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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2018

Nouvelle production de Salomé de Strauss dans une mise en scène d’Ivo van Hove et sous la direction de Daniele Gatti à l’Opéra d’Amsterdam.

Melancholia
© Clärchen & Matthias Baus

Pour son passage annuel en fosse à l’Opéra d’Amsterdam, le Concertgebouw y est dirigé par son nouveau directeur Daniele Gatti. Le son détaillé de la fantastique phalange néerlandaise sublime la partition orchestrale d’une Salomé correctement distribuée, dans une mise en scène intelligente mais finalement assez banale d’Ivo van Hove.
 

De Nederlandse Opera, Amsterdam
Le 18/06/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • La deuxième saison du directeur musical du Concertgebouw d’Amsterdam s’achève sur un triomphe. Pour la première fois en fosse avec son nouvel orchestre, Daniele Gatti revient à un Richard Strauss qu’il n’avait plus dirigé à l’opéra depuis Elektra à Salzbourg en 2010. Le son si personnel du Concertgebouw semble insurpassable, tant il allie à tous les pupitres des nuances de coloris allant du plus cristallin jusqu’aux plus sombres, en plus de cordes lyriques, voire métaphysiques pendant une Danse des sept voiles fantasmée sur scène. La direction du chef italien permet également un travail impressionnant sur certaines mesures, magistrale au lever de rideau, ou dans le détail des soli du quatuor.

    Ivo van Hove entre dans cette pièce par ses penchants mélancoliques ; il traite l’héroïne d’Oscar Wilde dans la dépression et se sert pour appui du Melancholia de Lars von Trier. La terre de Judée devient Israël et le plateau une grande scène nue, avec juste au fond des invités passant dans un petit salon de réception. La fête est juive et l’idée sera bien exploitée tout au long de l’œuvre, notamment dans les danses, qui s’achèvent en pas de Bar Mitzvah.

    Sur le rideau au-dessus de l’action, une lune passe pendant toute la première partie du spectacle, grossie d’abord puis rougie comme si elle annonçait la fin du monde, à la manière de la sphère géante du film précité. En dernière partie, celle même lune reste placée devant l’astre de lumière pour l’éclipser durant une scène finale sous le regard de ce Soleil-Noir utilisé par les psychanalystes pour définir la dépression et la mélancolie, à commencer par l’ouvrage éponyme de référence de la française Julia Kristeva.

    © Clärchen & Matthias Baus

    Toutes ces idées intelligentes concordent évidemment avec une dramaturgie travaillée, mais à ne pas se radicaliser ou appuyer à fond les thèmes, la proposition s’assagit en fin d’opéra et revient à des images déjà vues, comme la remontée du corps entier de Jochanaan au milieu d’une cuve baptismale. Du saint ne reste qu’une carcasse ensanglantée, encore chaude et essoufflée d’une décollation partielle, un morceau de non-être que Salomé embrassera à pleine bouche, de façon presque cannibale.

    Au chant, on retrouve le Iokanaan d’Evgeny Nikitin, comme à son habitude impressionnant par la couleur du timbre dans les premières phrases, puis vite en difficulté dans le souffle, même si le rôle est trop court pour que cela dérange véritablement. Lance Ryan a pu calmer sa voix depuis les trop nombreux Siegfried des dernières années, et le timbre toujours nasal a perdu son grain si désagréable. Le chant expert manque pourtant de sensibilité pour Hérode et ne parvient pas à faire évoluer au fur et à mesure du drame un personnage très classieux. Hérodiade est tenu par une Doris Soffel encore impressionnante lorsqu’il faut exploser dans l’aigu, quand les seconds rôles sont tous honorables, du Narraboth particulièrement bien projeté dans le médium de Peter Sonn au Page très net d’Hanna Hipp, en passant par les deux Soldats très en graves d’Alexander Milev et plus encore de James Platt.

    Quant à Salomé, Malin Byström en prend le rôle à Amsterdam. La soprano suédoise n’a pas l’ampleur de sa comparse Nina Stemme, mais possède une véritable sensualité. Son chant surprend parfois car il lui arrive fréquemment de rater certains aigus ou de détimbrer dans le bas-médium. Reste surtout une prestation scénique de grande qualité, en attendant que la soprano développe sa connaissance de la partition dans d’autres productions, et rejoigne les actuelles meilleures titulaires Lise Lindstrom et Catherine Naglestad.




    De Nederlandse Opera, Amsterdam
    Le 18/06/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production de Salomé de Strauss dans une mise en scène d’Ivo van Hove et sous la direction de Daniele Gatti à l’Opéra d’Amsterdam.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Salomé, opéra en un acte (1905)
    Livret d’Oscar Wilde traduit en allemand par Hedwig Lachmann

    Koninklijk Concertgebouworkest
    direction : Daniele Gatti
    mise en scène : Ivo van Hove
    décors & éclairages : Jan Versweyveld
    costumes : An D'Huys
    vidéos : Tal Yarden
    chorégraphie : Wim Vandekeybus

    Avec :
    Lance Ryan (Herodes), Doris Soffel (Herodias), Malin Byström (Salomé), Evgeny Nikitin (Jochanaan), Peter Sonn (Narraboth), Hanna Hipp (Ein Page der Herodias), Dietmar Kerschbaum, Marcel Reijans, Mark Omvlee, Marcel Beekman, Alexander Vassiliev (Fünf Juden), James Creswell, Roger Smeets (Zwei Nazarener), James Platt, Alexander Milev (Zwei Soldaten), Michael Wilmering (Ein Cappadocier), Jeroen de Vaal (Ein Sklave).

     



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