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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2017

Récital russe du pianiste Boris Berezovsky à la Fondation Louis Vuitton, Paris.

Un pianisme anguleux
© Alvaro Yanez

En récital à l’auditorium de la Fondation Vuitton dans le bâtiment de Frank Gehry, Boris Berezovsky ne cherche jamais à arrondir les angles pour s’accorder au thème russe de l’exposition Chtchoukine, ni en termes de programme avec les œuvres exigeantes de Prokofiev et Scriabine, ni en termes de jeu, très percussif dans le style de l’École russe.
 

Fondation Louis Vuitton, Paris
Le 06/02/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • L’auditorium de la Fondation Louis Vuitton est complet ce soir pour accueillir le pianiste russe Boris Berezovsky, malgré un programme difficile débutant par la première des trois sonates de guerre de Sergeï Prokofiev, puis se prolongeant avec la Cinquième Sonate de Scriabine avant les Douze Études du même compositeur.

    La Sonate n° 8 op. 84 de Prokofiev, créée en pleine guerre à Moscou le 30 décembre 1944 par Emil Gilels, est une œuvre dure, pleine de questionnement et de mélancolie. Boris Berezovsky y entre d’abord difficilement, peu à l’aise avec le premier thème et la main gauche, légèrement en difficulté lorsqu’elle doit être maîtresse. Puis les forte au milieu du premier mouvement, Andante dolce, commencent à montrer plus d’expressivité, jusqu’à une coda très dynamique aux rythmes motoriques parfaitement exécutés grâce un toucher percussif sachant marteler le clavier. L’Andante sognando montre un son plus ouvert, sans pour autant réussir encore à trouver toute sa force sous les doigts du pianiste, plus à l’aise avec les arpèges du Vivace conclusif.

    La sonate de 1907 de Scriabine jouée ensuite, la cinquième du compositeur, semble tout de suite plus adaptée aux doigts du pianiste. Le Steinway dégage alors un son plus clair et plus brillant, malgré des hauts aigus un peu mat et la partie d’extrême grave légèrement désaccordée par la pièce précédente. Au retour d’entracte, Berezovsky est encore plus aise dans les Douze Études op. 8 du même compositeur, alliant maintenant à la technique un discours adapté au tempérament de chaque pièce, notamment la deuxième, A Cappricio, con Forza et tout particulièrement les deux dernières, un superbe Andante, plein de réflexion, et une dernière, Patetico, bien nommée sous les doigts du pianiste russe.

    Pour conclure le concert, Berezovsky offre deux bis, d’abord en restant dans l’époque avec la Suite 1922 op. 26 de Paul Hindemith, magnifique dans la latence de la pénultième partie, Boston, et dont le Ragtime conclusif est donné en à peine une minute, contre plus du double pour la plupart des pianistes. Il reviendra une dernière fois en annonçant juste Chopin, créant un cri de soulagement chez une partie du public qui semblait n’attendre que cela toute la soirée, et sera donc reparti heureux après avoir entendu la Fantaisie Impromptu, op. post 66.




    Fondation Louis Vuitton, Paris
    Le 06/02/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Récital russe du pianiste Boris Berezovsky à la Fondation Louis Vuitton, Paris.
    Sergeï Prokofiev (1891-1953)
    Sonate pour piano n° 8 op. 84
    Alexander Scriabine (1872-1915)
    Sonate n° 5 pour piano op. 53
    Douze Études pour piano op. 8
    Boris Berezovsky, piano

     


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