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CRITIQUES DE CONCERTS 15 octobre 2019

Concert du Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks dans la Neuvième Symphonie de Gustav Mahler sous la direction de Mariss Jansons, au Teatro alla Scala di Milano.

Mahler Ă  oublier
© Matthias Schrader

En tournée pour huit dates dans six pays différents, l’Orchestre de la Radio bavaroise et Mariss Jansons proposaient, parmi leurs deux programmes, la Neuvième Symphonie de Gustav Mahler, présentée entre autre sur la scène de la Scala. Un concert à oublier très rapidement, où aucun élément ne s’avère à la hauteur des enjeux.
 

Teatro alla Scala, Milano
Le 05/02/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • ConsidĂ©rĂ© par beaucoup depuis la mort de Claudio Abbado comme le plus grand chef vivant, Mariss Jansons fait partie de ces intouchables pour lesquels remettre en cause l’idĂ©e qu’un concert n’ait pas Ă©tĂ© rĂ©ussi nĂ©cessite en prĂ©ambule que l’on rappelle n’avoir absolument rien contre cet artiste, encensĂ© souvent dans nos colonnes – sa superbe Dame de pique Ă  Amsterdam l’an passĂ©. Pour autant, ses prestations et enregistrements mahlĂ©riens n’ont jamais Ă©tĂ© des rĂ©fĂ©rences, ni au Philharmonique d’Oslo avec lequel il a gravĂ© la Neuvième Symphonie, ni Ă  Amsterdam et Munich dans d’autres Ĺ“uvres du gĂ©nie autrichien.

    Est-ce par fatigue après déjà cinq dates à Vienne, Paris et en Pologne ? Est-ce par un problème de placement sur la scène de la Scala où les musiciens sont répartis sur plusieurs niveaux ? Est-ce à cause d’une différence de diapason ? Ou tout simplement est-ce que le regard trop serein du chef ne convient pas à la dernière symphonie du compositeur autrichien ? Toujours est-il que ce dimanche après-midi à Milan, cela ne fonctionne pas.

    L’introduction de l’Andante comodo aux violoncelles débute très neutre, vite rattrapée par la harpe, seul pupitre magnifique toute la soirée avec le premier violon lors de ses soli. Puis le cor attaque mal son premier motif, et déjà Jansons lance des violons et altos sans poids émotionnel. Cette émotion, nous la chercherons durant toute l’interprétation sans jamais rien trouver, même dans les dernières mesures de l’Adagio final, seul moment irréprochable de l’œuvre au moins pour sa beauté plastique.

    Dans le reste de la symphonie, Jansons semble tirer un orchestre qui peine à avancer, créant de nombreux décalages en anticipant les coupes pour lancer les thèmes, traînant sans aucune raison dans le Ländler, certes demandé confortable par Mahler, mais pas aussi retenu. À cela s’ajoute que le diapason de l’orchestre ne convient pas à la belle salle italienne, ce point faisant ressortir nombre de sonorités désagréables, à commencer par celles de l’instrument qui donne le la, le hautbois.

    Dans le Rondo, les difficiles équilibres bois-cordes déjà identifiables dès le renouvellement du Tempo II au mouvement précédent s’aggravent encore, laissant ressortir des contrepoints tuba-trombones hors-sujets et nettement prédominants sur les violons, en plus de présenter de flagrants problèmes de justesse dans les cuivres bouchés. Les percussions ne sont pas en reste non plus, toujours trop fortes et avec une caisse claire semblant vouloir imiter les coups du marteau de la Sixième.

    La fin du Rondo, certainement pas PiĂą stretto, conduit vers un Adagio conclusif dans lequel le regrettĂ© Henry-Louis de La Grange, disparu tout rĂ©cemment, aurait pu trouver « l’acceptation sereine du destin Â», mais absolument jamais cette « charge exceptionnelle d'Ă©motion Ă  mesure que la musique se fragmente et se rarĂ©fie Â». Il arrive mĂŞme aux plus grands de passer Ă  cĂ´tĂ© de certaines Ĺ“uvres ou de certains concerts, et les plus curieux d’entre nous pourront vĂ©rifier avec la parution très prochaine de cette Ĺ“uvre par les mĂŞmes artistes pour le disque s’il s’agissait d’un problème avec la partition, ou juste d’un dĂ©faut d’équilibre et de fatigue.




    Teatro alla Scala, Milano
    Le 05/02/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Concert du Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks dans la Neuvième Symphonie de Gustav Mahler sous la direction de Mariss Jansons, au Teatro alla Scala di Milano.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 9 en ré majeur
    Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks
    direction : Mariss Jansons

     


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