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CRITIQUES DE CONCERTS 17 août 2018

Concert du Münchner Philharmoniker sous la direction de Semyon Bychkov à la Philharmonie de Munich.

Mahler 5.1
© Sheila Rock

En quatre jours était proposées à Munich deux Symphonie n° 5 de Mahler, la première par Semyon Bychkov à la Philharmonie, avec un orchestre des Münchner Philharmoniker magnifique dans ses rondeurs bien que souvent ramené vers des sonorités slaves par le chef russe, déjà très porté vers ces couleurs dans Francesca da Rimini de Tchaïkovski.
 

Philharmonie am Gasteig, München
Le 02/06/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • En prenant pour trois soirs la formation dont Valery Gergiev est aujourd’hui directeur musical, Semyon Bychkov démontre que l’on peut insuffler de vraies couleurs russes à des Münchner Philharmoniker pourtant surtout connus pour la densité de leurs cordes et la netteté de leurs cuivres. Ainsi Francesca da Rimini sonne particulièrement bien ce soir malgré l’acoustique lointaine et plus que jamais discutée de la Philharmonie dans la capitale bavaroise, alors que la décision de construire une nouvelle salle du niveau de Berlin, Paris ou Hambourg semble quasi entérinée.

    Francesca est l’une pièces symphoniques de Tchaïkovski de source littéraire, ici Dante. Mais plutôt que de l’Italie du poète, c’est d’Allemagne qu’elle provient puisqu’elle est composée pendant le premier Festival de Bayreuth en 1876. Les sons rauques des contrebasses des Münchner semblent alors idéaux pour porter une action dramatisée avec brio par Bychkov, d’autant qu’il a su créer une palette sonore particulièrement adaptée à la musique russe dans une petite harmonie dont on retiendra le hautbois et surtout la splendide flûte d’Herman van Kogelenberg.

    Hasard du calendrier, Bychkov avait prévu en seconde partie une Cinquième de Mahler programmée également dès le lundi suivant à l’Opéra par Kirill Petrenko. Au Gasteig, l’entrée de la trompette présente une vision puissante et sans vulgarité ni exagération d’un thème composé presque par agacement par Mahler à une époque où sa carrière de très grand chef ne suffisait plus à compenser celle de compositeur mal-aimé.

    Dès l’entrée des cordes, la douceur surprend et ravit à la fois, le geste attentif de Bychkov magnifiant les violoncelles tout en se permettant de belles explosions du tutti lorsque demandé. La seconde partie du mouvement gagne en dynamique et laisse exulter de magnifiques cuivres acérés, cors et trombones en tête, en plus de la première trompette toujours juste et marquante, le tout soutenu par de superbes percussions et des cordes dont la réserve de puissance est latente même aux instants les plus calmes.

    Le chef russe ne jouera pas la carte de traiter véritablement trois parties dans la symphonie, comme écrit par Mahler, mais plutôt d’amener l’ouvrage à une unité globale avec une approche relativement slave de la partition, notamment dans le son demandé à la petite harmonie et tout particulièrement à la première flûte et au hautbois, en plus de faire ressortir souvent les contrepoints de la clarinette basse. Le Stürmig bewegt s’écoule sereinement dans les graves des contrebasses et le lyrisme des violons, avec un véritable cantabile en fin de mouvement et jamais d’excès de tension, même dans les passages énergiques avant la coda.

    Le Scherzo trouve d’abord le premier cor parfait de Matías Piñeira, vite accompagné par une petite harmonie toujours idéale puis à nouveau par les cordes, cette fois plus froides et en manque d’allégresse pour véritablement rendre passionné ce mouvement, définitivement porté jusqu’à la fin par les cors et tout de même au milieu par les pizz marquants du quatuor.

    L’Adagietto suit la tendance actuelle dérivant des dernières études faites sur ce mouvement, que Bychkov connaît bien pour les avoirs déjà évoquées dans plusieurs interviews, validant l’idée d’un message d’amour pour Alma, et non une détresse suite à sa première importante alerte médicale en 1901. Il est acquis aujourd’hui que Mahler dirigeait lui-même cette partie en huit minutes, sans excès de lenteur ni de pathos. Le geste du chef russe tend donc vers un lyrisme retenu, développé par de magnifiques cordes, sans que l’émotion ne parvienne tout à fait à naître.

    Le Rondo-Finale commence à montrer de la fatigue et manque de tension dans les cordes. Cette note plus terne intervient dans les dernières minutes et ce malgré là encore de superbes cuivres, moins affaiblis que les cordes. La sensation finale délaisse alors l’auditeur au dernier accord, quand les premiers mouvements laissaient présager une interprétation de très haute tenue.




    Philharmonie am Gasteig, München
    Le 02/06/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Concert du Münchner Philharmoniker sous la direction de Semyon Bychkov à la Philharmonie de Munich.
    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Francesca da Rimini, fantaisie symphonique en mi mineur op. 32
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 5 en ut# mineur
    Münchner Philharmoniker
    direction : Semyon Bychkov

     


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