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CRITIQUES DE CONCERTS 15 décembre 2017

Récital de la soprano Sonya Yoncheva dans la série des Grandes Voix à la Philharmonie de Paris.

Joli voix joli minois
© Gregor Hohenberg / Sony Classical

Sonya Yoncheva bénéficie d’une très vaste réputation internationale. C’est justifié car elle a une très jolie voix et un ravissant physique. Dans un répertoire varié alliant en général compositeurs italiens et russes, elle avait choisi pour ce concert uniquement des airs baroques, de Haendel, Rameau et Purcell. Joli, mais un peu frustrant.
 

Philharmonie, Paris
Le 18/04/2017
Gérard MANNONI
 



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  • Les passionnés de baroque y ont certainement trouvé leur compte. Très belle voix d’opéra, musiciens sur instruments authentiques (Accademia Montis Regalis et Alessandro de Marchi), et pages célèbres chantées en français, italien et anglais. Tel jadis le Marquis de Cuevas facilement enthousiaste qui lançait un très sonore « Bravo ! » au « r » bien roulé, un spectateur hurlait aussi le sien à la fin de chaque air dans une explosion touchant semble-t-il à l’orgasme. À chacun ses goûts, mais la très charmante Sonya Yoncheva a d’autres ressources dans un autre répertoire qu’elle ne nous réservait pas ce soir-là.

    Rien à dire au demeurant. Le style y est, qu’il s’agisse des opéras bien connus de Haendel comme Jules César, des Indes galantes, de Dardanus ou de Castor et Pollux de Rameau, de Didon et Énée de Purcell. Timbre ravissant, belles nuances forte-piano, vocalises impeccables dans l’Alcina de Haendel. Mais pourquoi alors cette impression d’uniformité, ce manque de variété dans les couleurs, cette absence de ce qui pourrait donner un caractère et une vie individuels à ces pages ?

    Une démonstration de joli chant par une très jolie voix, mais on reste sur sa faim côté émotionnel… sauf pour une Mort de Didon enfin caractérisée, colorée, modulée de manière très émouvante. Il eût sans doute fallu introduire dans ce court programme de soixante-quinze minutes sans entracte quelques autres pages de ce type pour donner du relief aux autres.

    Et puis, pourquoi Sonya Yoncheva se croit-elle obligée de minauder sans cesse, de s’agiter, de prendre des poses de petite fille ? S’asseyant à l’occasion à côté du chef-claveciniste, sautillant en mesure, elle n’incarne aucun personnage en particulier mais papillonne en permanence de manière totalement artificielle, sans aucun geste ni aucun mouvement d’une portée dramatique ou théâtrale quelconque.

    Changer de robe entre deux airs ne suffit pas à changer de personnage et toute cette agitation finit par distraire de la musique, à moins quelle ne soit justement destinée à détourner l’attention d’un certain manque d’inspiration et d’imagination dans l’approche de ces partitions. Allez savoir ! Mais vivement que l’on entende Sonya Yoncheva dans l’un de ses grands rôles italiens comme la Traviata, Lucia ou russes comme Onéguine et Iolanta.

    Côté orchestre, l’Accademia Montis Regalis et son chef Alessandro de Marchi ont donné une belle leçon de musicalité baroque vivante et d’une irréprochable qualité sonore.




    Philharmonie, Paris
    Le 18/04/2017
    Gérard MANNONI

    Récital de la soprano Sonya Yoncheva dans la série des Grandes Voix à la Philharmonie de Paris.
    Airs et extraits orchestraux de Giulio Cesare, Alcina, Theodora (Haendel), Dardanus, Castor et Pollux, les Indes galantes (Rameau), Ouverture de Didon et Enée et Mort de Didon (Purcell)
    Sonya Yoncheva, soprano
    Accademia Montis Regalis
    direction : Alessandro de Marchi

     


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