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CRITIQUES DE CONCERTS 22 septembre 2017

Concerts du Quatuor Arod, de Renaud Capuçon et Hélène Mercier, et de Vladimir Spivakov au festival de Colmar 2017.

Colmar 2017 (2) :
Colmar en chambre

© Mat Hennek

En marge de l’hommage à Michel Plasson focalisé sur le répertoire symphonique, le Festival de Colmar 2017 propose une véritable série de concerts de chambre, d’où ressortent la prestation de grande maturité du jeune Quatuor Arod dans Haydn et Schubert ainsi qu’un superbe trio de Ravel, en plus de belles sonates françaises.
 

Chapelle Saint-Pierre, Colmar
Le 08/07/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Renaud Capuçon a abandonné voilà plus de dix ans son Stradivarius pour la magnifique sonorité d’un Guarneri de 1737, mais malgré le son plus mâle de son instrument, il aborde la Sonate n° 10 en sol majeur de Beethoven avec une véritable légèreté de son, une transparence chère à celui auquel le Festival de Colmar rend hommage cette année, Michel Plasson. Le soutien au piano d’Hélène Mercier trouve lui aussi de la douceur, bien adaptée au violoniste, qui semble pourtant donner le rythme et contrôler l’avancée de la sonate.

    Son jeu sans excès d’appui correspond particulièrement au dernier mouvement et plus encore au Poème de Chausson joué ensuite. Il manquera juste à cette pièce une once de lyrisme pour passionner autant que la superbe Sonate n° 2 de Ravel prévue en dernière partie de programme, à laquelle la souplesse des instrumentistes s’adapte totalement et se développe au fur et à mesure du Blues puis du Perpetuum mobile, ainsi qu’en bis avec la très célèbre Méditation de Thaïs de Massenet.

    Le lendemain au même endroit, le Stradivarius 1712 de Vladimir Spivakov présente lui aussi des sonorités exceptionnelles, même si l’artiste au phrasé très personnel et au style bien particulier approche la Sonate de César Franck avec moins de légèreté et une gestion des respirations parfois surprenante, qui obligent souvent le piano de Zoya Abolits à suivre ou à attendre le violoniste russe, également directeur musical du festival.

    Auparavant, un groupe construit spécialement pour la manifestation avait magnifié le Trio de Ravel grâce à la même pianiste, mais surtout à l’instrument intuitif du premier violon de l’Orchestre national philharmonique de Russie, Timur Pirverdiev. Plus impressionnant encore dans l’acoustique relativement affable de la Chapelle Saint-Pierre, le violoncelle de Petr Gladysh déploie avec splendeur toutes ses parties, notamment le solo de la Passacaille puis la récupération du thème introduit au violon. Bien que créée pour l’occasion, la coordination du groupe étonne tant elle se montre irréprochable.

    Dans une autre salle de Colmar plus tôt dans la journée, au Khoïfus, le Quatuor Arod avait prouvé malgré sa formation en 2013 seulement et le très jeune âge de ses participants qu’il est l’un des plus passionnants quatuors actuels. La maturité et l’évidence à jouer ensemble surpassent nombres d’ensemble aujourd’hui, tout comme l’intelligence de jeu de chacun des instrumentistes, ce dès le Quatuor en mib majeur op. 33 n° 2 de Haydn.

    Dès le premier accord, chaque geste captive par la puissance de discours des archets, jamais trop légers ni trop lourds sur les cordes. Le Largo et plus encore les picotements du Finale font aussi penser à la Symphonie la Poule du même compositeur, et s’adapte parfaitement au Quatuor Hob.III.38 surnommé la Plaisanterie, d’autant que le traitement de l’accord conclusif par le groupe provoque un rire d’une partie de l’assemblée juste avant des applaudissements nourris.

    Plus puissant encore, le Quatuor Rosamunde de Schubert fascine dès l’accord liminaire et le soutien de la présentation du thème d’introduction au premier violon par les trois autres musiciens. L’ambiance sombre des cordes propage dans ce Schubert une nostalgie incroyable pour une formation si jeune.

    Ces trois concerts démontrent s’il est encore besoin le niveau d’excellence proposé lors du Festival de Colmar, qui reste de première importance. L’Hommage à Michel Plasson le confirme et celui de l’année prochaine intéressera certainement encore plus… mais pour en savoir plus, il faudra attendre la présentation officielle du 14 juillet !




    Chapelle Saint-Pierre, Colmar
    Le 08/07/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Concerts du Quatuor Arod, de Renaud Capuçon et Hélène Mercier, et de Vladimir Spivakov au festival de Colmar 2017.
    Concert I :
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate pour violon et piano n° 10 en sol majeur, op. 96
    Ernest Chausson (1855-1899)
    Poème pour violon et piano op. 25
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Sonate pour violon et piano n° 2
    Renaud Capuçon, violon
    Hélène Mercier, piano

    Concert II :
    Joseph Haydn (1732-1809)
    Quatuor en mib majeur op. 33 n° 2 « La Plaisanterie » (Hob.III.38)
    Franz Schubert (1797-1828)
    Quatuor à cordes n° 13 en la mineur « Rosamunde », D. 804
    Quatuor Arod

    Concert III :
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Trio pour piano, violon et violoncelle en la mineur
    Timur Pirverdiev, violon
    Petr Gladysh, violoncelle
    Zoya Abolits, piano
    César Franck (1822-1890)
    Sonate pour violon et piano en la majeur
    Vladimir Spivakov, violon
    Zoya Abolits, piano

     


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