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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Jukka-Pekka Saraste avec la participation du pianiste Jan Lisiecki à la Philharmonie de Paris.

Gravité renforcée

Passé un Second Concerto de Chopin dans lequel les phrasés auront surpris autant de la part du chef que du pianiste Jan Lisiecki, l’Orchestre de Paris déploie toute sa puissance avec une Huitième Symphonie de Chostakovitch particulièrement intéressante dans la tension dégagée par les cordes graves sous la direction de Jukka-Pekka Saraste.
 

Philharmonie, Paris
Le 20/04/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Jan Lisiecki est actuellement l’un des jeunes pianistes les plus intrigants du parcours, son jeu au phrasé très particulier montrant une maturité à laquelle il faut associer une dextérité à toute épreuve, sans laquelle il ne serait pas à ce niveau. Pour autant, son approche des œuvres surprend régulièrement et encore plus particulièrement dans Chopin, avec lequel on peut le sentir parfois sur la réserve, comme lors de son récent album sorti chez Deutsche Grammophon.

    Sur la scène de la Philharmonie pour deux concerts avec l’Orchestre de Paris, le pianiste intervient après une introduction symphonique déjà très singulière de la part du chef Jukka-Pekka Saraste, dans laquelle le Finlandais aura coupé les respirations et tout enchaîné legato sans laisser le temps à la musique de se poser, ni encore moins d’exprimer son caractère romantique.

    Lisiecki développe alors ses thèmes de la même manière, avec de brusques variations de toucher et de pédales, semblant toutefois s’accorder plutôt bien avec le chef pendant les deux premiers mouvements, tandis que l’écart se creuse dans le dernier, plus problématique par son manque de dynamique, avec l’impression que Saraste tente souvent de retenir l’orchestre pour attendre ou s’adapter au jeune homme.

    Un Nocturne en ut# mineur op. 48 de Chopin ne ressemblant pas à un nocturne en bis, puis un entracte plus tard, l’Orchestre de Paris revient en formation bien plus dense sur la scène parisienne afin de s’attaquer à la difficile et peut-être la plus géniale des symphonies de Chostakovitch, la Huitième, composée en 1943, en pleine guerre, deux années après la Léningrad. Et déjà l’introduction de l’Adagio impressionne par sa densité et son caractère tendu, tant dans les bois que dans des cordes étonnamment renforcées.

    À la formation philharmonique classique, on a ajouté des cordes de l’Académie de l’Orchestre de Paris, et si cela n’a pas étayé les altos, restés au nombre de douze tout à la droite du Finlandais, les autres pupitres du quintette ont été amplifiés, en passant notamment les premiers violons à dix-huit pour créer entre autres un magnifique thème lyrique lorsqu’ils prennent le dessus au bout de quelques minutes dans le premier mouvement. En face, trois violoncelles et deux contrebasses ont été ajoutés, passant respectivement à treize et dix pour procurer à la symphonie une gravité latente, magnifiquement entretenue par la battue extrêmement indicative de Saraste.

    Dans les mouvements médians, les altos maintenus en formation habituelle seront parfois déstabilisés, principalement dans la Toccata, où ils introduisent énergiquement le thème avec le soutien – ou plutôt le fantastique effet de mitraille tant leurs cordes claquent – des basses, mais seront ensuite dépassés par la reprise du même thème aux violons, tandis que les bois assurent de magnifiques attaques stridentes, vite relayées par les cuivres.

    D’un caractère plus réfléchi, le Largo manque peut-être quelque peu d’émotion, malgré les belles interventions du cor anglais et de la clarinette basse, ainsi que des clarinettes, seulement deux mais pourtant à l’occasion trop présentes dans le contrepoint, tandis qu’on louera ici la qualité du basson solo et des percussions. L’Allegretto final, très complexe à comprendre dans son agencement, convainc surtout dans la coda, aboutissant à des applaudissements nourris du public envers le chef et l’orchestre, puis des musiciens vers un chef semblant les avoir véritablement convaincus.




    Philharmonie, Paris
    Le 20/04/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Jukka-Pekka Saraste avec la participation du pianiste Jan Lisiecki à la Philharmonie de Paris.
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Concerto pour piano n° 2 en fa mineur op. 21
    Jan Lisiecki, piano
    Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
    Symphonie n° 8 en ut mineur op. 65
    Orchestre de Paris
    direction : Jukka-Pekka Saraste

     


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