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CRITIQUES DE CONCERTS 18 février 2018

Reprise de Wozzeck de Berg dans la mise en scène de Christoph Marthaler, sous la direction de Michael Schønwandt à l’Opéra de Paris.

Reprise pour la musique
© Emilie Brouchon

Pure production Mortier créée il y a neuf ans, la mise en scène du Wozzeck de Christoph Marthaler a perdu de sa force mais retrouve une distribution de haut niveau grâce à la prise de rôle de l’excellent Johannes Martin Kränzle. Claire et naturelle, la direction de Michael Schønwandt rend hommage à cette musique en bénéficiant d’un très bon Orchestre de l’Opéra de Paris.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 26/04/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • En 2008, Wozzeck était créé à l’Opéra Bastille et retrouvait l’un des metteurs en scène fétiches de Gerard Mortier, Christoph Marthaler, en plus de profiter du génial Simon Keenlyside et de la Marie d’Angela Denoke. Un an plus tard, Matthias Goerne reprenait le rôle en alternance avec Vincent Le Téxier, quand Waltraud Meier tenait celui de la victime, et si la production n’avait rien perdu de sa puissance, elle gardait son caractère dangereusement statique, dû au seul et unique décor d’Anna Viebrock, massivement présent pendant toute la représentation.

    En 2017, les images ont vécu et si l’intelligence de la proposition reste indemne, Marthaler ayant en plus entre-temps réfléchi à l’autre chef-d’œuvre lyrique de Berg avec cette saison une Lulu pour Hambourg, la dynamique et la dramaturgie non renouvelées ont fait perdre de sa grandeur au résultat scénique. La violence découlant d’une situation désastreuse de campagne d’Allemagne de l’Est, entrant dans le monde capitaliste sans argent, avec la bière et le sexe bon marché pour repères, aura été quelque peu altérée de ne plus bénéficier d’un jeu d’acteurs au cordeau, tout comme les anciennes productions de Chéreau souffrent aujourd’hui à leurs reprises de l’absence de lien magique et nécessaire pour toucher au génie, au risque sinon de se déposséder en grande partie de leur intérêt.

    Heureusement pour nous, la musique est restée d’un excellent niveau, à commencer par celle sortant de la fosse, dont on ne pourra caractériser une extrême personnalité de style, mais toutefois assez idéale dans la notion même de répertoire, le directeur musical de Montpellier Michael Schønwandt parvenant à faire ressortir les plus belles couleurs de l’Orchestre de l’Opéra de Paris, dont se démarquent les soli de cordes autant que les timbres cristallins de la harpe et du célesta.

    Sur scène, on retrouve un Tambour-Major de Štefan Margita toujours aussi vulgaire, punk acide ne pouvant créer l’attrait que chez une femme désespérée, ici la Marie de Gun-Brit Barkmin. Comme souvent chez cette chanteuse, la ligne de chant assez aléatoire paraît aigre dans l’aigu et décalée dans le médium, s’adaptant finalement plutôt bien à la bassesse du personnage proposé dans cette mise en scène, à côté de la Margret d’Eve-Maud Hubeaux, plus belle de timbre mais tout aussi ignominieuse dans le type de femme faussement attirante qu’elle doit porter dans cette vision.

    Le chœur souffre de ne pas être toujours parfaitement audible et laisse donc ressortir celui des enfants, très efficace dans la dernière scène, ces petits monstres non désirés étant présents depuis le début tout autour de la tente, à jouer sur des balançoires et autres châteaux gonflables. Des seconds rôles, nous retiendrons le Doktor campé par un Kurt Rydl toujours aussi chaud, l’Idiot de Rodolphe Briand, qui rend grâce à sa partie, ainsi que l’excellent Stephan Rügamer en Capitaine, rarement aussi bien tenu dans une tessiture suraiguë irréprochable. Andrès ne trouve en revanche pas en Nicky Spence la présence que l’on peut donner au personnage, probablement aussi car celui-ci est relativement effacé dans la proposition de Marthaler.

    Et enfin, c’est avec un réel plaisir que l’on retrouve le baryton Johannes Martin Kränzle, prenant ici pour la première fois le rôle du soldat trompé. La gestuelle autant que la projection et le détail du texte sans reproche ne hissent pas le chanteur au niveau exceptionnel du Wozzeck de Simon Keenlyside à sa plus grande période, mais lui procurent toutes les qualités pour faire partie des meilleurs tenants du rôle sur les grandes scènes aujourd’hui.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 26/04/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Wozzeck de Berg dans la mise en scène de Christoph Marthaler, sous la direction de Michael Schønwandt à l’Opéra de Paris.
    Alban Berg (1885-1935)
    Wozzeck, opéra en trois actes et quinze scènes (1925)
    Livret du compositeur d’après la pièce de Büchner

    Maîtrise des Hauts-de-Seine / Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris
    Chœurs de l’Opéra national de Paris
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Michael Schønwandt
    mise en scène : Christoph Marthaler
    décors & costumes : Anna Viebrock
    éclairages : Olaf Winter
    préparation des chœurs : José Luis Basso

    Avec :
    Johannes Martin Kränzle (Wozzeck), Štefan Margita (Tambour-Major), Gun-Brit Barkmin (Marie), Eve-Maud Hubeaux (Margret), Nicky Spence (Andrès), Stephan Rügamer (Hauptmann), Kurt Rydl (Doktor), Mikhail Timoshenko (Erster Handwerksbursch), Tomasz Kumiega (Zweiter Handwerksbursch), Rodolphe Briand (Der Narr), Fernando Velasquez (Ein Soldat).

     



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