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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de Juraj Valčuha, avec la participation du violoniste Frank Peter Zimmermann à l’auditorium de la maison de la Radio, Paris.

Zimmermann au sommet
© Harald Hoffmann

On dit que les violonistes s’épanouissent corps et âme avec un instrument plutôt que d’autres. Le Concerto n° 1 de Prokofiev qu’a joué Frank Peter Zimmermann sur le Stradivarius 1727 prêté par Heng Yu en a témoigné, comblant public et musiciens de l’Orchestre national de France. Un concert par ailleurs honorable sous la direction de Juraj Valčuha.
 

Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
Le 30/03/2017
Claude HELLEU
 



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  • Le concert commence dans les débauches sonores de Don Juan. Mais elles n’évoquent guère ce « tumulte de la jouissance » revendiqué par Richard Strauss. Pupitres confondus, la violence des forte brouille les couleurs de la partition, unifie son humeur. Sous la direction de Juraj Valčuha, l’Orchestre national de France et ses bois sages ne suffisent pas à évoquer le « cercle enchanté de beautés féminines aux charmes multiples » censé nous griser. Il faut des cuivres plus autoritaires pour dominer un fouillis dépourvu d’ivresse.

    Le Chevalier à la rose, pour conclure le concert, ne sera guère plus séduisant. Si cette suite d’orchestre n’est pas un résumé de l’opéra mais une série de moments-clés réalisée par Rodzinski puis totalement agréée par Strauss, on y retrouve certes de jolis moments, fidèlement dirigés, dont le rythme de valses toujours séduisantes, mais sans magie ni fantaisie pour leur donner chair. Solistes impeccables, les bois ne se départissent pas de leur sagesse. La platitude des cuivres s’adapte au climat tonitruant dont le jeune chef slovaque semble apprécier les effets. Ce sont les cordes qui homogénéisent la richesse orchestrale, rendent une certaine rutilance à l’uniformité des crescendi ou decrescendi de tutti irréprochables.

    Juraj Valčuha ressuscite beaucoup plus naturellement la Symphonie n° 85 de Haydn. La présence des violoncelles et des altos face au public, encadrés des violons, la délicatesse de ceux-ci, l’homogénéité de ces cordes unies pour le meilleur du classicisme de l’œuvre si aimable, les cinq bois et les deux cors pour en couronner l’expressivité, tous et chacun concourent à la légèreté de sa vitalité.

    Strauss, Haydn, Prokofiev… L’événement de ce concert hybride était l’interprétation par Frank Peter Zimmermann du Premier Concerto pour violon de Prokofiev. La rectitude de l’archet, la férocité tranchante, l’ampleur des phrasés, l’aisance, l’apparente spontanéité comme la densité de la virtuosité magnifient une progression captivante dans les secrets du violon. Trilles, arpèges brisés, accords et autres records se surpassent. Étincelles, humour, sensations et émotions naissent, se mêlent et se dynamisent sans la moindre relâche. Toujours en tête de l’orchestre mais attentif à la discrétion voulue et juste de ses partenaires, le soliste nous emmène dans un parcours passionnant.

    Applaudi à tout rompre par l’ONF et le public évidemment, Frank Peter Zimmermann, en chemise et pantalon noirs ordinaires, ce qui n’avait choqué personne, s’excuse d’avoir oublié le matin son habit dans un taxi et avec la même simplicité souriante enchaîne en bis un prélude de Rachmaninov époustouflant.




    Auditorium de la Maison de la Radio, Paris
    Le 30/03/2017
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre national de France sous la direction de Juraj Valčuha, avec la participation du violoniste Frank Peter Zimmermann à l’auditorium de la maison de la Radio, Paris.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Don Juan, poème symphonique opus 20
    Le Chevalier à la rose, suite TrV227d / WoO 145
    Serge Prokofiev (1891-1953)
    Concerto pour violon et orchestre n° 1 en ré majeur op. 19
    Frank Peter Zimmermann
    Josef Haydn (1732- 1809)
    Symphonie n° 85 en sib majeur Hob. 1 : 85, « la Reine »
    Orchestre national de France
    direction : Juraj Valčuha

     


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