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CRITIQUES DE CONCERTS 23 mai 2018

Nouvelle production des Maîtres chanteurs de Wagner dans une mise en scène de Kasper Holten et sous la direction d’Antonio Pappano au Royal Opera House, Londres.

Die Meistersinger von London
© Clive Barda

Dernière production du directeur Kasper Holten avant son départ du Royal Opera House, les Maîtres chanteurs de Nuremberg reviennent à Londres pour traiter de la tradition autour des rituels anciens dans la société moderne, avec une distribution portée par Bryn Terfel et Johannes Martin Kränzle profitant d’un Antonio Pappano tonique en fosse.
 

Royal Opera House, Covent Garden, London
Le 25/03/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Directeur de Covent Garden depuis 2011, Kasper Holten n’aura pas totalement su s’adapter au public et aux mécènes britanniques, créant plusieurs scandales ces dernières années avec des images crues qui n’auraient guère ému une salle germanique. Il quitte donc prématurément ses fonctions cette saison en offrant comme dernière production, d’intéressants quoique non aboutis Meistersinger.

    Dans le programme de salle, des photos améliorent la compréhension de la mise en scène et surtout des costumes de Mia Stensgaard, semblant parfois traiter de Francs-Maçons ou de confréries comme les Lords ou les Chevaliers de l’Ordre de Bath. Le questionnement de la tradition et surtout des pans archaïques d’une époque révolue dans le monde moderne se pose alors, s’adaptant au livret sur cette confrérie de maîtres-chanteurs dans un décor d’Anja Vang Kragh évoquant le début du XXe, un intérieur de palais de marbre rose dont les escaliers et graduations se retrouvent sur chaque mur comme le tableau d’Escher traitant la Relativité.

    Trop statique au II pour représenter une rupture, l’image s’inversera au III pour montrer son envers et nous faire comprendre que l’action est transposée à l’époque actuelle, avec un retour au décor initial pendant la transition vers la Festwiese, mais sous la surveillance de Magdalene et David appareillés comme des régisseurs d’émissions télé. Sondant trop peu la place de la tradition et son caractère rassurant face à la modernité, cette mise en scène a au moins l’avantage de beaucoup faire rire, grâce à un Johannes Martin Kränzle d’un niveau incroyable dans l’humour typiquement anglais qu’il distille au personnage de Beckmesser, parfois en difficulté de souffle mais fantastique dans ses mimiques.

    En termes de modernité, la dramaturgie aurait en revanche pu être plus travaillée et éviter à la fois un chœur moyen pendant la nuit de Saint-Jean, ainsi que dans la longue transition du III, bien débutée avec les trompettes et tambours spatialisés, puis trop sage sur le plateau. Un seul moment magique réussit vraiment dans ce traitement du chant trop souvent face à la scène, lors du quintette dominé par la stature vocale de Sachs, les répétitions de David et les aigus amples de Rachel Willis-Sørensen, Eva d’abord pas encore tout à fait en voix puis de plus en plus puissante dans le duo et à la scène finale, là où sa suivante Hanna Hipp ravit par la fraîcheur de son entrée mais se trouve vite couverte dans les ensembles.

    Musicalement, la représentation vaut le voyage principalement pour ses maîtres, à commencer par le Hans Sachs porté à bout de note jusqu’à la fin par Bryn Terfel, légèrement en difficulté avec la tenue dans le très éprouvant acte III, mais intelligent de présence, de charisme et de tendresse avec ses pupilles, en plus d’être vraiment émouvant dans le monologue du cordonnier. Son apprenti David Clayton a la projection claire et le style jeune pour lui, là où le Veit Pogner de Stephen Milling impressionne par sa stature et la présence de ses graves. On retient aussi les interventions très caractérisées de Sebastian Holecek en Fritz Kothner ainsi que plus tard les apparitions du Veilleur de nuit de David Shipley, tandis que le Walther de Gwyn Hughes Jones allie vaillance et endurance, sans toujours trouver la justesse dans l’aigu ni donner une réelle sensibilité à son personnage.

    À l’orchestre, le maître des lieux Antonio Pappano officie avec un Wagner d’une couleur souvent plus anglaise qu’allemande, portée avec finesse et souplesse dans les penchants tragi-comiques de la partition, principalement grâce aux cordes, au hautbois et à la harpe. Les cuivres depuis la refonte de la fosse pour éviter les problèmes auditifs des musiciens semblent plus flous, mais bien intégrés dans un ensemble toujours attentif à l’action, enthousiasmant dans les trois préludes sans jamais non plus chercher à troubler l’auditeur, ni à questionner la partition et sa puissance novatrice face à la tradition.




    Royal Opera House, Covent Garden, London
    Le 25/03/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production des Maîtres chanteurs de Wagner dans une mise en scène de Kasper Holten et sous la direction d’Antonio Pappano au Royal Opera House, Londres.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Die Meistersinger von Nürnberg, opéra en trois actes (1868)
    Livret du compositeur

    Royal Opera Chorus
    Orchestra of the Royal Opera House
    direction : Antonio Pappano
    mise en scène : Kasper Holten
    décors : Mia Stensgaard
    costumes : Anja Vang Kragh
    éclairages : Jesper Kongshaug
    préparation des chœurs : Vasko Vassilev

    Avec :
    Bryn Terfel (Hans Sachs), Stephen Milling (Veit Pogner), Andrew Tortise (Kunz Vogelgesang), Gyula Nagy (Konrad Nachtigall), Johannes Martin Kränzle (Sixtus Beckmesser), Sebastian Holecek (Fritz Kothner), Alasdair Elliott (Balthasar Zorn), Samuel Sakker (Ulrich Eißlinger), David Junghoon Kim (Augustin Moser), John Cunningham (Hermann Ortel), Jeremy White (Hans Schwarz), Brian Bannatyne-Scott (Hans Foltz), Gwyn Hughes Jones (Walther von Stolzing), Allan Clayton (David), Rachel Willis-Sørensen (Eva), Hanna Hipp (Magdalene), David Shipley (Nachtwächter).

     



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