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CRITIQUES DE CONCERTS 19 octobre 2018

Nouvelle production de Fantasio d’Offenbach dans une mise en scène de Thomas Jolly et sous la direction de Laurent Campellone, dans le cadre de la saison de l’Opéra Comique au Théâtre du Châtelet, Paris.

Fantasio méli-mélo
© Pierre Grosbois

Sur la scène du Châtelet, l’Opéra Comique ressuscite un Fantasio longtemps méconnu et dans cette production paré de toutes les séductions. Si celles du spectacle enthousiasment certains plus que d’autres, celles de son interprète, Marianne Crebessa, s’imposent sans réserve. Entourée d’une distribution pleine de vitalité, la mezzo donne tout son sens à la fantaisie d’Offenbach.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 14/02/2017
Claude HELLEU
 



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  • Offenbach, roi de l’opéra-bouffe, se lasse de ce titre. Composé deux ans avant qu’il commence les Contes d’Hoffmann, Fantasio témoigne d’une autre ambition musicale et théâtrale. Le public de 1872 n’apprécie pas. Celui de 2017 s’en grise déjà. Sous la direction de Laurent Campellone et dans la mise en scène de Thomas Jolly, l’œuvre de transition découvre sa fantaisie avec quelques embrouillaminis.

    Y a-t-il des soirs où la mayonnaise ne prend pas ? Des places moins bonnes que d’autres pour apprécier une mise en scène dont les deux tiers vous échappent ? Sur le plateau du Châtelet envahi d’un peuple confus sous l’éclairage nocturne piqué d’ampoules orange censé être celui d’une nuit au clair de lune, les intentions de Thomas Jolly et le décor de Thibaut Fack se délitent en sympathique agitation et fouillis incongru. Mais au haut d’un immense escalier le roi de Bavière apparaît, majestueux et grand de beaux sentiments. Avec l’excellent Franck Leguérinel, la fantaisie peut commencer. Doit-il marier sa fille au prince de Mantoue pour assurer enfin la paix entre leurs deux pays ?

    Cependant Fantasio, jeune bourgeois endetté, va saisir l’opportunité d’endosser le costume du bouffon récemment décédé quand passe son cercueil. Voix et jeu subtilement accordés, Marianne Crebassa est un jeune homme délicieux qui saura devenir le pitre chéri de la jeune fille sacrifiée à la raison d’état. Celle-ci, Marie-Eve Munger, ne cessera de nous enchanter. Timbre léger, vocalises aériennes expriment des sentiments contradictoires vécus avec une spontanéité pleine de fraîcheur. Son premier air joint la drôlerie à l’émotion, les rapports entre elle et le bouffon ravissent, son duo avec ce dernier redevenu jeune et beau comble visuellement et musicalement.

    Ces moments vocaux et l’excellent Chœur Aedes découvrent ici et là les clair-obscur d’une musique dont l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Laurent Campellone habite les nuances, notamment dans les introductions des deuxième et troisième acte. Tous les protagonistes de l’histoire participent à cette réussite musicale, Jean-Sébastien Bou, le prince de Mantoue travesti en aide de camp et multipliant des gaffes plus ou moins efficaces, Loïc Félix parfait dans la situation inverse, Alix Le Saux, la confidente d’Elsbeth, et ceux qui vont et viennent autour des héros. Hommage à la direction d’acteurs de chanteurs qui ont aussi beaucoup à dire.

    Car des textes d’Alfred ont été ajoutés au livret écrit par son frère aîné, Paul de Musset. On peut regretter que l’importance de ces dialogues parlés, heureusement surtitrés, alourdisse quelque peu le conte original, le Fantasio d’Alfred de Musset. « Chanter, rire, pleurer, seul, sans but, au hasard », définissait-il la poésie. Ici on pense à voix haute, les répliques étayent les situations, soulignent la mélancolie sous-jacente à certains moments de liesse.

    Liesse peut-être sur la scène. Mais farce ? Peu de rires. Des sourires conquis par le théâtre de tréteaux qu’évoquent ses réalisateurs ? S’y réfèrent probablement le passage d’une estrade, la traversée d’un portique, la mobilité de grilles soudain surgies ? Difficile de comprendre le mouvement des premiers et de se figurer ces dernières tour à tour celles d’un château dessiné en ombres chinoises, invisibles à certains, devenues celles de son jardin, puis d’une prison, ou de reconnaître un obturateur photo au centre de l’action. Selon des dires ils surprennent et amusent sous les jeux de lumière en noir et blanc pour d’autres unifiés en grisaille avant que surgisse au deuxième acte un champ de tulipes bleues du plus bel effet.

    Alors, à défaut d’apprécier des gags qui échappent, on écoute ce qu’on peut mal regarder. Et s’en trouve fort aise, particulièrement au troisième acte dont l’optimisme résolu couronne l’ambigüité plus ou moins attachante de cette agréable fantaisie.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 14/02/2017
    Claude HELLEU

    Nouvelle production de Fantasio d’Offenbach dans une mise en scène de Thomas Jolly et sous la direction de Laurent Campellone, dans le cadre de la saison de l’Opéra Comique au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Jacques Offenbach (1819-1880)
    Fantasio, opéra-comique en trois actes
    Livret de Paul de Musset

    Chœur Aedes
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Laurent Campellone
    mise en scène : Thomas Jolly
    décors : Thibaut Fack
    costumes : Sylvette Dequest
    chef de chœur : Mathieu Romano

    Avec :
    Marianne Crebassa (Fantasio), Franck Leguérinel (le roi de Bavière), Marie-Eve Munger (la princesse Elsbeth), Jean-Sébastien Bou (le prince de Mantoue), Loïc Félix (Marinoni), Alix Le Sau (Flamel), Philippe Estèphe (Sparck), Enguerrand de Hys (Facio), Kévin Amiel (Max), Flannan Obé (Hartmann), Bruno Bayeux (Rutten / le Tailleur / le Garde suisse).

     



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