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CRITIQUES DE CONCERTS 27 juillet 2017

Version de concert des Pêcheurs de perles de Bizet sous la direction d’Alexandre Bloch à l’Auditorium du Nouveau Siècle de Lille.

Une future perle du disque

Donné en concert à Lille avant Paris, une inédite version originale de l’opéra Les Pêcheurs de perles de Bizet trouve au Nouveau Siècle une magnifique distribution, grâce à quatre jeunes Français enchantant leurs partitions sous la direction du nouveau directeur musical de l’OnL, Alexandre Bloch, promettant un magnifique enregistrement.
 

Nouveau Siècle, Lille
Le 10/05/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Datant de 1863, alors que Bizet n’a que 25 ans, les Pêcheurs de perles bénéficient d’un regain d’intérêt cette saison, l’Opéra de Bordeaux reprenant actuellement la production Oïda de l’Opéra Comique, tandis que l’Opéra de Dubaï tout nouvellement construit a ouvert sa saison avec cet ouvrage, la Staatsoper Berlin clôturant la sienne prochainement avec une mise en scène de Wim Wenders. Lille reste plus modeste et choisit une version de concert, deux jours avant le Théâtre des Champs-Élysées, en même temps qu’une captation à paraître chez Pentatone.

    Dans la salle du Nouveau Siècle, le jeune directeur musical de l’Orchestre national de Lille a travaillé sur une toute nouvelle édition critique Bärenreiter. On retrouve alors un finale peu efficace, souvent effacé ou modifié lorsque l’œuvre est donnée en scène, sans que cela ne dérange particulièrement ici, les déplacements de la part d’artistes en tenue de soirée se limitant surtout à des entrées et sorties pour rejoindre ou quitter leurs pupitres.

    Le seul effet scénique tenté sera celui du collier de perles donné par Leïla à un pêcheur. Ce dernier n’existant pas, le bijou sera accroché par la jolie Julie Fuchs au pupitre d’un chef qu’elle va tant déstabiliser qu’il en perdra sa baguette, laquelle lui sera rendue comme un fragile diamant par les mains de la belle quelques secondes plus tard, alors qu’elle chante son aria principale.

    Prévue pour quatre solistes, l’ouvrage en compte ce soir un cinquième avec la flûtiste Chrystel Delaval, qui tient sa partie avec un lyrisme, une clarté et des couleurs tellement sublimes qu’elle mériterait à elle seule le déplacement. Alexandre Bloch conduit son ensemble avec une gestique énergique mais évidente, maintenant une battue précise dans laquelle on ressent d’abord une pression relativement marquée dès le premier accord, pour s’ouvrir ensuite vers plus de douceur et de légèreté, l’accompagnement de la chanson de Nadir étant une merveille de finesse, tout comme la gestion du chœur final, soutenu par une superbe prestation des Cris de Paris.

    Vocalement, la prestation est de premier plan, porté par quatre jeunes chanteurs dont trois ont fait leurs classes au Conservatoire de Paris, le dernier, Florian Sempey, ayant étudié à Bordeaux avant de retrouver Cyrille Dubois dans les rangs de l’Atelier Lyrique. Le plus âgé n’a que 39 ans, Luc Bertin-Hugault campant de son chaleureux timbre de basse un Nourabad dont on ne peut s’empêcher de ressentir la douceur, cachée sous de faux airs de méchanceté dans l’accentuation de certaines phrases.

    Florian Sempey tient Zurga, et s’il manque encore d’assurance dans Une femme inconnue, il développe L’orage s’est calmé avec brio, en plus de parfaitement porter le duo chanté dans une version inédite, sa voix se démarquant tout particulièrement de celle du ténor, évidemment par la différence de tessiture, mais aussi par un écart flagrant de couleur.

    Cyrille Dubois avait charmé aux Victoires de la Musique dans la Romance de Nadir, sans comparaison toutefois avec la puissance émotionnelle conférée au rôle sur la scène lilloise. Son timbre très spécifique s’associe ici à une aisance à tenir tout l’air avec la même voix, sans jamais forcer en voix de tête comme y sont obligés presque tous ses rivaux depuis toujours. Cette prestation s’accorde à un jeu de piani dans les duos et à une projection sans excès de vigueur, largement suffisante pour faire ressortir des ensembles une voix si parfaitement placée.

    Cette dernière caractéristique convient aussi à la soprano Julie Fuchs face à la partition d’un jeune compositeur manquant encore parfois de maturité dans l’écriture, obligeant à passer d’un premier air pour colorature, O Dieu Brahma ! dont les vocalises lui font taper à deux reprises à côté de l’aigu, pour se trouver ensuite beaucoup plus confortablement assise dans la tessiture lyrique dès Me voilà seule dans la nuit, et plus encore lors d’un magnifique Comme autrefois la nuit.

    De cette superbe soirée, il ne reste plus qu’à attendre la sortie de l’enregistrement, à comparer avec les plus grands !




    Nouveau Siècle, Lille
    Le 10/05/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Version de concert des Pêcheurs de perles de Bizet sous la direction d’Alexandre Bloch à l’Auditorium du Nouveau Siècle de Lille.
    Georges Bizet (1838-1875)
    Les Pêcheurs de perles, opéra en trois actes (1863)
    Livret d'Eugène Cormon et Michel Carré

    Julie Fuchs (Leïla)
    Cyrille Dubois (Nadir)
    Florian Sempey (Zurga)
    Luc Bertin-Hugault (Nourabad)
    Les Cris de Paris
    préparation : Geoffroy Jourdain
    Orchestre national de Lille
    direction : Alexandre Bloch

     


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