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CRITIQUES DE CONCERTS 26 mai 2018

Récital de Nicholas Angelich dans la série Piano**** à la Philharmonie de Paris.

Angelich au sommet

Une carrière toujours passionnante mais progressive, menée avec intelligence, et Nicholas Angelich est parvenu, à quarante-sept ans, à rejoindre la cohorte de tête des plus grands pianistes actuels. Il n’a jamais déçu, a toujours retenu le plus vif intérêt, mais ce récital Piano**** extraordinaire marque quand même une date.
 

Philharmonie, Paris
Le 06/06/2017
Gérard MANNONI
 



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  • On ne va pas découvrir Nicholas Angelich, mais il est des soirs pas comme les autres. Maintenant toujours un savant équilibre entre intelligence et sensibilité, instinct et science, il nous a maintes fois donné de somptueux moments de musique. Et pourtant, dès l’attaque des Variations en fa mineur de Haydn dans la grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris, on sait qu’il va se passer quelque chose d’exceptionnel.

    Il y a un naturel, une fluidité, un rayonnement dans ce toucher détaillant les subtilités préromantiques de Haydn, qui prend la salle sous une charme irrésistible. Virtuosité, certes, mais surtout vitalité prenante d’une musicalité si généreuse que chaque phrase nous raconte une belle histoire. Rien d’inutile ni d’artificiel, juste les notes dans leur vie musicale spontanée, dans leurs enchaînements dont l’invention savante s’estompe derrière le simple plaisir de l’écoute.

    Et puis, avec la Sonate Waldstein de Beethoven, la magie opère encore mieux, car le propos de Beethoven dans cette sonate fondamentale est plus complexe, conduit par un souci de lier le développement de la pensée à celui d’une forme bien cadrée. Il y a tout sous les doigts d’Angelich : la force, la surprise des contrastes, le rêve, la poésie, les éclairs d’orage, une fois encore comme on raconte une tranche de vie, avec ses angoisses et ses lumières. Un toucher idéal, des sonorités parfaitement exactes pour l’œuvre et son époque, comme une approche du clavier bien différente allait le prouver en deuxième partie du concert avec les monumentales Variations Paganini de Brahms.

    Car il s’agit bien là de l’un des plus impressionnants monuments pianistiques de l’ère romantique. Si l’on dépasse le stade violemment émotionnel de la virtuosité transcendante requise et des inévitables effets d’accélération cardiaque qu’elle produit sur l’auditeur, on effectue surtout un fabuleux voyage dans une sorte d’enfer dantesque où se succèdent des états d’âme aussi violents et contradictoires que les cercles décrits par le poète italien. Il n’y pas de fureur agressive, mais les rêves ou cauchemars les plus fous, les plus opposés, et le langage pianistique génialement inventé pour nous les décrire. L’âme romantique se lâche sans contrainte, nous provoque, nous calme, nous nargue, bref ne nous laisse pas en repos un instant… quand on sait aller comme Nicholas Angelich à l’essentiel de ces pages, tout en libérant pleinement le feu d’artifice technique voulu. Du très grand piano par un très grand interprète.




    Philharmonie, Paris
    Le 06/06/2017
    Gérard MANNONI

    Récital de Nicholas Angelich dans la série Piano**** à la Philharmonie de Paris.
    Joseph Haydn (1732-1809)
    Variations en fa mineur Job.XVII/6
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate pour piano n° 21 en ut majeur op. 53 « Waldstein »
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Variations sur un thème de Paganini op. 35
    Nicholas Angelich, piano

     


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