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CRITIQUES DE CONCERTS 19 février 2018

Reprise de la Femme sans ombre de Strauss dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski et sous la direction de Kirill Petrenko au festival d'été de Munich 2017.

Munich 2017 (2) :
Festival sans ombre

© Wilfried Hösl

À sa création en 2013, la production Warlikowski de la Femme sans ombre avait marqué par la direction phénoménale du nouveau directeur musical Kirill Petrenko, en plus d’une mise en scène évanescente et d’une distribution des grands soirs. Quatre ans plus tard et avec trois changements principaux dans le chant, le miracle se reproduit.
 

Nationaltheater, München
Le 02/07/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Christian Thielemann avait prouvé en 2011 à Salzbourg que l’époque pouvait encore donner à entendre des Frau ohne Schatten au niveau des références du siècle passé, mais sa prestation fut presque balayée deux ans plus tard par un jeune prodige, le tout nouveau directeur musical de la Bayerische Staatsoper, Kirill Petrenko. Quatre ans plus tard, l’explosion musicale jaillit toujours et peut-être même encore plus, d’un orchestre d’une clarté et d’une beauté hallucinantes, la fin du II comptant parmi les plus grands moments musicaux que nous ayons vécu en salle.

    Pour cette reprise au festival d’été de Munich, Petrenko a peut-être perdu de cette extrême douceur dont il était capable naguère, mais il a encore gagné en précision et en capacité à concentrer d’un coup une puissance inouïe dans l’orchestre, en plus d’avoir développé la ligne globale face à l’instant, et de réussir désormais à lier les trois actes du premier au dernier accord.

    Face à un tel génie, le plateau pourrait ternir la soirée, mais il faudrait pour cela des chanteurs moins bons que ceux présents sur la scène bavaroise, à commencer par le couple impérial entièrement nouveau. Johan Botha nous ayant quittés il y un an, on a fait appel à Burkhard Fritz, moins doux et plus fatigué au dernier acte, mais sensible au I et excellent pour porter son monologue au II. Ricarda Merbeth est devenue Impératrice et le rôle convient parfaitement à sa voix, qui s’intègre à chaque partie, chantée sans excès mais avec une impressionnante tenue de la ligne, puissante à chaque moment, jusque dans les ensembles.

    © Wilfried Hösl

    Le couple de teinturiers est resté le même et le Barak de Wolfgang Koch a encore approfondi sa prestation tant la voix apparaît chaude et claire, face à une Elena Pankratova qui elle aussi a développé son personnage vocalement, maintenant bien plus nuancée en plus de posséder depuis déjà longtemps toutes les notes d’une partition complexe. On a en revanche remplacé Deborah Polaski par la meilleure Nourrice actuelle, Michaela Schuster, dont la dernière note parvient à surpasser l’orchestre au dernier accord. Pour le reste, on a retrouvé l’excellent Messager des esprits de Sebastian Holecek et c’est maintenant la jeune Elsa Benoit qui tient avec brillance et éclat les voix cachées du Faucon et du Gardien du Temple.

    La mise en scène de Krzysztof Warlikowski n’a pas vieilli et retrouve toute la puissance évocatrice des sublimes décors de Małgorzata Szczęśniak. Si le jeu social entre les deux couples est moins travaillé et que la vidéo du Finale du II ne part pas au bon moment, il reste un fantastique travail suggestif et envoûtant, avec des images fortes comme celle de l’Empereur au III, non pas transformé en pierre mais sur un lit d’hôpital entouré de chirurgiens, image d’autant plus poignante que Johan Botha était à cette même place auparavant.

    À moins voir le détail, on perçoit mieux l’ensemble et cette fois avec une interruption de plusieurs longues secondes lorsque l’Impératrice semble tomber morte après son Ich will nicht, on comprend que Warlikowski arrête ici le drame. Il reprend ensuite seulement le conte pour faire intervenir les enfants et laisser apparaître en projection sur les murs tous les personnages qu’il avait déjà utilisés dans d’autres productions, pour réaliser un happy end dont l’écho s’entend dès la dernière note, avec un déferlement de bravi aux applaudissements, pour tous mais avant tout pour Kirill Petrenko, irremplaçable à cette instant dans une fosse qui a pourtant connu les plus grands.




    Nationaltheater, München
    Le 02/07/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise de la Femme sans ombre de Strauss dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski et sous la direction de Kirill Petrenko au festival d'été de Munich 2017.
    Richard Strauss (1864-1949)
    Die Frau ohne Schatten, opéra en trois actes (1919)
    Livret de Hugo von Hofmannsthal

    Kinderchor und Chor der Bayerischen Staatsoper
    Bayerisches Staatsorchester
    direction : Kirill Petrenko
    mise en scène : Krzysztof Warlikowski
    décors & costumes : Małgorzata Szczęśniak
    éclairages : Felice Ross
    chorégraphie : Claude Bardouil
    vidéos : Denis Guéguin
    animations vidéos : Kamil Polak
    préparation des chœurs : Sören Eckhoff & Stellario Fagone

    Avec :
    Burkhard Fritz (Der Kaiser), Ricarda Merbeth (Die Kaiserin), Michaela Schuster (Die Amme), Sebastian Holecek (Der Geisterbote), Elsa Benoit (Hüter der Schwelle des Tempels/Die Stimme des Falken/Erste Dienerin), Dean Power (Erscheinung eines Jünglings), Okka von der Damerau (Eine Stimme von oben), Wolfgang Koch (Barak, der Färber), Elena Pankratova (Färberin), Tim Kuypers (Der Einäugige), Christian Rieger (Der Einarmige), Dean Power (Der Bucklige), Renate Jett (Keikobad), Elsa Benoit, Paula Iancic, Anna El-Khashem, Rachael Wilson, Heike Grötzinger, Okka von der Damerau (Stimme der Ungeborenen / Kinderstimme), Johannes Kammler, Sean Michael Plumb, Milan Siljanov (Stimme der Wächter der Stadt).

     



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