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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Nouvelle productions d’Amelia va au bal et du Téléphone de Menotti dans une mise en scène de Sylvie Laligne et sous la direction de Cyril Diederich à l’Opéra-Théâtre de Metz.

L’amour à trois
© Opéra de Metz

En inversant Amelia va au bal et le Téléphone de Menotti par rapport à leurs dates de composition, Sylvie Laligne les lie par une même histoire d’amour, portée par le magnifique couple du jour, la soprano Norma Nahoun et le baryton Guillaume Andrieux, soutenus en fosse par la direction appliquée de Cyril Diederich.
 

Opéra-Théâtre, Metz
Le 05/03/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Créé en 1937 par Fritz Reiner en même temps que le Pauvre matelot de Darius Milhaud, le premier opéra de Gian Carlo Menotti, Amelia va au bal, trouve sur la scène de Metz un couplage plus logique en étant accolé au Téléphone, autre œuvre du compositeur créée dix années plus tard et habituellement jouée aujourd’hui avec la Voix humaine de Poulenc, pour son rapport logique au combiné.

    Les proposer dans le sens chronologique aurait donc semblé logique, si la metteur en scène Sylvie Lavigne n’avait imaginé avec intelligence de les inverser pour en faire une même histoire, la comédie d’Amelia étant précédée par celle du jeune couple amoureux toujours dérangés par le téléphone, ici intégré dans l’époque contemporaine avec des vidéos sur le mur du fond exposant SMS, Skype et autre séquences de Facetime.

    Amelia va au bal s’intègre ensuite en justifiant l’adultère de l’héroïne par le fait –défense féminine – d’une infidélité passée de son mari, le jeune Ben étant présenté comme un grand joueur de sport dont les dix années de vie séparant les deux pièces sont relatées par de fausses couvertures de magazines people pendant l’ouverture de la seconde. Placé dans un loft moderne, l’histoire bénéficie de décors permettant efficacement de jouer le côté buffa des deux ouvrages, comme lorsque chaque porte et tiroir de la penderie avantagent le jeu de cache-cache entre mari et amant, ou lorsque Ben dans la première partie s’attaque à déconnecter la box Internet plutôt qu’à casser le téléphone lui-même.

    Porté par un très beau couple, le plateau profite de la jeune soprano Norma Nahoun dans les deux rôles principaux, qui si elle accuse une légère fatigue juste avant la scène finale d’Amelia tient avec un timbre subtil dans le médium et agréable dans l’aigu tout le reste avec éclat. L’appel à Pamela dans le Téléphone, puis le début de l’appel à Ben y sont magnifiques de tendresse, tandis que son air principal d’Amelia rayonne de lyrisme.

    En face, elle trouve l’un des chanteurs français les plus prometteurs du moment, déjà remarqué l’an passé à Toulon en Pelléas. L’excellent baryton Guillaume Andrieux chante l’anglais, langue de création préférée ici à l’italien sur la scène de Moselle, avec clarté et précision en plus d’exercer un véritable charisme scénique et vocal, tant en jeune amant un peu naïf que dans l’expression du mari trompé ; sa balade dans Amelia est l’un des plus beaux moments de la représentation.

    Pour accompagner le couple dans le second ouvrage, Thomas Roediger campe un commissaire crédible dans le rôle cocasse qui lui est dévolu et Thomas Bettinger un Amant à la projection et à l’aigu un peu court pour surpasser le Mari. Des autres rôles se démarque l’Amie de Julie Robard-Gendre, tandis que les choristes bien en place à la fin d’Amelia auraient pu montrer plus de couleur et de fantaisie pour s’accorder à leurs costumes.

    En fosse, l’Orchestre national de Lorraine étonne d’abord par ses sonorités rêches lorsqu’il est en formation très réduite pour le Téléphone, même si ce sont les mêmes que celles connues sur les enregistrements d’époque de l’œuvre. Il convainc plus ensuite en formation complète pour conduire Amelia au bal grâce au geste appliqué du chef Cyril Diederich, devenant même lyrique lorsque la partition le demande.




    Opéra-Théâtre, Metz
    Le 05/03/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle productions d’Amelia va au bal et du Téléphone de Menotti dans une mise en scène de Sylvie Laligne et sous la direction de Cyril Diederich à l’Opéra-Théâtre de Metz.
    Gian Carlo Menotti (1911-2007)
    Le Téléphone, opéra-bouffe en un acte
    Amelia va au bal, opéra-bouffe en un acte
    Livrets du compositeur

    Chœur de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole
    Orchestre national de Lorraine
    direction : Cyril Diederich
    mise en scène : Sylvie Laligne
    décors : Jeanne Artous, Cassandra Bizzini, Benjamin Brangé, Joana Henni
    costumes : Giovanna Fiorentini
    vidéos : Cassandra Bizzini
    éclairages : Patrick Méeüs
    préparation des chœurs : Nathalie Marmeuse

    Avec : Norma Nahoun (Lucy, Amelia), Guillaume Andrieux (Ben, Le Mari), Massimo Riggi (George), Thomas Bettinger (L’Amant), Julie Robard-Gendre (L’Amie), Thomas Roediger (Le Commissaire de police), Sylvie Bichebois & Cécile Dumas-Thiollet (Femmes de chambre).
     



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