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CRITIQUES DE CONCERTS 20 septembre 2017

Reprise des Stigmatisés de Schreker dans une mise en scène de Patrick Kinmonth, sous la direction de Stefan Soltesz à l’Opéra de Cologne.

Rejeté de l’Opéra
© Klaus Lefebvre

Créée en 2013 au Palladium alors que l’Opéra de Cologne était en pleins travaux de rénovation, la production des Stigmatisés est déplacée à la Staatenhaus avec une mise en espace réactualisée. L’orchestre retrouve de magnifiques couleurs, encore plus aérées sous la nouvelle direction de Stefan Soltesz, quand la distribution est portée par Bo Skovhus et Anna Gabler.
 

Staatenhaus, Köln
Le 14/07/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Alors que Munich vient d’ouvrir son festival d’été avec l’opéra le plus célèbre de Franz Schreker, Cologne remonte sa production de 2013 en oubliant la scène au milieu avec les gradins des trois côtés pour placer cette fois l’orchestre en arrière-scène et les sièges directement face à l’action, le tout dans un nouveau lieu : le bâtiment désaffecté de la Staatenhaus.

    Évidemment, la projection des voix est maintenant favorisée par le fait qu’elles ne doivent plus viser que dans une seule direction, mais l’orchestre perd quelque peu en présence à jouer loin derrière, éloigné à plus de vingt mètres du public. Alors qu’il trouvait vigueur et puissance sous la baguette de Markus Stenz à l’époque, chef qui reprendra d’ailleurs la production munichoise l’an prochain, il surprend maintenant par les couleurs et les sensations aériennes données par le grand chef straussien Stefan Soltesz.

    Cet artiste bien trop méconnu, pourtant assistant de Böhm et Karajan dans les années 1980 à Salzbourg, réussit à toujours maintenir la partition dans une atmosphère étrange et onirique. La musique perd ses tonalités pucciniennes pour tendre surtout vers Richard Strauss, Korngold ou Zemlinsky, en plus de s’approcher régulièrement de la clarté et de l’éclat des œuvres de Debussy, grâce à des couleurs développées ici grâce au superbe Gürzenich-Orchester Köln.

    La mise en scène de Patrick Kinmonth cherche elle aussi l’onirisme et le mystère sans tenter de totalement expliquer le livret complexe et peut-être trop alambiqué de Schreker lui-même. Un plateau dépouillé à même le sol de la Staatenhaus présente des carcasses de voitures noircies au milieu de deux bâtiments faisant penser à des postes avancés visibles dans certains endroits reculés de contrées extrêmement arides, au fond de la Sibérie ou du Groenland par exemple.

    De ce décor dévasté, Alviano ne ressort pas laid mais seulement infirme, en tenue de mécano, comme si sa richesse provenait d’une capacité unique à réparer les quelques restes automobiles sur Terre, l’idée d’une explosion atomique qui aurait ravagé la planète restant en suspens tout au long de cette proposition scénique. Les autres personnages s’intègrent en costume génois du XVIe siècle, époque à laquelle est située l’action dans le livret. La seule autre personne en habits modernes est la peintre Carlotta, ainsi que le Commissaire et les policiers lors de la dernière scène.

    Côté chant, Carlotta est tenue par Anna Gabler, avec une voix ample et volumineuse dès la deuxième intervention ; on retiendra particulièrement sa tenue de notes lors du long duo du II. Olivier Zwarg campe un Adorno bien présent et très intéressant dans le bas médium, là où Bo Skovhus fascine toujours par son jeu d’acteur, avec une voix plus grasse pour le rôle de Tamare. Marco Jentzsch tient avec verve son rôle d’Alviano, jouant l’infirmité même lorsqu’il est quasi invisible du public, comme dans le bâtiment de contrôle à cour, ou dans le baraquement de la peintre Carlotta à jardin.

    Adriana Bastidas Gamboa (Martuccia) et Michael Pflumm (Pietro) intéressent également dans leurs prestations, ce dernier d’abord assimilé à un Pierrot blanc avant de devenir Diable dans la dernière scène, quand Martuccia réagit à l’inverse. Avec un Ensemble et un Chœur de l’Oper Köln parfaitement préparés et un Podestat au timbre très particulier de Bjarni Thor Kristinsson, l’opéra de Schreker retrouve dans cette ambiance ambivalente toute sa puissance irréelle et imaginaire, particulièrement bien exposée grâce à la direction de Stefan Soltesz.




    Staatenhaus, Köln
    Le 14/07/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Reprise des Stigmatisés de Schreker dans une mise en scène de Patrick Kinmonth, sous la direction de Stefan Soltesz à l’Opéra de Cologne.
    Franz Schreker (1878-1934)
    Die Gezeichneten, opéra en trois actes
    Livret du compositeur

    Chor der Oper Köln
    Gürzenich-Orchester Köln
    direction : Stefan Soltesz
    mise en scène, décors & costumes : Patrick Kinmonth
    assistant décors & costumes : Darko Petrovic
    assistant pour la reprise : Kai Anne Schuhmacher
    lumières : Andreas Grüter
    chorégraphie : Athol Farmer
    dramaturgie : Georg Kehren
    chef de chœur : Andrew Ollivant

    Avec :
    Oliver Zwarg (Herzog Antoniotto Adorno / Capitano di giustizia), Bo Skovhus (Graf Andrea Vitellozzo Tamare), Bjarni Thor Kristinsson (Lodovico Nardi), Anna Gabler (Carlotta Nardi), Marco Jentzsch (Alviano Salvago), Martin Koch (Guidobaldo Usodimare), John Heuzenroeder (Menaldo Negroni), Insik Choi (Michelotto Cibo), Miljenko Turk (Gonsalvo Fieschi), Lucas Singer (Julian Pinelli), Matthias Hoffmann (Paolo Calvi), Maria Isabel Segarra (Ginevra Scotti), Adriana Bastidas Gamboa (Martuccia), Michael Pflumm (Pietro), Young Woo Kim (Ein Jüngling), Maria Kublashvili (Ein Mädchen), Alexander Fedin, Martin Kronthaler, Julian Schulzki (Senator / Bürger), Astrid Schubert (Mutter).

     



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