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CRITIQUES DE CONCERTS 21 octobre 2018

Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction d’Eliahu Inbal, avec la participation de Dietrich Henschel et Ekaterina Gubanova à la Philharmonie de Paris.

Le cor de Bruckner

Associant les lieder du Wunderhorn à la Symphonie Romantique, Eliahu Inbal déploie les plus belles sonorités d’un Philharmonique de Radio France qui avec des concerts de ce niveau compte parmi les meilleures formations du monde. Si le chant déçoit dans Mahler, la prestation symphonique déjà au rendez-vous n’est que prémisses à la puissance du Bruckner.
 

Philharmonie, Paris
Le 07/04/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • En 2016, Eliahu Inbal avait fêté ses 80 ans à la Philharmonie. Il revient donc avec une année de plus, mais le même pas alerte et la même dynamique gestuelle, dirigeant toujours debout, malgré un programme de plus d’une heure quarante-cinq ouvrant par pas moins de dix lieder extraits du corpus Des Knaben Wunderhorn de Mahler.

    Ces chants retrouvent dans les parties masculines la voix du baryton Dietrich Henschel, naguère passionnant dans son enregistrement avec Philippe Herreweghe. Aujourd’hui, la voix a vieilli et manque de souffle, les mots étant quasi inaudibles sur les premières phrases du Lied des Verfolgten im Turm, tandis qu’à l’orchestre ressort déjà le premier hautbois, encore mis en avant dans Verlorne Müh juste après, accompagnant cette fois la mezzo-soprano Ekatarina Gubanova, superbe Brangäne sur les scènes du monde, moins adaptée ici à la prosodie, comme on le remarquera dans un Das irdische Leben plus minaudé que traité dans la détresse d’une double-voix mère-enfant, malgré les grimaces de la chanteuse.

    Rheinlegendchen ne passionnera pas plus à cause du manque de legato, mais mettra en exergue flûte et violons. Trost im Unglück sert ensuite de tremplin à la voix de Henschel pour un Der Schildwache Nachtlied martial, superbement tenu par les trompettes et la clarinette, plus militaire que les Der Tamboursg’sell et Wo die schönen Trompeten blasen, où l’on notera le geste souple mais précis du chef, avant un Revelge de haute volée où Henschel redevient enfin le grand diseur que l’on connaissait.

    En seconde partie, la Romantique retrouve non seulement les cimes parcourues l’an passé par la Neuvième Symphonie du même Anton Bruckner, mais atteint des sommets rarement entendus dans l’œuvre, à commencer par la prestation d’anthologie des quatre cors, pas une seule fois de la soirée pris en défaut, et tout particulièrement le premier cor de David Guerrier, qui pourrait largement rejoindre son confrère français dans les rangs des Berliner tant il tutoie ce soir les anges.

    Dès les premières mesures de l’Allegro, les cordes et leur délié prononcé laissent présager une grande interprétation, sans commune mesure avec l’introduction du premier thème par le cor, magique de bout en bout et soutenue ensuite face à des altos d’une chaleur fantastique. Le tutti fait apparaître une masse tout en contrôle malgré la densité et la puissance retenues dans les cordes comme dans les cuivres, les bois développant plus tard leurs magnifiques sonorités, avec tout au long de l’œuvre un duo hautbois-flûte particulièrement impressionnant.

    L’Andante laisse se développer le lyrisme d’un Inbal peu intellectuel pour l’occasion et plutôt libéré, sauf dans quelques rubati bien appuyés de la main gauche. Le Scherzo remet en avant le délié des violons ainsi que la performance des cuivres, avant d’entraîner vers un Finale de très haute tenue, conclu par un magnifique crescendo (celui de la traditionnelle version de 1880, accolée comme la plupart du temps aux trois premiers mouvements de 1878), parfaitement maîtrisé pour nous porter sur les sommets !




    Philharmonie, Paris
    Le 07/04/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction d’Eliahu Inbal, avec la participation de Dietrich Henschel et Ekaterina Gubanova à la Philharmonie de Paris.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Des Knaben Wunderhorn (extraits)
    Ekaterina Gubanova, mezzo-soprano
    Dietrich Henschel, baryton
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 4 en mib majeur « Romantique »
    Orchestre philharmonique de Radio France
    direction : Eliahu Inbal

     


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