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CRITIQUES DE CONCERTS 23 septembre 2018

Nouvelle production de la Walkyrie dans une mise en scène de Yuval Sharon et sous la direction de Johannes Willig au Badisches Staatstheater de Karlsruhe.

Les anges de Wotan
© Badisches Staatstheater Karlsruhe

Succédant à Rheingold par David Hermann sur la scène du Bade-Wurtemberg, la Walkyrie trouve dans une proposition scénique discutable de Yuval Sharon une prestation musicale de très haut niveau, tant en fosse sous la baguette exaltée de Johannes Willig que sur le plateau, avec une superbe distribution portée par la Brünnhilde de Heidi Melton.
 

Badisches Staatstheater, Karlsruhe
Le 04/03/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Comme Stuttgart il y a une décennie, Karlsruhe choisit de monter le Ring avec quatre metteurs en scène différents. Le prologue, créé la saison passée, avait été confié à David Hermann, quand Siegfried programmé en juin se fera dans une production de Thorleifur Örn Arnarsson. La Walkyrie, elle, capte d’autant plus l’attention que son metteur en scène, Yuval Sharon, doit remplacer Alvis Hermanis démissionnaire du Lohengrin de Bayreuth en 2018, un an avant le Tannhäuser programmé sur la Colline avec Tobias Krätzer, qui signera quant à lui le Crépuscule à Karlsruhe.

    Dans la proposition de Sharon pour la Walkyrie, un mur de couloir semblant dater de l’époque de composition dispose de trois portes qui en s’ouvrant permettent soit de faire passer les protagonistes, soit d’intégrer des vidéos comme celles de Hunding tentant d’attirer Sieglinde dans les flammes, ou du couple Sieglinde-Siegmund courant au milieu de la forêt dans la dernière scène pour échapper aux menaces. Le mur s’ouvre par le milieu au II et montre un escalator en coupe sur fond doré, sorte d’escalier mécanique conduisant d’un côté vers les abîmes terrestres et de l’autre vers les hauteurs d’un monde plus rassurant.

    Puis la Chevauchée des Walkyries apparaît sous la forme d’une vidéo trop amusante de jeunes parachutistes en combinaisons orange vif, descendant sur la montagne de Wotan à la manière des hélicoptères de Coppola sur les plaines du Vietnam. Chacun jugera de l’intérêt de ces insertions, mais l’intelligence globale est indéniable, notamment dans le traitement des personnages et dans la dramaturgie, et ce malgré un déroulé de l’action finalement très conventionnel.

    La musique trouve moins matière à discussion avec une fosse dans laquelle la Badische Staatskapelle est aujourd’hui dirigée par un Johannes Willig utilisant force rubato mais captivant dans le traitement chambriste de la partition dès le prélude, ainsi que dans le tranchant des attaques et la dynamique pour développer l’action, en plus de faire ressortir à chaque moment de magnifiques nappes de violons, comme aux derniers Leitmotive de l’Amour de Wotan puis du Sanctuaire.

    En regard, les six contrebasses sous-pèsent rarement autant, tandis que les cuivres sont moins marquants, le tuba comme les percussions étant parfois trop présents, les cors souvent en mal de justesse, laissant alors la part belle aux bois, cor anglais et hautbois en tête, jusque dans le dernier thème soutenu aussi par deux superbes harpes exilées en loge à jardin.

    Sur scène, le couple de jumeaux affiche le Siegmund britannique de Peter Wedd, preuve s’il est de l’apport de l’école anglo-saxonne dans le chant wagnérien, encore plus flagrant ce soir chez les femmes. Son timbre agréable permet un Winterstürme émouvant et une belle puissance jusqu’à sa mort, même s’il ne semble pas toujours comprendre tout ce qu’il chante.

    La Sieglinde de Khaterine Broderick a pour elle un médium très construit et une vraie intensité dans l’aigu, mais se fait dépasser par l’impressionnante Brünnhilde de Heidi Melton. Ses Hojotoho ! associent ampleur, clarté et puissance à un vibrato marqué sans être jamais trop prégnant, et elle sait lorsqu’il le faut appliquer une véritable émotivité à son chant.

    Le Wotan de Renatus Meszar a d’abord moins de présence et de grave que le Hunding d’Avtandil Kaspeli, mais développe son monologue du II en chantant de la coulisse, amplifié sur scène par une enceinte. Il tient sa partie jusqu’au bout sans coup férir et réussit de très beaux Adieux, humanisés dans le chant comme dans les gestes, essayant tant bien que mal avec sa lance de creuser dans le sol un bloc de glace où y endormir Brünnhilde.

    La belle assise dans le bas-médium de Katharine Tier convient parfaitement à la tessiture de Fricka, tandis que pour compléter cette distribution de haut vol les Walkyries magnifient leurs parties, avec des aigus aussi puissants chez Gerhilde et Siegrune. Avec de tels anges, Wotan aura été bien protégé !




    Badisches Staatstheater, Karlsruhe
    Le 04/03/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de la Walkyrie dans une mise en scène de Yuval Sharon et sous la direction de Johannes Willig au Badisches Staatstheater de Karlsruhe.
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    Badische Staatskapelle
    direction : Johannes Willig
    mise en scène : Yuval Sharon
    décors : Sebastian Hannak
    costumes : Sarah Rolke
    vidéos : Jason H. Thompson
    éclairages : Stefan Woinke

    Avec : Peter Wedd (Siegmund), Avtandil Kaspeli (Hunding), Renatus Meszar (Wotan), Katherine Broderick (Sieglinde), Heidi Melton (Brünnhilde), Katharine Tier (Fricka), Barbara Dobrzanska (Helmwige), Christina Niessen (Gerhilde), Ina Schlingensiepen (Ortlinde), Khatarine Tier (Waltraude), Dilara Baştar (Siegrune) Tiny Peters (Roβweiβe), Maria Markina (Grimgerde), Ariana Lucas (Schwertleite).
     



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