrogio Maestri référent dans le rôle-titre au milieu d’une distribution de très bon niveau.
 

Teatro alla Scala, Milano
Le 05/02/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • S’il semblait pertinent de se débarrasser de la production du Don Carlo en quatre actes par Stéphane Braunschweig créée in loco en 2008, remplacer aussi rapidement celle, hilarante, de Falstaff par Robert Carsen, semblait moins urgent à la Scala, même pour proposer un regard beaucoup plus dur sur l’œuvre en réutilisant la mise en scène de Damiano Michieletto créée à Salzbourg pour le bicentenaire Verdi il y a quatre ans.

    À l’époque, le film Quartet réalisé par Dustin Hoffman et lancé en Europe peu avant avait été une base de travail évidente pour le metteur en scène, tant l’histoire de ces trois amis, anciens chanteurs d’opéra fêtant chaque année l’anniversaire de Verdi dans leur maison de retraite, se trouvait adaptée à celle du dernier chef-d’œuvre du compositeur. Sur la scène milanaise en 2017, le film n’ayant que moyennement marqué les esprits, il ne reste que l’intelligence du parallèle, pour lequel Falstaff est un vieux monsieur, nostalgique de ses heures de gloire en Rigoletto.

    La maison de retraite, la Casa Verdi, dans les décors de Paolo Fantin, et les personnages costumés par Carla Teti, pourraient faire croire que l’action se passe dans les années 1950, à l’exception d’un détail : l’écran plasma en fond de scène prouvant que tout le monde a vieilli, et que draguer des jeunes femmes sera maintenant moins simple. Belle image, celle où Falstaff doit normalement être jeté dans la rivière, ici arrosé avec des sauts de paillettes bleues pendant qu’il somnole sur son canapé : le réveil est une douche froide ramenant à la réalité face aux souvenirs. Seule la fin un peu trop joyeuse pour le metteur en scène ne convainc pas tout à fait dans cette proposition, malgré les gestes de Falstaff vers le public pour lui rappeler que nous sommes tous les clowns de la comédie de l’amour.

    Malheureusement, on retrouve aussi Zubin Mehta, déjà en fosse en Autriche, qui bénéficie pour l’occasion d’un excellent orchestre et fait ressortir de belles sonorités dans un legato agréable, sans pourtant chercher à dynamiser l’action à cause d’un tempo souvent trop lent, et surtout d’une gestion très monochrome des différences d’atmosphères et même de l’ambiance globale, sans réel climax ni même chercher à appuyer la noirceur de la proposition scénique.

    Sur le plateau, on retrouve Ambrogio Maestri, dont Falstaff est le rôle fétiche, ou l’inverse, tant le personnage semble évident, d’une bonhomie d’Ochs dupé comme un Bartolo, mêlé aux tourments d’un Don Giovanni devenu vieux Rigoletto. La style et le timbre idéaux sont sans équivalent sur la scène internationale actuelle, et sans doute encore pour de nombreuses années. En face de lui, le Ford de Massimo Cavalletti était également à Salzbourg. Tout aussi évident par l’ampleur et la projection de la voix, il surpasse le beau Fenton de Francesco Demuro, très fin dans Dal labbro il canto estasiato vola.

    Chez les femmes, l’Alice de Carmen Giannattasio est également connue mais déçoit dans le haut du spectre, pas toujours juste, alors qu’elle tient parfaitement le personnage même si elle semble moins à l’aise dans cette proposition que dans celles plus comiques. La jolie Nannetta de Giulia Semenzato a la fraîcheur pour elle et réussit un superbe Sul fil d'un soffio etesio, tandis qu’Annalisa Stroppa tient une Meg toute en délicatesse, surveillant en coin la Mrs Quickly d’Yvonne Naef, sans doute plus la meilleure pour tenir le rôle vocalement, mais parfaite par son âge et son jeu tout à fait adaptés.




    Teatro alla Scala, Milano
    Le 05/02/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Falstaff dans la mise en scène de Damiano Michieletto, sous la direction de Zubin Mehta au Teatro alla Scala de Milan.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Falstaff, commedia lirica en trois actes (1893)
    Livret d’Arrigo Boïto d’après les Joyeuses commères de Windsor et King Henry IV de Shakespeare

    Coro ed Orchestra del Teatro alla Scala
    direction : Zubin Mehta
    mise en scène : Damiano Michieletto
    décors : Paolo Fantin
    costumes : Carla Teti
    éclairages : Alessandro Carletti
    vidéos : Roland Horvath

    Avec :
    Ambrogio Maestri (Falstaff), Massimo Cavalletti (Ford), Francesco Demuro (Fenton), Carlo Bosi (Dr Cajus), Francesco Castoro (Bardolfo), Gabriele Sagona (Pistola), Carmen Giannattasio (Mrs Alice Ford), Yvonne Naef (Mrs Quickly), Giulia Semenzato (Nannetta), Annalisa Stroppa (Meg Page).

     



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