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CRITIQUES DE CONCERTS 24 juin 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction d’Andris Poga, avec la participation du violoncelliste Truls Mørk à la Philharmonie de Paris.

Majesté sonore

Tant avec le violoncelle de Truls Mørk que grâce à la baguette du chef letton Andris Poga, l’acoustique de la salle Pierre Boulez à la Philharmonie de Paris a permis de rendre justice à un travail de la plus haute qualité dans ce concert de l’Orchestre de Paris. Dvořák et Prokofiev, en majesté, en ont bien bénéficié.
 

Philharmonie, Paris
Le 23/02/2017
Gérard MANNONI
 



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  • Le Concerto pour violoncelle de Dvořák est l’un des incontournables du répertoire de l’instrument. Tout violoncelliste qui se respecte doit en passer par cette partition ample, généreuse, mais aussi d’une grande subtilité d’écriture qui exige un jeu varié et une sensibilité très aiguë. Nul ne s’étonnera de trouver en Truls Mørk l’interprète sobre, sincère, inspiré qui donne à ces pages leur plus complet rayonnement.

    À l’évidence totalement remis des ennuis de santé qui arrêtèrent momentanément sa carrière au tournant des années 2009-2010, Mørk peut ici faire valoir ses qualités de grand virtuose autant que sa passion pour la musique de chambre. Typique d’un postromantisme généreux, délicat mais quand même bouillonnant, ce concerto allie avec une grande habileté d’écriture passages librement déployés dans l’expression sonore et moments d’une intimité bien plus pudique.

    La virtuosité n’y est jamais gratuite. Elle permet le plus souvent à l’interprète de tenir tête à l’orchestre et d’exister à ses côtés dans les moments les plus passionnés. La sonorité du Norvégien, parfaitement onctueuse même dans la force, la sérénité avec laquelle il traite tout ce qui relèverait davantage d’une intimité de type chambriste, nous entraîne sans difficulté dans ce voyage sentimental d’une couleur très Mitteleuropa, où le violoncelle chante comme le plus beau des mezzos.

    Avec la Cinquième Symphonie de Prokofiev, on reste dans le domaine de la qualité sonore la plus haute, mais cette fois avec l’usage brillant d’un très gros orchestre. Il y faut des cordes tour à tout puissantes et terriblement agiles, des premiers violons aux huit contrebasses, une harmonie à toute épreuve, des flûtes aux cors et au tuba, des percussions alternant éclats et finesse.

    Pensée en 1945 par le compositeur comme une œuvre « glorifiant l’âme humaine », la partition déploie rythmes et sons dans un chatoiement très caractéristique de l’esthétique de Prokofiev et que l’on retrouve notamment dans certaines de ses partitions de ballet, Roméo et Juliette en particulier.

    Ancien assistant de Paavo Järvi, le chef letton Andris Poga connaît bien l’Orchestre de Paris et ses trésors, notamment dans le domaine des vents, mais il sait aussi mettre les cordes à la tâche avec une splendide efficacité. Sa lecture de cette partition très complexe et riche reste d’une clarté totale, mais parvient à une homogénéité sans tâche. On perçoit chaque détail de chaque pupitre sans qu’en pâtisse l’élan général ni la couleur d’ensemble de cet orchestre aux mille couleurs.

    L’Orchestre de Paris sonne en effet de façon brillante, sans dureté, sans aucune faiblesse d’aucun pupitre, avec une pâte sonore opulente, scintillante dans le dernier mouvement en particulier. Dans la belle série des symphonies de Prokofiev, la Cinquième est certainement celle qui réserve le plus de moments jouissifs en ce domaine et suscite les émotions les plus fortes. Patriotique ou pas, le message s’impose par la merveille de cet assemblage de sons aux mariages hardis réalisé avec une telle inspiration.




    Philharmonie, Paris
    Le 23/02/2017
    Gérard MANNONI

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction d’Andris Poga, avec la participation du violoncelliste Truls Mørk à la Philharmonie de Paris.
    Antonín Dvořák (1840-1904)
    Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur op. 104
    Truls Mørk, violoncelle
    Sergueï Prokofiev (1890-1953)
    Symphonie n° 5 en si bémol majeur op. 100
    Orchestre de Paris
    direction : Andris Poga

     


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