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CRITIQUES DE CONCERTS 24 février 2018

Concert de la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Christian Thielemann, avec la participation de la soprano Renée Fleming au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Strauss tel qu’en lui-même
© Kasskara / DG

Un concert où ses interprètes donnent le meilleur des œuvres d’un compositeur dont la puissance évocatrice provoque alors une admiration ensorcelée. Renée Fleming dans les Quatre dernier Lieder ressuscite des adieux d’une beauté bouleversante, et la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Christian Thielemann l’excursion passionnante de la Symphonie alpestre.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 19/05/2017
Claude HELLEU
 



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  • Cette femme irradie. Familière de Richard Strauss, très belle dans sa longue robe d’un vert scintillant, Renée Fleming le chante comme s’il venait d’elle. Avec l’ultime chef-d’œuvre du compositeur, les Quatre derniers Lieder, hymne en adieu à sa vie, l’identification est d’autant plus troublante que celle qui fut la Maréchale du Chevalier à la rose fait ses adieux à ce rôle emblématique en l’interprétant une dernière fois dans une nouvelle production de Robert Carsen, à Covent Garden et au Met.

    La paix d’une existence comblée rayonne dans la voix qui marie si naturellement les timbres et les mots et qu’épouse la Staatskapelle de Dresde sous la direction d’un Christian Thielemann attentif au moindre souffle de la soprano. Printemps sur un poème de Eichendorff, Septembre, Au Coucher, Au Crépuscule sur des poèmes de Hesse, autant d’univers sonores où s’épanouissent la subtilité des émotions et des sensations allant de la déclamation intime au plus ample lyrisme, la diversité des évocations d’une nature adulée.

    Qu’importe si quelques mots se perdent dans le médium avant que la voix se projette. Sa chaleur gorgée d’une transcendance magique, Fleming incarne et magnifie l’hommage de Strauss à tout ce et tous ceux qu’il a aimés, célèbre les élans, la liberté, la puissance connus parmi eux, entourée de ce merveilleux orchestre qu’irrigue la fluidité du premier violon. Au terme d’une vie dont le cor exalte la fin sereine, le génie mélodique du compositeur s’épanouit dans ses moindres raffinements.

    Dernier poème symphonique de Strauss, la Symphonie alpestre illustre la passion du compositeur pour le verbe. Vingt-deux sous-titres jalonnent la partition, certains écrits entre les portées. Les énumérer, c’est dire les climats traversés. La Staatskapelle de Dresde y est tout simplement extraordinaire. Le plus ancien orchestre au monde, l’un des meilleurs, révèle chaque nuance d’une musique à programme fantastique de diversité, ses suggestions éclairées au-delà des mots par des jeux de timbres fourmillants d’expressivité.

    L’homogénéité de l’orchestre, l’individualité des pupitres transcende la prodigieuse palette des sonorités. Frémissement irréel de cordes fusionnelles, longueur d’archet des violons, rutilances des cuivres, chant des bois, éclat des percussions témoignent du remarquable orchestrateur que se reconnaît Strauss. Thielemann, immobile, tel le héros qui conduit l’excursion choisie par Strauss, emmène ses musiciens d’une battue souple, sobre et concentrée, à laquelle rien n’échappe.

    Les phrasés s’engendrent dans la respiration de l’espace parcouru au cours d’une journée projetée dans les Alpes, ponctué d’étapes en une seule coulée. Forêt, ruisseau, cascade, prés fleuris, alpages, glacier, sommet de la montagne, orage, coucher de soleil, retour à la nuit sont autant de paysages sonores habités par la détermination claire et subtile de celui qui les traverse sans la moindre rupture. L’humanisme panthéiste du chef allemand habite cette splendide vision. En accord avec ce que Strauss confiait à son journal en 1911 : « J’appellerai ma Symphonie alpestre l’Antéchrist, car on y trouve la purification morale par ses propres forces, le culte de la nature glorieuse et éternelle. »




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 19/05/2017
    Claude HELLEU

    Concert de la Staatskapelle de Dresde sous la direction de Christian Thielemann, avec la participation de la soprano Renée Fleming au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Vier letzte Lieder
    Renée Fleming, soprano
    Eine Alpensinfonie op. 64
    Staatskapelle de Dresde
    direction : Christian Thielemann

     


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