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CRITIQUES DE CONCERTS 14 août 2018

Recréation du Couronnement de Poppée de Monteverdi dans la mise en scène de Klaus Michael Grüber, sous la direction de Sébastien d’Hérin à l'Opéra de Lyon.

Festival Mémoires (1) :
Nuit dans un jardin d'été

© Jean-Louis Fernandez

Le festival Mémoires fait renaître à l’Opéra de Lyon le charme discret de la production aixoise de cette Poppée de Monteverdi signée du regretté Klaus Michael Grüber. Presque vingt ans plus tard, ce spectacle garde une beauté plastique et un classicisme visuel qui ne manquent pas de séduire avec une fraîcheur et un bonheur intacts.
 

Théâtre National Populaire (TNP), Villeurbanne
Le 19/03/2017
David VERDIER
 



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  • Avec le Couronnement de Poppée selon Klaus Michael Grüber, Elektra dans la production Ruth Berghaus et Tristan par Heiner Müller, le projet de Serge Dorny, directeur de l'Opéra de Lyon, n'est pas simplement de faire un retour en arrière dans une sorte de nostalgie passéiste.

    En regroupant ses productions marquantes de l'histoire de la mise en scène d'opéra de ces trente dernières années, le festival Mémoires invite le spectateur à se replonger dans ses souvenirs ou tout simplement ouvrir les yeux pour découvrir l'univers et l'imaginaire de ces trois poètes de la mise en scène. Certains éléments ayant disparu, il aura fallu reconstituer certaines parties de la Poppée donnée en 2000 sur la scène de l'Archevêché à Aix. Ainsi, les décors de Gilles Aillaud ont été restitués à l'issue d'un long travail de recherche par les équipes d'Ellen Hammer, l'assistante de Klaus Michael Grüber.

    Ces références picturales sont volontiers archaïques et rappellent un certain goût de l'antique en vogue dans le théâtre classique des années 1950-1960. La référence est la thématique de la Villa des Mystères à Pompéi, avec des fresques figurant de mystérieux rites initiatiques. Le symbolisme est de rigueur, avec ces ordonnancements de cyprès façon Chirico, cet antre en style grotesque renaissant et cette tendance à vider la scène de tous décors pour laisser le regard libre de saisir tous les détails des mouvements d'acteurs.

    Le Couronnement de Poppée raconte la coexistence du pouvoir et de l'amour, le parallèle impossible entre sphères publique et privée. Grüber choisit de représenter l'empereur Néron sous des traits quasi adolescents, avec des traits d'humeurs puérils. Scéniquement et vocalement, Laura Zigmantaite succède brillamment à Anne Sofie von Otter dans ce rôle difficile.

    Poppée et Octavie sont les deux faces d'une même féminité ; l'une à la séduction aérienne et captivante par la mobilité et la grâce de ses gestes, l'autre saisie dans un hiératisme austère et figé. L'irruption des divinités est soulignée par le simple artifice des accessoires lumineux (l'arc de l'Amour, le casque ailé de Mercure), tandis que les figures du philosophe Sénèque et du poète arborent les toges traditionnelles avec leur profil de statuaire antique. Quand le premier apprend sa condamnation à mort alors qu'il est occupé à cueillir et étudier des agrumes, le second se réjouit des joies de l'existence.

    Le plateau présente un beau panel de voix saines et fraîches, à commencer par le Néron parfaitement projeté de Laura Zigmantaite et la Poppée frêle et subtile de la jeune Josefine Göhmann. En faisant la part belle aux jeunes du Studio de l’Opéra de Lyon préparés par Jean-Paul Fouchécourt, l'entreprise accoste à bon port. On relève la belle prestation d'Emilie Rose Bry en Virtú et Drusilla, à l'intensité incarnée et voluptueuse, ainsi que la Damigella (et Amore) de Rocio Pérez et le Valet (Fortuna) de Katherine Aitken, toutes deux brillantes et élégantes dans la maîtrise technique.

    L'Octavie d'Elli Vallinoja est également somptueuse de couleur et de tenue, particulièrement dans ses adieux à Rome. Si les rôles masculins n'appellent pas de remarques particulières, on peut toutefois regretter le ton assez neutre et distant de Pawel Kolodziej en Sénèque ou la banalité du Lucain d'Oliver Johnston.

    Déception aussi du côté des Nouveaux Caractères dirigés par Sébastien d'Hérin. Tenue à distance par une direction quasi décorative, la fosse peine à rivaliser et s'imposer comme le personnage central et invisible de ce drame musical. Entre l'intonation approximative des cordes et un art du continuo à fleur de notes, ce Monteverdi semble s'ennuyer et regretter les sautes d'humeurs roboratives de Marc Minkowski lors de la création aixoise.




    Théâtre National Populaire (TNP), Villeurbanne
    Le 19/03/2017
    David VERDIER

    Recréation du Couronnement de Poppée de Monteverdi dans la mise en scène de Klaus Michael Grüber, sous la direction de Sébastien d’Hérin à l'Opéra de Lyon.
    Claudio Monteverdi (1567-1643)
    L’Incoronazione di Poppea, opéra en trois actes et un prologue (1643)
    Livret de Giovanni Francesco Busenello

    Les Nouveaux Caractères
    direction : Sébastien d’Hérin
    mise en scène : Klaus Michael Grüber
    réalisation de la mise en scène : Ellen Hammer
    décors : Gilles Aillaud
    recréation des décors : Bernard Michel
    costumes : Rudy Sabounghi
    éclairages : Dominique Borrini

    Avec : Josefine Göhmann (Poppée), Laura Zigmantaite (Néron), Elli Vallinoja (Octavie), Aline Kostrewa (Othon), Pawel Kolodziej (Sénèque), Emilie Rose Bry (Virtù / Drusilla), Katherine Aitken (Fortuna / Valetto), Rocio Pérez (Amour / Damigella), André Gass (Arnalta), Oliver Johnston (Soldat / Lucain), Pierre Héritier (Littore), Brenton Spiteri (Soldat, Mercure), James Hall (Pallade), Aaron O’Hare (Suivant).
     



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