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CRITIQUES DE CONCERTS 24 octobre 2020

Symphonie n° 9 de Mahler par la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Franz Welser-Möst au festival de Pâques de Salzbourg 2017.

Salzbourg Pâques 2017 (1) :
Mahler détaillé

© Matthias Creutziger

Invité au Festival de Pâques de Salzburg cette saison anniversaire, l’Autrichien Franz Welser-Möst propose pour son concert une unique Symphonie n° 9 de Gustav Mahler, pour laquelle il refuse à son habitude de rechercher pathos ou émotion, mais trouve une belle expressivité grâce à une lecture globale dramatique d’où ressort une Staatskapelle de Dresde solide.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 15/04/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Le Festival de Pâques de Salzbourg fĂŞte ses cinquante ans et rend hommage Ă  son crĂ©ateur Herbert von Karajan, avec pour point d’orgue la Walkyrie dans la production reconstruite Ă  partir de celle de 1967 de GĂĽnther Schneider-Siemssen et Karajan. Auparavant, le directeur musical actuel du festival, Christian Thielemann, ne proposera qu’un des trois concerts prĂ©vus dans la session annuelle, laissant par deux fois le pupitre libre devant sa Staatskapelle de Dresde, car il sera Ă©galement venu pour un concert spĂ©cial avec les Wiener Philharmoniker dans la Neuvième de Beethoven.

    Autre Neuvième ce soir, et aussi l’une des plus grandes que celle d’un Gustav Mahler à l’aube de la mort, dont on a déjà assez détaillé le caractère et les sentiments lorsqu’il en arrive à composer cette œuvre. D’une lecture rapide d’environ 70 minutes pour la première exécution connue au disque, celle de Bruno Walter en 1938, à celles, étales, frôlant les 90 minutes, de Karajan ou Sinopoli, ce dernier déjà avec la Staatskapelle de Dresde, on retrouve maintenant souvent, comme dans le concert de ce soir avec Welser-Möst, une vision médiane d’environ 80 minutes.

    Ce tempo global est habituel, mais dans le détail la battue à l’intérieur des mouvements ne l’est pas autant, car si le début de l’Andante comodo développe un premier thème de manière plutôt lente, sans toutefois laisser transparaître ni malheur ni tristesse dans les premiers accords, ni surtout la nostalgie inhérente à ces pages, Welser-Möst travaille en revanche sur les effets et assemblages afin de conduire le drame pendant toute l’œuvre, comme on pourrait le faire d’une symphonie à programme du même compositeur.

    Aussi accélère-t-il particulièrement le propos en milieu du mouvement, sans le faire peser trop mais en dynamisant fortement le tutti au risque de créer des ruptures et de mettre en difficulté un orchestre sur la corde, pourtant jamais dépassé, même lors des phases les plus actives du Rondo, très bien traité dans son côté burlesque, voire grotesque, par la sonorité du trombone solo.

    De cette vision dramatique, au sens littéral du terme, c’est-à-dire dans la conduite du drame comme une action continue, ressort alors une vraie cohérence, surprenante à plusieurs moments, notamment lorsque la superbe flûte solo devient à la fin du premier mouvement un élément à part, à la façon d’une voix dans un opéra, tandis qu’autour les phrases du premier violon manquent de poids pour élever cette Andante vers le céleste, là où le cor et la harpe tiennent magnifiquement, à côté d’un hautbois superbe mais ratant sa dernière note avant de laisser une dernière fois parler les cordes.

    Le Ländler et ses ruptures fonctionnent tout à fait, même s’il reste un peu trop terre à terre et peut manquer de renouvellement dans les couleurs de l’orchestre, comme le mouvement suivant, malgré des trompettes bouchés impeccables et une très belle clarinette, en plus de la flûte déjà citée. L’Adagio final pèche dans son introduction par l’absence d’émotion, mais trouve dans sa construction un développement d’une grande finesse, affiné au fur et à mesure jusqu’à une splendide extinction des violoncelles, avant un silence appuyé pour reprendre sur le superbe solo du premier d’entre eux, et conduire enfin avec cette partie Adagissimo dans les profondeurs du doute.

    À défaut de ressortir bouleversé, on avouera avoir été attiré et convaincu par cette version détaillée et bien menée du chef-d’œuvre de Mahler.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 15/04/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Symphonie n° 9 de Mahler par la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Franz Welser-Möst au festival de Pâques de Salzbourg 2017.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphony n° 9 en ré majeur
    Staatskapelle Dresden
    direction : Franz Welser-Möst

     


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