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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2018

Concert de l’Orchestre Santa Cecilia de Rome sous la direction d’Antonio Pappano, avec la participation de la pianiste Yuja Wang à la Philharmonie de Paris.

Voyage à Rome
© Sim Canetty-Clarke / ROH

Le Concerto pour piano de Tchaïkovski entre deux compositeurs Italiens. Si la complicité de l’Orchestre Santa Cecilia sous la direction d’Antonio Pappano avec les poèmes symphoniques de Respighi, trop rarement interprétés en concert, ravit, l’absence du moindre tempérament slave dans le jeu de Yuja Wang occulte les profondeurs romantiques de l’œuvre du Russe.
 

Philharmonie, Paris
Le 10/05/2017
Claude HELLEU
 



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  • Le meilleur de ce concert hybride fut après l’entracte. Alors les deux poèmes symphoniques de Respighi, les Fontaines de Rome et les Pins de Rome enchaînèrent leurs luxuriances. Créateur des œuvres, l’Orchestre dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia en possède tous les secrets et magnifiquement dirigé par Antonio Pappano, bras souples, corps engagé vers ses musiciens, un compatriote italien ô combien familier lui aussi de cette musique, ressuscite un impressionnisme issu de leurs racines communes.

    Climat d’ombres et lumières, moment plein de charme et prometteur à la Fontaine de Valle Giulia. L’aube y annonce le matin, célébré à la Fontaine du Triton. Là les cors appellent aux plaisirs de la danse frénétique des naïades et tritons. Exubérance d’un tutti resplendissant. À midi, un festival de timbres s’épanouit à la Fontaine de Trévi, bois et cuivres tous au bonheur de ce qu’ils célèbrent (le passage du Char de Neptune) et qui importe moins que la manière dont ils le célèbrent.

    Les descriptions de Respighi, notées sur la partition originale, ne sont pas essentielles pour savourer les jaillissements de couleurs, les reflets, les contrastes, les combinaisons de sonorités merveilleusement claires. Appels de trompette en sourdine et Fontaine de la Villa Médicis au couchant. L’air s’y teinte de mélancolie sous le chant de la clarinette et de la flûte. Et la nuit fait place au silence.

    Illustrateur musical fasciné par la Ville éternelle, Respighi compose quelques années plus tard les Pins de Rome. Pins de la Villa Borghèse, sonorités claires, danses et rondes d’enfants, dixit Respighi, trompettes stridentes, Pins près d’une catacombe, mystère aux violoncelles, cordes graves solennelles, troublante trompette au loin, Pins du Janicule au clair de lune, atmosphère magique des cordes frémissantes. Aux Pins de la Voie appienne, sur un rythme lancinant s’élève une multitude de frémissements, un cor anglais fantomatique disparaît quand les appels des cuivres chassent les ombres et l’orchestre survolté explose en un feu d’artifice éblouissant.

    L’ouverture du Siège de Corinthe en début de concert ne présageait pas d’un tel bonheur. Pris au pied de la lettre, le titre explique-t-il l’interprétation ce soir de cette musique de Janissaires ? Après la mélodie aux vents, les cordes s’enflamment à toute allure, l’orchestre s’en donne à pleins poumons sous la direction nette et tranchante de son chef. Élans catégoriques, crescendi enthousiastes, percussion et accords puis le rapide Allegro uniformisent fortissimo ce Rossini.

    Quant au Premier Concerto de Tchaïkovski, il n’a pas rejoint ses grandes interprétations. Yuja Wang, tant admirée par ailleurs, s’est comportée comme une bombe indépendante d’un orchestre peinant souvent à la suivre. Les emportements fulgurants de la pianiste, toujours aussi droite, immobile et belle dans sa longue robe turquoise moulante, les défis des enchaînements d’accords, les surenchères de la technique époustouflante stimulent la rage et la fureur d’un orchestre qui semble s’en vouloir complice vainement. Les musiciens sursautent à leurs coups d’archet. Une telle outrance connaît un moment de répit quand elle retrouve musicalité et subtilité dans sa deuxième cadence et personnalise enfin un romantisme sinon absent de la platitude des échanges.

    Romantisme apparu avec l’Andantino simplice. Flûte et piano en parfaite harmonie sur les pizzicati de cordes légères, l’entente règne jusqu’à l’Allegro vivace assai où la virtuosité de Wang se moque de tout ce qui ne l’emporte pas au-delà de toute limite. Jets de feu, trilles aériens, main gauche magistrale sèment un orchestre que le Finale ignore aussi. C’est au piano qu’il règne, conquérant, triomphant, déterminé, volontaire, Allegro con fuoco tout d’une pièce dans ses paroxysmes, son lyrisme et le tempérament slave de son auteur occultés.




    Philharmonie, Paris
    Le 10/05/2017
    Claude HELLEU

    Concert de l’Orchestre Santa Cecilia de Rome sous la direction d’Antonio Pappano, avec la participation de la pianiste Yuja Wang à la Philharmonie de Paris.
    Gioacchino Rossini (1792-1868)
    L’Assedio di Corinto, ouverture
    Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Concerto pour piano et orchestre n° 1 en sib mineur op. 23
    Yuja Wang, piano
    Ottorino Respighi (1879-1936)
    Fontane di Roma P. 106
    Pini di Roma P.141
    Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia
    direction : Antonio Pappano

     


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