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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2018

Nouvelle production de Der Vampyr de Marschner dans une mise en scène de Markus Dietze et sous la direction d’Enrico Delamboye au Theater Koblenz.

Coblence sort les canines
© Theater Koblenz

Trop rarement joué, Der Vampyr de Marschner, après Genève, profite d’une seconde production cette saison grâce au Theater Koblenz, dans une nouvelle mise en scène très classique bénéficiant du soutien nerveux en fosse du chef Enrico Delamboye et sur le plateau du baryton Bastiaan Everink pour porter le rôle principal.
 

Theater, Koblenz
Le 06/05/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Même s’il possède moins de personnalité que son aîné Carl Maria von Weber, à une époque où arrive également le jeune Felix Mendelssohn, Heinrich Marschner n’en reste pas moins un musicien intéressant, important en cela que Richard Wagner l’a découvert jeune et aura été influencé par deux de ces opéras, Hans Heiling d’abord, puis surtout Der Vampyr, qu’il retouchera lui-même avant de le diriger en 1833.

    Aujourd’hui pourtant, les apparitions du Vampire sont rares, et si en France l’Opéra de Rennes s’y était essayé en 2008, on ne compte depuis plus aucune reprise dans l’hexagone, et très peu même en Allemagne, la dernière maison à avoir tenté l’aventure étant la Komische Oper Berlin en 2015, dans une production charcutée en 1h20 par Antú Romero Nunes, reprise cette saison à Genève.

    Pour réentendre l’œuvre cette saison, dans une excellente édition critique d’Egon Voss d’environ deux heures quarante, il fallait se rendre au Théâtre de Coblence, dans une salle blanche aux sièges bleus contenant presque six cents places, pour une fosse pouvant accueillir une trentaine de musiciens. C’est donc avec un orchestre en formation Haydn que le chef Enrico Delamboye aborde la partition, quitte à lui donner des couleurs baroques, celles recherchées naguère par Harnoncourt dans le Freischütz, les mêmes développées par Minkowski et Bruno Weil dans l’édition originale du Vaisseau fantôme.

    Cette direction nerveuse d’une célérité à toute épreuve permet alors une dynamique parfaitement adaptée à l’ouvrage et aux sonorités parfois aigres du Staatsorchester Rheinische Philharmonie, qui s’accorde d’autant mieux à la scène que le chef surveille en permanence le plateau, tout en maintenant parfaitement un chœur aguerri, jamais déstabilisé malgré les chorégraphies d’un autre âge qu’on lui force à jouer.

    La scène, elle aussi est d’un autre âge, présente de simples décors de Dorit Lievenbrück, surtout axés sur l’écoulement dangereux du temps et l’arrivée de la nuit avec ses deux grandes aiguilles d’horloge et son cadran sur tournette. Les costumes de Bernhard Hülfenhaus y sont aussi classiques, tout droit sortis d’un Musical, tandis que la mise en scène de Markus Dietze ne s’attache qu’à représenter les différentes situations d’un milieu anglais ravagé par la présence d’un monstrueux intrus.

    Du plateau, on louera avant tout la performance du baryton Bastiaan Everink, déjà remarqué à la Deutsche Oper Berlin dans plusieurs rôles wagnériens. La bonne projection et le timbre nuancé dans le médium lui permettent de tenir parfaitement un rôle relativement lourd, auquel il apporte en plus une superbe présence scénique, s’amusant même à exagérer une dramaturgie trop simpliste. En face de lui, sa première victime avait de toute façon trop de vibrato dans la voix, la Janthe d’Irina Marinas séduisant moins que la seconde à mourir, une Emmy d’Hana Lee à la voix fluette mais agréable, courte en souffle mais plaisante dans l’aigu pour tenir une ballade qui inspirera celle d’une certaine Senta.

    Tobias Haak ne rivalisera pas avec un certain Jonas Kaufmann connu au disque dans le rôle d’Edgar Aubry, mais suffira largement à attirer l’attention au dernier duo de son amante Malwina, Iris Kupke réalisant par la tenue et le timbre les meilleures interventions féminines de la soirée, tandis que l’on se réjouira également des beaux graves du Sir Humpry de Nico Wouterse, et des aigus du George de Junho Lee. Après une soirée enjouée, on attend maintenant que Leipzig reprenne en grande formation l’opéra qu’il a créé, ou pourquoi pas une apparition à Paris, Munich ou Londres ?




    Theater, Koblenz
    Le 06/05/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Der Vampyr de Marschner dans une mise en scène de Markus Dietze et sous la direction d’Enrico Delamboye au Theater Koblenz.
    Heinrich Marschner (1795-1861)
    Der Vampyr, opéra en deux actes (1821)
    Livret de Wilhelm August Wohlbrück, d’après Der Vampir oder die Totenbraut de Heinrich Ludwig Ritter, basé sur la nouvelle The Vampyre de John Polidori
    Édition critique d’Egon Voss

    Opernchor und Extrachor
    Staatsorchester Rheinische Philharmonie
    direction : Enrico Delamboye
    mise en scène : Markus Dietze
    décors : Dorit Lievenbrück
    costumes : Bernhard Hülfenhaus
    dramaturgie : Rüdiger Schillig
    chorégraphie : Catharina Lühr
    chef de chœur : Ulrich Zippelius

    Avec :
    Nico Wouterse (Sir Humpry, Lord Davenaut), Iris Kupke (Malwina), Tobias Haak (Edgar Aubry), Bastiaan Everink (Lord Ruthven), Jongmin Lim (Sir Berkley), Irina Marinas (Janthe, sa fille), Junho Lee (George Dibdin), Hana Lee (Emmy), Werner Pürling (Toms Blunt), Sebastian Haake (James Gadshill), Michael Seifferth (Richard Scrop), Marco Kilian (Robert Green), Anne Catherine Wagner (Suse).

     



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