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CRITIQUES DE CONCERTS 01 mai 2017

Concert de la Staatskapelle Dresden sous la direction de Christian Thielemann, avec la participation du pianiste Daniil Trifonov au festival de Pâques de Salzbourg 2017.

Salzbourg Pâques 2017 (4) :
Comme il y a cinquante ans

© Matthias Creutziger

Après une édition 2016 en hommage à Shakespeare, l’Osterfestpiele 2017 revient aux basiques pour fêter les cinquante ans de sa création, avec un concert où Thielemann, en digne héritier de Karajan, dirige Mozart et Bruckner. Daniil Trifonov offre au Concerto n° 21 une interprétation élégante, accompagné par un chef perfectionniste dans la Symphonie Romantique.
 

Großes Festspielhaus, Salzburg
Le 16/04/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Comme si cela était une norme quasi insurmontable, on trouve au Großes Festspielhaus de Salzburg un concerto pour piano de Mozart en préparation à une symphonie de Bruckner. Aujourd’hui le n°21 KV 461, pour lequel Christian Thielemann montre dès l’introduction de l’Allegro maestoso un refus des enseignements baroqueux, et un appui des cordes ramenant cinquante ans en arrière à une approche particulièrement beethovénienne.

    Cela plaira ou non selon les goûts de chacun, mais difficile de ne pas louer les sonorités semblant sorties de la prison de Florestan au début de l’Andante, où la maîtrise du chef à développer les parties des flûtes dans ce mouvement. La prestation du pianiste montre que Mozart n’est pas le compositeur le plus adapté à mettre en valeur ce toucher légèrement appuyé dans la tradition de l’école russe, allié à la finesse de phrasé du jeune Daniil Trifonov, mais elle apporte une véritable fraîcheur à une lecture en parfaite adéquation avec celle du chef, Thielemann regardant le pianiste pendant deux cadences où le clavier semble se perdre avec un Mozart revisité à la sauce Godowsky, malgré une dextérité à toute épreuve.

    En seconde partie, la Staatskapelle Dresden et son directeur musical s’attèlent à la Symphonie n° 4 d’Anton Bruckner, dans sa version la plus conventionnelle, dite 1878-1880, la même entendue à un très haut niveau la semaine précédente avec Eliahu Inbal à Paris, et pour laquelle les cors étaient sans doute moins fatigués car d’un niveau nettement supérieur aux instruments sur scène devant nous en Autriche, à l’image de l’introduction du premier thème, toujours juste, mais dont les notes prolongées tremblent à plusieurs reprises ; effet entendu également chez le cor de soutien lorsqu’il récupère quelques soli, le chef ayant choisi cinq cors là où seulement quatre sont inscrits sur la partition, sans doute pour alléger un peu ses musiciens en période de festival.

    Précis, les gestes de Thielemann suivent les indications du compositeur dans un premier mouvement pas trop rapide (nicht zu schnell) d’où se dégage toutefois une propension à appuyer les phrases de cordes et à souvent manquer de naturel et de souplesse. De superbes moments dans la construction des crescendi et pendant les tutti alternent donc avec des discours de bois sans grande liberté. Cette exécution très précise et presque maniaque ôte alors une partie de la pureté et du lyrisme de l’Andante, pour le coup vraiment pas trop lent et pas romantique, alors que cette partie aura imposé le titre de l’œuvre.

    Le Scherzo redonne de l’ampleur à l’ensemble et lâche un peu plus la bride, malgré un contrôle toujours de grande classe, encore plus évident lors d’un dernier mouvement dont le départ est interrompu par une toux, une de trop dans cette soirée au public très bruyant, face auquel Thielemann brandira un mouchoir sorti de sa poche, sous les applaudissements d’une partie du public mais au risque de déconcentrer l’auditoire. Avant la récapitulation, il retiendra encore près de dix secondes son orchestre pendant un silence en repérant derrière lui deux vieilles dames se lever et quitter la salle.

    Dommage, car lorsque l’on montre une telle maîtrise d’orchestre, évidemment l’une des meilleures au monde, avec cette fusion parfaite pour parvenir à ne faire qu’un avec sa formation, on devrait s’arrêter à autre chose qu’à des détails, et ce soir le Finale en pâtit, à l’image d’un dernier accord sans poids, décevant par rapport aux prestations précédentes du chef dans Bruckner.




    Großes Festspielhaus, Salzburg
    Le 16/04/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de la Staatskapelle Dresden sous la direction de Christian Thielemann, avec la participation du pianiste Daniil Trifonov au festival de Pâques de Salzbourg 2017.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano n° 21 en ut majeur KV 461
    Daniil Trifonov, piano
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n° 4 en mib majeur « Romantique »
    Staatskapelle Dresden
    direction : Christian Thielemann

     


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