altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2018

Reprise de Rigoletto de Verdi dans la mise en scène de Claus Guth, sous la direction de Daniele Rustioni à l’Opéra de Paris.

Gilda assoluta
© Charles Duprat

En reprenant la mise en scène conceptuelle de Claus Guth créée l’an passé, l’Opéra de Paris offre à Rigoletto la plus belle Gilda actuelle, Nadine Sierra, ainsi qu’un Duc de Mantoue particulièrement dynamique grâce à Vittorio Grigolo, quand dans le rôle-titre Željko Lučić déçoit, laissant la primauté à l’orchestre mené par le jeune Daniele Rustioni.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 12/06/2017
Vincent GUILLEMIN
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Lucifer mène la danse

  • En fond de cale

  • Tout en finesse

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • L’an passé, l’Opéra de Paris étrennait un nouveau Rigoletto à travers un concept unique de Claus Guth : le bouffon a vieilli et tient ses souvenirs dans une boîte. Un an plus tard, la mise en scène reste un échec, plus douloureux encore à revoir tant l’idée de base est menue. Les vidéos projetées de l’enfance de Gilda ne font même plus effet, et l’on a espéré en vain que l’horrible scène des danseuses du Lido pendant La Donna è mobile serait retravaillée.

    Fort heureusement, le répertoire sert avant tout à entendre des voix et des chefs, et pour cela l’Opéra de Paris possède les ressources financières et culturelles nécessaires. Ici, aucune prise de risque donc de rôle mais simplement une sélection parmi les meilleurs interprètes de chacun des personnages, à commencer par le Duc extrêmement dynamique de Vittorio Grigolo, dont le chant semble parfois gâché par un manque d’attention. Et si l’on peut encore croire dans Questa o quella qu’il démarre en retard à deux reprises à cause du chef, il n’en est rien dans son air le plus célèbre, attaqué trop tôt puis ajusté selon son bon vouloir sans que Rustioni n’y puisse mais.

    Reste alors à profiter, au-delà d’un tempérament assez mal assorti à la mise en scène, d’une projection impressionnante pour une voix parfaitement placée et timbrée, aussi à l’aise dans la grande salle de la Bastille qu’elle le serait en jauge plus réduite. Il faudra guetter la prise d’assise dans le grave ces prochaines années pour réentendre peut-être enfin à travers ce chanteur un nouvel Otello digne du rôle.

    Pour porter Rigoletto, Quinn Kelsey d’une rare intelligence dans le personnage il y a un an a laissé place à Željko Lučić, qui possède les notes et le phrasé, mais dont la voix blanche ne développe aucune émotion, entravant toute la scène finale. La basse Kwangchul Youn s’est elle aussi grisée et son Sparafucile fonctionne sans jamais inquiéter, la profondeur et la noirceur ayant disparu des graves.

    Si cette reprise présente pourtant un véritable intérêt, c’est encore une fois grâce à Gilda, la jeune soprano américaine Nadine Sierra remplaçant l’excellente Olga Peretyatko de 2016. De boîte à souvenir, le décor cartonné devient écrin pour poupée, la chanteuse présentant dès sa première apparition une voix corsée superbe de médium, avant de montrer une agilité et un contrôle du souffle impressionnant, en plus d’une capacité à filer très haut et très vite vers ses aigus.

    De ses vingt-huit ans, elle offre en plus sa superbe silhouette scénique, de laquelle on peut encore juste regretter l’excès de naïveté inséré dans cette Gilda qui n’a elle non plus rien retenu de la dramaturgie de Guth. Il faudra la réécouter à Orange cet été, cette fois face à la figure paternelle de Leo Nucci dans le rôle-titre.

    Pour accompagner ce beau monde, le chœur enjoué ne montre pas d’excès d’allégresse mais tient plus que convenablement sa partie, quand en fosse le jeune Italien Daniele Rustioni présente de nombreuses idées sans toujours maintenir une battue parfaite. Il s’intéresse à loisir à chacun des pupitres afin de magnifier ou surveiller telle ou telle phrase, parfois lyrique dans un geste caressé pour emmener la partition vers celle plus mature de Simon Boccanegra, parfois plus tranché pour lui donner la vivacité du primo Verdi. Il suffit parfois du contenu pour oublier le contenant.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 12/06/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de Rigoletto de Verdi dans la mise en scène de Claus Guth, sous la direction de Daniele Rustioni à l’Opéra de Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Rigoletto, mélodrame en trois actes (1851)
    Livret de Francesco Maria Piave, d’après le Roi s’amuse de Victor Hugo

    Chœur de l’Opéra national de Paris
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Daniele Rustioni
    mise en scène : Claus Guth
    décors & costumes : Christian Schmidt
    éclairages : Olaf Winter
    vidéos : Andi A. Müller
    préparation des chœurs : José Luis Basso

    Avec :
    Vittorio Grigolo (Il Duca di Mantova), Željko Lučić (Rigoletto), Nadine Sierra (Gilda), Kwangchul Youn (Sparafucile), Elena Maximova (Maddalena), Marie Gautrot (Giovanna), Robert Pomakov (Il Conte di Monterone), Christophe Gay (Marullo), Julien Dran (Matteo Borsa), Mikhail Timoshenko (Il Conte di Ceprano), Veta Pilipenko (La Contessa), Laure Poissonnier (Paggio della Duchessa), Christian Rodrigue Moungoungou (Usciere di Corte), Henri Bernard Guizirian (Double de Rigoletto).

     



      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com