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CRITIQUES DE CONCERTS 19 août 2018

Première à l’Opéra de Tours de Rusalka de Dvořák dans la mise en scène de Dieter Kaegi, sous la direction de Kaspar Zehnder.

Rusalka dans son élément
© Marie Pétry

La reprise d’une production de Nuremberg et Monte-Carlo jouant de l’élément aquatique naturel du livret permet à l’Opéra de Tours de programmer cette saison la trop rare Rusalka de Dvořák avec une très bonne distribution de laquelle ressortent tous les rôles principaux, en plus d’une direction particulièrement inspirée du chef suisse Kaspar Zehnder.
 

Grand Théâtre, Tours
Le 21/05/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Dieter Kaegi cherche sur la petite scène du Grand Théâtre de Tours à allier l’onirisme de l’ouvrage lyrique le plus célèbre de Dvořák et une réflexion succincte sur le nationalisme. Pendant le prélude entre donc une moto avec un drapeau tchèque, et dessus deux amants, se déshabillant pour plonger en sous-vêtements dans un bassin omniprésent au milieu du cadre durant toute la représentation. Derrière, des vidéos permettent de faire évoluer les ambiances, d’aquatique à l’acte I à un ciel bleu au III, avant un retour vers l’eau à la scène finale de ce conte slave équivalent à celui nordique de la Petite sirène.

    Les costumes mêlent l’habit noble du XIXe pour le prince à des robes vertes pour les trois esprits et bleu pour Rusalka ; l’Ondin attifé d’une peau de batracien bleu vif s’accorde à la sorcière représentée comme un crapaud. Le résultat proposé permet de se laisse aller à cet univers de marais, auquel le bassin réellement rempli d’eau apporte un élément efficace et permet de présenter le glauque du monde de Rusalka, face aux strass et paillettes de celui du Prince.

    En fosse, le chef Kaspar Zehnder fait des merveilles et crée de magnifiques nappes de lyrisme avec ses violons tout en mettant particulièrement en avant les sons rauques de ses contrebasses. Il développe une petite harmonie agile dont on remarque la clarinette basse et flatte les couleurs d’une partition qu’il traite sans aucun pathos ni slavisme exagéré. Si les cuivres sont parfois moins justes, il faut citer la harpe, très demandée et sublime à chaque solo, particulièrement valorisée par le déport de l’instrument dans une loge à jardin au premier balcon.

    Sur le plateau, la soprano turque Serenad Uyar tient une Rusalka à l’aise sur tout le spectre, particulièrement puissante dans l’aigu, sans que le timbre ne soit très original. Sa Romance à la lune expansive trouve une belle ampleur et n’entrave pas la force de la voix jusqu’aux dernières mesures de l’ouvrage. Le Prince de Johannes Chum allie un timbre certes nasal mais non désagréable à une projection précise et donne presque autant de place à son rôle qu’à celui d’Hermann dans la Dame de pique. La Princesse étrangère est plus serrée d’aigu, mais déploie une belle couleur, tout comme Jeanne Crousaud, la plus haut perchée des trois Dryades.

    Jouant un couple divertissant, le Cuisinier de Pauline Sabatier et le Chasseur de Michaël Chapeau répondent à une Ježibaba particulièrement intéressante dans le bas-médium grâce à la contralto Svetlana Lifar, le rôle le plus déterminant de l’opéra restant celui de la basse particulièrement bien timbrée de Mischa Schelomianski, Ondin sur toutes les scènes du monde et ici, à l’exception d’un léger manque de souffle dans son monologue du III, totalement convainquant pour porter son personnage paternel dans les graves. Si seulement cette belle représentation pouvait inspirer d’autres salles à remonter l’ouvrage, où l’un des neufs autres opéras moins connus de Dvořák !




    Grand Théâtre, Tours
    Le 21/05/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Première à l’Opéra de Tours de Rusalka de Dvořák dans la mise en scène de Dieter Kaegi, sous la direction de Kaspar Zehnder.
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Rusalka, opéra en trois actes
    Livret de Jaroslav Kvapil d’après des ballades tchèques de Karel Jaromír Erben et Božena Němcová

    Chœurs de l’Opéra de Tours
    Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours
    direction : Kaspar Zehnder
    mise en scène : Dieter Kaegi
    décors & costumes : Francis O’ Connor
    éclairages : Patrick Méeüs
    chorégraphie : Xavier Laforge
    marionnettiste : Lisa Garros
    préparation des chœurs : Alexandre Herviant

    Avec :
    Serenad Uyar (Rusalka), Johannes Chum (Le Prince), Mischa Schelomianski (Ondin), Isabelle Cals (La Princesse), Svetlana Lifar (Ježibaba), Pauline Sabatier (Le Cuisinier), Michaël Chapeau (Le Chasseur), Jeanne Crousaud, Yumiko Tanimura, Aurore Ugolin (les Dryades).

     



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