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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2017

Nouvelles productions de la Damoiselle élue de Debussy et de Jeanne au bûcher d’Honegger dans une mise en scène d’Alex Ollé sous la direction de Marc Soustrot à l’Opéra de Francfort.

Damoiselles élues
© Opera Frankfurt

Enchaînées, la Damoiselle élue et Jeanne au Bûcher s’assemblent dans la mise en scène d’Alex Ollé pour l’Oper Frankfurt à travers les figures mystiques de la sainteté. La mise en scène ne prend aucune précaution pour traiter le sujet, porté par des acteurs et chanteurs passionnants sous lesquels la direction de Marc Soustrot crée un tapis de couleurs.
 

Oper, Frankfurt
Le 17/06/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Jeanne au bûcher retrouve grâce auprès des programmateurs et après plusieurs interprétations concertantes d’importance ces dernières années, l’œuvre d’Honegger profite cette saison de deux versions scéniques puissantes avec celle magistrale de Romeo Castellucci à Lyon puis celle d’Alex Ollé à Francfort. Dans la capitale de la Hesse, l’oratorio est couplé à une courte et trop rare cantate de Claude Debussy, la Damoiselle élue.

    Les premiers accords de cordes sonnent magnifiquement en fosse pendant que s’ouvre le rideau et que se découvre sur scène un décor noir d’Alfons Flores avec à cinq mètres de hauteur environ un plancher transparent, et au milieu une poutre métallique qui servira tout au long du spectacle à monter et descendre les protagonistes principaux, dont Jeanne. Devant sont projetées des vidéos de nuages apportant à la première pièce, celle de Debussy, une atmosphère d’éther développée sur scène par les deux chanteuses au sol dans des draps d’or, l’élue se trouvant dans les bras du récitant.

    La mezzo Katharina Magiera approche le rôle du récitant d’un chant plein à la belle couleur sombre, sensible en tenant dans ses bras la soprano Elizabeth Reiter, dont la clarté de la voix se démarque de la première. Les deux chanteuses portent avec magnificence le texte de Rosetti ; elles réapparaîtront dans la deuxième partie à l’étage supérieur sur le plancher transparent toujours sous leurs drapes dorées pour signifier les saintes Marguerite et Catherine, leur irréprochable pureté ne trouvant qu’un contrepoint dans leur massacre ensuite, lorsqu’elles seront attachées par les pieds puis éviscérées dans un bain de sang écarlate.

    Jeanne au bûcher profite en fosse de la même application et du même détail de couleur et de nappage des cordes grâce au chef français Marc Soustrot, déjà exemplaire à Dresde il y a trois ans pour sa première collaboration avec Alex Ollé dans Pelléas et Mélisande. Le Frankfurter Opern- und Museumsorchester n’a pas tout à fait la finesse de la phalange saxonne, mais ses cordes savent être claires ou sombres selon l’action scénique, et les bois présentent une belle ouverture et une légèreté bien adaptée à la musique d’Honegger, notamment aux flûtes.

    Johanna Wokalek tient le rôle-titre avec puissance, en Jeanne éplorée sans être jamais dans l’excès, face au magnifique Frère Dominique de Sébastien Dutrieux, tout en finesse dans la diction et le traitement du texte de Claudel. Pourtant c’est avant tout par le chœur que le spectacle passionne, celui des adultes comme celui des enfants, tous deux superbes dans toutes les variations demandées par la partition, de la violence au mysticisme. La mise en scène en fait d’abord un peuple de misérables, avant de le scinder en deux groupes concurrents à la manière de supporters d’équipes sportives.

    Alex Ollé y présente les hommes sans pantalon, avec de faux sexes en plastique pour créer une dérangeante nudité, encore plus gênante lorsqu’arrive dans sa baignoire conduite par un pauvre diable le Porcus (l’Evêque Cochon) de Peter Marsch, gros et gras mais bien portant de voix. Il condamnera Jeanne à mort et la population lui préparera un bûcher à l’aide de chaises et de livres, qui brûlera par un système vidéo astucieux, comme toujours avec la Fura dels Baus, renforcé par le travail de lumières de Joachim Klein. Après un tel spectacle, il reste juste à chercher pourquoi une salle française n’est pas coproductrice !




    Oper, Frankfurt
    Le 17/06/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelles productions de la Damoiselle élue de Debussy et de Jeanne au bûcher d’Honegger dans une mise en scène d’Alex Ollé sous la direction de Marc Soustrot à l’Opéra de Francfort.
    Claude Debussy (1862-1918)
    La Damoiselle élue
    Arthur Honegger (1892-1955)
    Jeanne au bûcher

    Chor, Extrachor und Kinderchor der Oper Frankfurt
    Frankfurter Opern- und Museumsorchester
    direction : Marc Soustrot
    mise en scène : Àlex Ollé (La Fura dels Baus)
    décors : Alfons Flores
    costumes : Lluc Castells
    éclairages : Joachim Klein
    vidéos : Franc Aleu
    préparation des chœurs : Tilman Michael & Markus Ehmann

    Avec :
    Elizabeth Reiter (L’élue ; Sainte Marguerite), Katharina Magiera (Le Narrateur ; Sainte Catherine) ; Johanna Wokalek (Jeanne d’Arc), Sébastien Dutrieux (Frère Dominique), Elizabeth Sutphen (La Sainte), Peter Marsh (Porcus / Un Héraut / Religieux), Dietrich Volle (Une Voix / Un Héraut), Étienne Gillig (L’âne / Un Héraut / Religieux), Cédric Chayrouse (Bedford, maître de cérémonie), Konstantin Bühler (Un Héraut / Perrot / Prêtre), Julia Katharina Heße (Jean de Luxembourg), Florian Richter (Regnault de Chartres), Roberto Cassani (Guillaume de Flavy).

     



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