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CRITIQUES DE CONCERTS 21 mai 2018

Récital de la soprano Anja Harteros accompagnée au piano par Wolfram Rieger à l’Opéra de Paris.

Grande professionnelle
© Marco Borggreve

Star incontestable de la scène lyrique notamment outre-Rhin mais de façon également très internationale, très désirée à Paris où elle triompha dans Tosca après plusieurs annulations, la soprano Anja Harteros avait choisi un programme très Schwarzkopf pour ce récital avec l’excellent pianiste Wolfram Rieger à Garnier. Dangereux ?
 

Palais Garnier, Paris
Le 18/06/2017
Gérard MANNONI
 



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  • Il est vrai que plus le temps passe, moins nombreux sont ceux qui ont bénéficié des incroyables récitals des grandes dames et de quelques messieurs des années d’après-guerre. C’est comme pour les anciens combattants… mais pour les survivants, les souvenirs sont éternels. Anja Harteros a aujourd’hui des atouts exceptionnels que seules quelques collègues, rares, partagent à ce niveau. Elle est belle, possède ce que l’on appelle une très belle voix et surtout une technique du chant absolument parfaite. Et pourtant, on ne sort pas de ce récital au septième ciel comme jadis de ceux, justement, de Schwarzkopf, Seefried, Los Angeles, Ludwig, ou Price, pour ne citer que les plus glorieuses.

    Tout commence par cinq mélodies de Schubert qui défilent de manière assez indifférente. Même la si célèbre Forelle passe sans frémissement bien particulier. Avec les Lieder de Schumann qui suivent, le climat change en mieux. Les deux Venetianische Lieder sont dits avec esprit mais ce sont les pages suivantes, plus sombres, plus dramatiques, comme Was will du einsame Träne qui permettent à la voix de trouver des couleurs plus marquées et surtout de se développer avec plus de liberté. Car cette voix reste avant tout faite pour l’opéra, même si toute cantatrice germanique a baigné dès sa jeunesse dans le monde la mélodie.

    Après l’entracte, les Sieben frühe Lieder de Berg confirment cette impression. La vaillance théâtrale s’affirme, les aigus fusent, avec une belle variété de couleurs, tantôt charnus, tantôt soulevés et impalpables. C’est magnifiquement fait. Tout comme la manière d’aborder Richard Strauss révèle une complicité totale avec cette culture. Le texte est toujours intelligemment traité, le visage exprime aussi les paroles chantées. Cäcile, tellement marqué par Schwarzkopf décidément, conclut le programme, avant plusieurs bis eux aussi très schwarzkopfiens – par hasard ?

    Zueignung fait toujours de l’effet sans vraiment nous bouleverser – comme Kaufmann, partenaire attitré d’Harteros sait le faire avec cette mélodie – et le charmant Seligkeit de Schubert coule avec fraîcheur, lui aussi, favori en bis de la grande Elisabeth. Alors on va me taxer d’obsédé du passé… mais non. Madame Harteros est superbe, seulement sa voix a un problème, celui d’un timbre impersonnel, d’un certain manque de charme aussi.

    On pense sans cesse : « Comme elle sait bien chanter ! », mais il manque la magie d’un timbre que l’on reconnaîtrait en quelques secondes, une manière personnelle de s’approprier ces univers multiples, de nous emporter dans le merveilleux, l’inattendu. Ce type de timbre a en revanche pour elle un avantage, car il est passe-partout et lui permet d’aborder à l’opéra tous les répertoires avec un minimum de prises de risques et un grand succès.

    Une belle soirée de chant, soutenue avec la plus grande efficacité par Wolfram Rieger au piano, mais on attendra avec impatience le retour de Madame Harteros dans un de ses grands rôles de théâtre.




    Palais Garnier, Paris
    Le 18/06/2017
    Gérard MANNONI

    Récital de la soprano Anja Harteros accompagnée au piano par Wolfram Rieger à l’Opéra de Paris.
    Franz Schubert (1979-1828)
    Fischerweise, op. 96 n° 4
    Die Forelle, op. 32
    Schwanengesang, op. 23
    An die Laute, op. 81 n° 2
    Im Haine, op. 56 n° 3
    Robert Schumann (1810-1856)
    Zwei Venetianische Lieder, op. 25
    Ich wandelte unter den Bäumen, op. 24 n° 3
    Stille Tränen, op. 35 n° 10
    Was will dir einsame Träne
    Der Hidalgo, op. 30 n° 3
    Alban Berg (1885-1935)
    Sieben frühe Lieder
    Richard Strauss (1864-1949)
    Allerseelen, op. 10 n° 8
    Meinem Kinde
    Waldseligkeit, op. 49 n° 1
    Seitdem dein Aug’ in meines schaute, op. 17 n° 1
    Cäcilie, op. 27 n° 2
    Anja Harteros, soprano
    Wolfram Rieger, piano

     


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