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CRITIQUES DE CONCERTS 27 mai 2018

Nouvelle production d’Ariadne auf Naxos de Strauss dans une mise en scène de David Hermann et sous la direction de Rani Calderon à l’Opéra national de Lorraine.

Monumentale Ariane
© Opéra national de Lorraine

Plus que par une mise en scène de David Hermann tentant de faire une synthèse entre mythe et Commedia dell’arte, cette nouvelle production d’Ariane à Naxos à l’Opéra national de Lorraine marque par un plateau éblouissant au somment duquel trône l’Ariane monumentale d’Amber Wagner, qui se hisse au niveau des plus grandes titulaires du rôle.
 

Opéra de Lorraine, Nancy
Le 11/06/2017
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • L’Opéra de Lorraine est décidément une maison où il fait bon se rendre et se laisser surprendre, comme dans cette Ariane à la distribution éblouissante, digne des plus grandes scènes européennes et où les seconds rôles ne sont pas négligés. Parmi ceux-ci, on notera une troupe italienne très homogène où brille un très joli Arlequin (John Brancy) en passant par le remarquable Maître à danser de Lorin Wey, un trio féminin Naïade-Dryade-Echo à la personnalité vocale affirmée ou le Majordome mordant et arrogant à souhait de Volker Muthmann.

    Mais que dire du soin avec lequel les premiers rôles ont été distribués ? Andrea Hill en Compositeur met un peu de temps à chauffer sa voix, mais quel beau timbre, quelle belle incarnation, quelle ferveur notamment à la fin du Prologue ! Elle est accompagnée d’un remarquable Josef Wagner, peut-être un peu jeune en Maître de musique mais dont la voix fraîche nous change des barytons en fin de carrière. Beaucoup de fraîcheur également chez Beate Ritter qui campe une Zerbinette pimpante et très naturelle parcourant son air avec une facilité déconcertante, une vocalise souple et un suraigu quasi jeu d’enfant.

    Quant au couple seria, il tutoie les sommets. Michael König en impose par son physique et une voix saine et solide tenant sans peine l’impossible partie de Bacchus. Mais avec Amber Wagner, on monte encore d’un cran dans la splendeur avec une voix d’une impressionnante puissance, un timbre somptueux et délicieusement capiteux, une ligne de chant absolument royale et dardée d’aigus rayonnants. L’adéquation entre la voix et le personnage est parfaite et nous offre une Ariane d’anthologie.

    Le duo final est ainsi quasi orgasmique grâce également à la remarquable direction de Rani Calderon alliant lisibilité, dramatisme et émotion, et qui a surtout su hisser l’Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy à un notable niveau d’excellence. Malgré certes quelques fragilités, l’orchestre, coloré, fait montre d’une belle assurance chez des solistes fort sollicités dans cette partition quasiment chambriste.

    On l’aura compris, c’est un sans-faute au niveau musical. Nous avons été moins emporté par la partie scénique même si David Hermann cherche à résoudre la quadrature du cercle de cette œuvre si particulière en faisant côtoyer le plus souvent possible la comédie et le drame, que ce soit dans le double-décor avec à cour, un palais sombre digne d’Elektra (Ariane a tout de l’Atride et repousse même les comiques italiens avec une hache) et à jardin… un jardin en toiles peintes largement inspirées de Watteau (escarpolette incluse pour Zerbinetta) ou dans les rapports entre personnages, avec cette belle idée de former d’improbables couples entre le trio de nymphes et des membres de la troupe italienne.

    Outre ces trouvailles et des images fort belles, le propos reste assez illustratif et manque de profondeur, le comble étant atteint avec un Prologue proche d’Au théâtre ce soir avec portes qui claquent et costumes improbables, avec coiffeur punk, ténor dans sa douche, Compositeur terminant dans un congélateur) et une scène finale ratée.

    Car si l’idée de placer dans le foyer de l’opéra nancéien des figurants, représentant « l’homme le plus riche de Vienne » et ses invités, en train de dîner jusqu’à l’entracte puis rejoignant la salle pour la deuxième partie est amusante, ces mêmes figurants entrant sur scène pour faire des selfies devant Ariane et Bacchus au climax de la partition versent dans le trivial, montrant combien le metteur en scène n’a su que faire du sublime final écrit par Strauss.




    Opéra de Lorraine, Nancy
    Le 11/06/2017
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Nouvelle production d’Ariadne auf Naxos de Strauss dans une mise en scène de David Hermann et sous la direction de Rani Calderon à l’Opéra national de Lorraine.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Ariadne auf Naxos, opéra en un prologue et un acte (1916)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal

    Coproduction avec le Semperoper Dresden et l’Opéra de Lausanne

    Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy
    direction : Rani Calderon
    mise en scène : David Hermann
    décors : Paul Zoller
    costumes : Michaela Barth
    éclairages : Fabrice Kebour

    Avec :
    Volker Muthmann (le Majordome), Josef Wagner (le Maître de musique), Andrea Hill (le Compositeur), Amber Wagner (Primadonna / Ariadne), Michael König (le Ténor / Bacchus), Ju In Yoon (l’Officier), Lorin Wey (le Maître à danser), Thomas Florio (le Perruquier), Andrew McTaggart (le Laquais), Beate Ritter (Zerbinetta), John Brancy (Arlequin), Alexander Sprague (Scaramouche), Jan Stava (Truffaldino), Christophe Berry (Brighella), Heera Bae (Naïade), Lucie Roche (Dryade), Elena Galitskaya (Echo).

     



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