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CRITIQUES DE CONCERTS 26 octobre 2020

Reconstruction de la production de 1967 la Walkyrie de Wagner par Vera Nemirova, sous la direction de Christian Thielemann au festival de Pâques de Salzbourg 2017.

Salzbourg Pâques 2017 (5) :
Du neuf avec du vieux

© OFS / Forster

La reprise de la production de la création du Festival de Pâques de Salzburg, reconstruite à partir de celle de Karajan et Schneider-Siemssen pour la Walkyrie en 1967, permet de profiter de Christian Thielemann en fosse, tandis que dans des décors vieillis, la distribution associe les habitués Seiffert et Zeppenfeld aux nouvelles Kampe et Harteros.
 

GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
Le 17/04/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Le Leitmotiv de l’Orage se dĂ©clenche en fosse avec force rubato aux contrebasses, puis le rideau s’ouvre sur un grand arbre, mieux fabriquĂ© qu’il y a cinquante ans dans la production de GĂĽnther Schneider-Siemssen et Karajan. Nous voici revenus dans des dĂ©cors de 1967, avec une reconstruction rigoureuse du plateau par Jens Kilian, Ă©galement en charge de costumes modernisĂ©s, Siegmund n’ayant plus son velours bleu et sa chaĂ®ne d’or mais un habit kaki de chasseur d’aujourd’hui.

    L’arbre massif, comme sorti d’un parc d’attraction vintage, cède la place pour l’acte central à un cercle (un Ring donc) qui se fracturera lorsque les choses se compliqueront avant la mort de Siegmund. Le schéma est respecté au III, avec le cercle surélevé pour figurer le rocher de Brünnhilde, seule image magnifique du spectacle quand des figurants, torches à la main, derrière une belle toile impressionniste d’un bleu-gris sombre, évoquent la tombée d’une longue nuit sur l’héroïne. Reste que depuis, Chéreau et tant d’autres ont largement éclipsé ce prétendu âge d’or de la mise en scène post-Wieland Wagner.

    Peter Seiffert reprend le rôle de Siegmund porté il y a un demi-siècle par Jon Vickers, et apparaît ce soir nettement plus en forme vocale qu’à la première, sans la douceur qu’aurait distillé le regretté Johan Botha, mais en faisant du héros un Tristan, qui tient ces Wälse plus de dix secondes. Son valeureux Winterstürme est en outre soutenu en fosse par un magnifique tapis de violoncelles dans le motif du printemps.

    Face à lui, la Sieglinde d’Anja Harteros montre une aisance remarquable, beaucoup plus libre depuis quelque temps dans les gestes et le charisme physique. Le chant est comme toujours quasi parfait même si quelques aigus semblent par trop changer de registre, mais la couleur sombre du timbre et le manque de brillant dans le haut du spectre n’en font pas une chanteuse idéale pour la jumelle de Siegmund, et son duo avec son frère n’est pas plus enflammé que celui avec Brünnhilde au dernier acte.

    La Brünnhilde de la Première Journée du Ring est aussi une prise de rôle pour Anja Kampe, qui sauf erreur n’a chanté que celle de Siegfried jusqu’à présent, ici en demi-teinte entre des Hojotoho sans legato et trop contrôlés, et une belle vaillance jusqu’à une scène finale intéressante dans son rapport timide à son père. Déjà dans le Ring du Mariinski, Vitalij Kowaljow arrive à Salzbourg avec un Wotan à bout de souffle après un monologue monochrome dans le style et les sentiments. Mis en difficulté par le grand plateau vide, il a du moins une véritable intelligence à chanter mezza-voce, créant une belle intimité dans la scène finale, soutenue par un Thielemann ralentissant l’orchestre en même temps qu’il baisse le volume sonore pour mieux s’adapter à la voix.

    Christa Mayer propose comme toujours son excellente Fricka et Georg Zeppenfeld un Hunding nettement plus en voix qu’à Dresde il y a deux ans, déjà avec un Thielemann ayant ce soir les gestes moins naturels qu’en Saxe, pour un résultat cependant toujours de très haute qualité et un travail particulièrement puissant sur certains Leitmotive, comme celui du Feu quand il doit enflammer le rocher ou dans ceux de la dynamique chevauchée. Il faut enfin louer la performance des Walkyries, toutes absolument magnifiques, à commencer par la Gerhilde de Johanna Winkel, montrant bien que si l’on pouvait trouver plus aguerri pour chacun des grands rôles aujourd’hui, on est tout de même au milieu d’une grande soirée lyrique.




    GroĂźes Festspielhaus, Salzburg
    Le 17/04/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Reconstruction de la production de 1967 la Walkyrie de Wagner par Vera Nemirova, sous la direction de Christian Thielemann au festival de Pâques de Salzbourg 2017.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Die Walküre, première journée du festival scénique Der Ring des Nibelungen (1870)
    Livret du compositeur

    Sächsische Staatskapelle Dresden
    direction : Christian Thielemann
    mise en scène : Vera Nemirova , reconstruction d’après la production originale de 1967 de Günther Schneider-Siemssen
    décors & costumes : Jens Kilian
    Ă©clairages : Olaf Freese
    vidéos : rocafilm

    Avec :
    Peter Seiffert (Siegmund), Georg Zeppenfeld (Hunding), Vitalij Kowaljow (Wotan), Anja Harteros (Sieglinde), Anja Kampe (Brünnhilde), Christa Mayer (Fricka), Johanna Winkel (Gerhilde), Brit-Tone Müllertz (Ortlinde), Christina Bock (Waltraute), Katharina Magiera (Schwertleite), Alexandra Petersamer (Helmwige), Stepanka Pucalkova (Siegrune), Katrin Wundsam (Grimgerde), Simone Schröder (Roßweiße).

     



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