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CRITIQUES DE CONCERTS 21 octobre 2018

Reprise de Kátia Kabanová de Janáček dans une mise en scène d’André Engel et sous la direction de Tomáš Netopil à l’Opéra de Vienne.

Kátia à New York
© Wiener Staatsoper

Reprise en même temps que Lady Macbeth au Wiener Staatsoper, Kátja Kabanová est l’autre grand opéra dans lequel l’héroïne se jette à l’eau à la dernière scène, ici une Angela Denoke qui n’a rien perdu de sa prestance scénique et tient vocalement une belle femme martyrisée, accompagnée en fosse par le passionnant Tomáš Netopil.
 

Wiener Staatsoper, Wien
Le 18/04/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Triste temps que l’arrivée du printemps à Vienne, et si les bourrasques de pluie alternent encore avec la neige à l’extérieur, pour les héroïnes sur la scène de la Staatsoper, on se jette à l’eau presque tous les soirs. Eva-Maria Westbroek dans la rivière pour aller au bagne de Lady Macbeth de Chostakovitch ; Angela Denoke dans le fleuve de Kátia de Janáček.

    L’Allemande, dont on connaît depuis plus de deux décennies les qualités comme les défauts, est toujours aussi belle et intelligente en scène, tout particulièrement dans l’aptitude à montrer les variations de caractère de son personnage, malgré ici une production franchement minime dans les idées proposées. La couleur de la soprano n’est pas aussi éclatante que celle des plus grandes chanteuses du rôle par le passé, mais justement plus froide, moins joyeuse, tout aussi adaptée aux tourments de cette triste femme.

    Si nous ne comprenons pas le tchèque, nous pouvons en dire autant du plateau, à commencer de Denoke elle-même, dont on discerne de toute façon assez mal les consonnes, mais aussi de l’Ukrainien Misha Didyk, Boris peut-être pas tout à fait assez vigoureux, surtout au dernier acte. Son ami Kudrjáš ravit en revanche avec le timbre plus solaire de Thomas Ebenstein, notamment dans le grand air du second tableau du II, puis au duo suivant avec la Barbara plus qu’agréable dans les couleurs de Margaret Plummer.

    Le Tikhon de Leonardo Navarro, 31 ans, qui fait ses débuts à l’Opéra de Vienne, est une belle surprise quant à la dynamique et à la vaillance qui se dégagent de sa prestation. Dan Paul Dumitrescu montre un Dikoï bien dans ses graves, même si soumis à ceux de Kabanicha, tenues par Jane Henschel grâce à une belle prestation scénique, à défaut d’être toujours largement audible, quand la jeune Glaša porte surtout l’aigu en la présence de la jeune et fraîche Ilseyar Khayrullova.

    La transposition dans une Amérique d’après-guerre, visiblement autour de 1953 à en juger par les affiches du film Invaders from Mars, et par les bas en nylon enfilés par Barbara, n’apporte presque rien à l’histoire. L’acte médian est cependant réussi grâce à un intérieur de cour d’immeuble en brique, à une cave servant d’entrepôt ou à un toit d’immeuble avec retenue d’eau plutôt qualitatif à l’œil, à défaut d’avoir proposé une toile de fond de Manhattan vraiment cheap en ouverture de rideau.

    Kabanicha y surjoue une mégère du quartier russe blanc de Brooklyn, qui n’est pas sans faire rire à l’occasion, la mise en scène d’André Engel cherchant souvent plus cet angle que celui de la tension, au risque de totalement passer à côté de la scène finale, image de marais desservie ici par les roseaux de piètre qualité de Nicky Rieti et un contre-jour trop banal dans les éclairages d’André Diot.

    Heureusement, la fosse viennoise participe beaucoup à la qualité globale du drame, et nous avons assez loué le Tchèque Tomáš Netopil lors de ces passages récurrents devant l’Orchestre de Paris pour pouvoir décrire ici toute l’intelligence, toute la tendresse et tout le lyrisme qu’il parvient à faire ressortir des magnifiques cordes du sublime Orchester der Wiener Staatsoper, notamment lors de l’annonce par Kátia de son adultère.

    Les cuivres présentent quelques écarts en plus d’un léger manque de brillance pour cette musique, les couleurs des vents en général étant moins éclatantes dans la capitale autrichienne qu’à une centaine de kilomètres de là, à Brno dans la ville où presque tous les opéras du compositeur ont été créés. Pourtant, lorsque l’on est en présence d’un chef natif, qui a déjà donné une magnifique Petite Renarde à l’Opéra de Vienne l’année passée, on ne peut qu’être servi !




    Wiener Staatsoper, Wien
    Le 18/04/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Kátia Kabanová de Janáček dans une mise en scène d’André Engel et sous la direction de Tomáš Netopil à l’Opéra de Vienne.
    Leoš Janáček (1854-1928)
    Kátia Kabanová, opéra en trois actes
    Livret du compositeur et de Vincence Cervinka d’après la pièce l’Orage d’Alexandre Ostrovski

    Chor und Orchester der Wiener Staatsoper
    direction : Tomáš Netopil
    mise en scène : André Engel
    décors : Nicky Rieti
    costumes : Chantal de La Coste
    éclairages : André Diot & Susanne Auffermann
    préparation des chœurs : Stefano Ragussini

    Avec :
    Dan Paul Dumitrescu (Dikoï), Misha Didyk (Boris), Jane Henschel (Kabanicha), Leonardo Navarro (Tikhon), Angela Denoke (Kátja), Thomas Ebenstein (Kudrjáš), Margaret Plummer (Varvara), Marcus Pelz (Kuligin), Ilseyar Khayrullova (Glaša), Caroline Wenborne (Feklusa).

     



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