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CRITIQUES DE CONCERTS 28 septembre 2020

RĂ©cital du pianiste Maurizio Pollini Ă  la Philharmonie de Paris.

Tel qu’en lui-même
© Cosimo Filippini

La salle Pierre Boulez était comble pour ce récital de Maurizio Pollini. Les années passent et le prestige du grand pianiste reste intact. On est à la fois subjugué par cette permanence de la virtuosité et d’un toucher qui reste unique et un peu frustré avec Chopin, de ne plus rien avoir à découvrir d’une approche qui fut si surprenante et unique en son temps.
 

Philharmonie, Paris
Le 28/04/2017
GĂ©rard MANNONI
 



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  • On est souvent plus difficile avec les très grands qu’avec ceux dont on attend moins. Les artistes le savent et expliquent que ce dĂ©fi sans cesse renouvelĂ© est l’une des principales difficultĂ©s de leur mĂ©tier. Toute une gĂ©nĂ©ration se rappelle le choc de la publication des Études de Chopin par Pollini au milieu des annĂ©es 1970. C’était la confirmation d’un talent dĂ©jĂ  honorĂ© par concours et concerts mais cela apportait surtout une approche diffĂ©rente de ces pages tellement connues, avec une fluiditĂ© de jeu, une poĂ©sie, une intelligence dans la lecture de ce qui pourrait n’être que technique, un goĂ»t sans faille, une sonoritĂ© de rĂŞve. Tout cela, les dĂ©cennies suivantes n’ont fait que le confirmer dans un rĂ©pertoire vaste et souvent hardi dans sa contemporanĂ©itĂ©.

    Et c’est toujours ce même Chopin par Pollini que l’on entend aujourd’hui, avec sa clarté, sa virtuosité si apparemment aisée. Qu’il s’agisse de Nocturnes, des Ballades n° 3 et 4, abordées avec cet équilibre sonore et émotionnel inaltérable, de la Berceuse op. 57 ou du Premier Scherzo, fulgurant mais toujours sous contrôle. Que demander de plus, dira-t-on ? Peut-être simplement quelque chose de nouveau, de légèrement différent, fruit d’une si longue expérience, d’une réflexion portant maintenant sur un demi-siècle. On reste très admiratif, mais on aimerait sans doute une surprise, une découverte. Mais bon, n’exagérons pas. Chopin était bien dans la salle ce soir.

    La seconde partie du concert était vouée au Deuxième Livre des Préludes de Debussy. Ce fut un régal de sonorités subtiles, de climats incroyables créés avec semble-t-il presque rien, de science de la demi-teinte dans un rapport d’un raffinement fou avec l’instrument. Des traits quasi dignes d’un violon dans une fluidité où chaque note reste pourtant nette, des accentuations imaginatives. Plaisir absolu pour l’auditeur et cette fois l’impression que toute une vie d’analyse et de réflexion permettait pareil résultat, sans trace d’un acquis sinon routinier du moins sécurisant.




    Philharmonie, Paris
    Le 28/04/2017
    GĂ©rard MANNONI

    RĂ©cital du pianiste Maurizio Pollini Ă  la Philharmonie de Paris.
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Deux préludes op. 27
    Ballade n° 3
    Ballade n° 4
    Berceuse op. 57
    Scherzo n° 1
    Claude Debussy (1862-1918)
    Préludes (livre II)
    Maurizio Pollini, piano

     


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