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CRITIQUES DE CONCERTS 21 octobre 2018

Nouvelle production du Trouvère de Verdi dans une mise en scène de Francisco Negrin et sous la direction de Daniel Harding à l’Opéra de Monte-Carlo.

Dans la cour des grands
© Alain Hanel

Malgré à peine six cents places, l’Opéra de Monte-Carlo maintient chaque saison une programmation de très grande qualité, dont ce Trouvère à la distribution remarquable, d'où se démarquent la superbe Leonora de Maria Agresta et le meilleur Manrico actuel, un Francesco Meli encore supérieur à ses prestations salzbourgeoise et londonienne.
 

Palais Garnier, Monte-Carlo
Le 21/04/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Avec une distribution comprenant le récent Manrico de Salzbourg, Amsterdam et Londres, grand habitué de La Scala, une Leonora toujours entre New York, Paris et Milan, et un Comte de Luna ainsi qu’une Azucena depuis plusieurs saisons sur les plus importantes scènes internationales, la Salle Garnier de Monte-Carlo joue encore une fois dans la cour des grands pour sa nouvelle production du Trouvère.

    Du plateau, commençons par Francesco Meli, ténor dont la timidité ne semble pas permettre tout à fait la dynamique de carrière qu’il devrait pourtant connaître, celui que nous appelions sans grand risque le meilleur ténor verdien actuel prouvant ce soir avec une prestation magistrale que cette dénomination lui est incontestable aujourd’hui.

    Sur la petite scène du Rocher, il porte son Manrico avec une qualité de chant incomparable, chaud et vivace dans des ensembles pour lesquels il possède en plus la langue italienne, et surtout magnifique dans les grands airs de la deuxième partie, Ah ! sì, ben mio touchant et sublime dans la gestion des piani, puis surtout la cabalette Di quella pira, superbe bien que transposée, alors qu’il aurait certainement la capacité de la tenir un demi-ton plus haut.

    Amante sur scène, la Léonore de Maria Agresta lui répond avec un registre aigu particulièrement agile, fait de notes filées et de legato comme on aimerait en entendre plus souvent dans Verdi, même si elle n’a pas la sensibilité des plus grandes ou le suraigu le plus éclatant. Nicola Alaimo paraît en comparaison moins souple et accroche plus sur le texte, mais tient tout de même un excellent Comte de Luna, tandis qu’Azucena est portée par une Marina Prudenskaya moins habile sur la langue et les consonnes, mais profonde dans la beauté de son registre grave.

    Autour de ce quatuor, on retrouve avec plaisir un Christophe Berry superbement projeté et précis dans le texte de Ruiz, un José Antonio Garcia d’abord stressé lors du récit de Ferrando, puis plus sûr lorsqu’il s’adresse à ses compagnons soldats au III ; le second rôle le plus attachant restant toutefois l’Inès de Karine Ohanyan. Le Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo possède une belle chaleur pour développer Verdi, les hommes n’étant pour cette première pas tout à fait ensemble, là où les femmes, lorsqu’elles jouent les religieuses, seront irréprochables.

    Évoluant dans un univers noir, les personnages costumés assez classiquement par Louis Désiré se meuvent sur un plateau du même artiste, dans une proposition scénique de Francisco Negrin axée sur les fantômes d’Azucena et la terreur du feu, omniprésent soit par une flammèche à l’avant-scène, soit au centre sur un promontoire, ainsi que par les lumières rougeâtres des cavités dans les côtés de la scène, dans lesquelles est souvent situé le chœur.

    Cette mise en scène en rien révolutionnaire fixe les émotions et la peur du bûcher par lequel tout à commencé et tout finira, tandis qu’au-dessous on souffle sur les bois avec une magnifique précision ; mention spéciale pour le duo hautbois-flûte ainsi que pour le basson. Des cuivres acérés développent une partition dirigée d’une main de maître par Daniel Harding, déjà remarqué dans Falstaff à la Scala, conduisant le drame avec tension et célérité dans les parties dynamiques, prenant plus de temps pour mettre en avant aux cordes certains thèmes récurrents.

    Cette soirée aura en plus bénéficié de la magnifique acoustique et d’une proximité avec les artistes incomparable par rapport aux autres grandes salles du monde.




    Palais Garnier, Monte-Carlo
    Le 21/04/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production du Trouvère de Verdi dans une mise en scène de Francisco Negrin et sous la direction de Daniel Harding à l’Opéra de Monte-Carlo.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Il Trovatore, drame en quatre parties
    Livret de Salvatore Cammarano d’après le drame El Trovador d’Antonio García Gutiérrez

    Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo
    Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
    direction : Daniel Harding
    mise en scène : Francisco Negrin
    décors & costumes : Louis Désiré
    éclairages : Bruno Poet
    préparation des chœurs : Stefano Visconti

    Avec :
    Nicola Alaimo (Le Comte de Luna), Maria Agresta (Leonora), Marina Prudenskaja (Azucena), Francesco Meli (Manrico), José Antonio Garcia (Ferrando), Karine Ohanyan (Inés), Christophe Berry (Ruiz), Giani Cossu (Un messager), Sophie Garagnon (La mère d’Azucena, rôle muet), Lorenzo Larini (Le fils d’Azucena, rôle muet).

     



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