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CRITIQUES DE CONCERTS 15 décembre 2017

Eugène Onéguine de Tchaïkovski dans la mise en scène d’Alexeï Stepanyuk et sous la direction de Valery Gergiev au festival d’été de Baden-Baden 2017.

Baden-Baden 2017 (2) :
Au bord de l’ennui

© Andrea Kremper

La production scénique décorative et assez inoffensive de cet Eugène Onéguine pétersbourgeois est en partie compensée par les très belles forces musicales du Mariinski dirigées par un Valery Gergiev qui s’étire cependant trop et bride sans cesse un orchestre risquant de couvrir des voix dans l’acoustique ingrate du Festspielhaus.
 

Festpielhaus, Baden-Baden
Le 23/07/2017
Pierre-Emmanuel LEPHAY
 



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  • Deux ans après celle de la Dame de pique, le Mariinski exporte sa plus récente production d’Eugène Onéguine au festival d’été de Baden-Baden dans la vaste salle du Festspielhaus… trop vaste à vrai dire pour cette œuvre intimiste. Certes, on donne bien l’ouvrage dans des salles tout aussi immenses, et certains y ont plutôt réussi (Carsen au Met, Decker à Bastille), mais ici hélas, la sauce ne prend guère avec une production très décorative, pas désagréable à regarder mais sans originalité et sans guère de tension dramatique.

    Au milieu de décors minimalistes – quand l’action n’est pas jouée devant le rideau fermé –, les personnages semblent un peu perdus, d’autant que la direction d’acteurs est elle aussi des plus minimales hormis quelques trouvailles comme ce M. Triquet en vieillard décati ou la très belle image finale d’un Onéguine englouti dans une brume soudaine. On reste ainsi dans une convention de bonne compagnie mais bien peu palpitante.

    La palpitation n’est hélas guère davantage présente musicalement. La faute n’en incombe pas seulement à un Valery Gergiev tranquille dont la direction manquant de tranchant, voire pataude (Polonaise du III), s’épanche dans des tempi souvent lents et des étirements coupables dans les passages les plus lyriques.

    L’acoustique de la salle se révèle ici problématique, l’orchestre étant contraint de se limiter en permanence, Gergiev ne lâchant la bride que lors des passages instrumentaux, notamment dans les finales de tableaux. Les chanteurs ne sont par ailleurs vraiment audibles que lorsqu’ils sont à l’avant-scène. Heureusement, quelques belles surprises ravissent au niveau des chanteurs réunis, comme toujours avec la troupe du Mariinski.

    La Tatiana de Yekaterina Goncharova séduit par un joli timbre et surtout par une grande musicalité et une grande intelligence même si cela manque parfois d’un peu de flamme et d’investissement scénique. On retrouve avec très grand plaisir Yekaterina Sergeyeva qui incarnait Pauline dans la Dame de pique il y a deux ans. La voix est toujours aussi belle (et puissante) et le chant chatoyant, le personnage est en outre très bellement campé, une réussite de plus à cette artiste très attachante. Son Lenski est campé un Evgueny Akhmedov idéal mais dont on regrette, comme dans les Cloches, le manque de puissance. Il reste toutefois d’autant plus touchant que le chant est impeccablement mené, valant un très beau deuxième tableau du II.

    Roman Burdenko affiche une voix somptueuse en Onéguine : puissante, large, richement timbrée, aux aigus faciles. Le chanteur est en outre intelligent et sait mener sa barque et ménager ses effets. Pour autant, avons-nous un Onéguine ? Nous avons eu un peu de mal à y croire, ce colosse faisant davantage penser au Prince Igor ou à un méchant qu’au dandy pétersbourgeois. Les seconds rôles révèlent de jolies surprises, des parfaites Olga Savova en Madame Larina et Elena Vitman en Niania au parfait et luxueux Grémine de Mikhaïl Petrenko, et le chœur est impeccable.

    Tout cela ne rend cependant pas le spectacle inoubliable et on a même, avec de telles forces musicales, une petite impression de gâchis. L’œuvre aurait été idéale dans le délicieux petit théâtre de Baden-Baden. Peut-être faudrait-il réfléchir, tel pendant le Festival de Pâques, à un Festival d’été un peu plus étiré dans le temps et variant les lieux selon les œuvres proposées ?




    Festpielhaus, Baden-Baden
    Le 23/07/2017
    Pierre-Emmanuel LEPHAY

    Eugène Onéguine de Tchaïkovski dans la mise en scène d’Alexeï Stepanyuk et sous la direction de Valery Gergiev au festival d’été de Baden-Baden 2017.
    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Eugène Onéguine, scènes lyriques en trois actes et sept tableaux (1877)
    Livret de Modest Tchaïkovski d’après Pouchkine

    Chœur et orchestre du Théâtre Mariinsky
    direction : Valery Gergiev
    mise en scène : Alexei Stepanyuk,
    décors : Alexander Orlov
    costumes : Irina Cherednikova
    éclairages : Alexander Sivaev
    préparation des chœurs : Andrei Petrenko

    Avec :
    Yekaterina Goncharova (Tatiana), Yekaterina Sergeyeva (Olga), Evgueny Akhmedov (Lenski), Roman Burdenko (Onéguine), Olga Savova (Madame Larina), Elena Vitman (la niania), Mikhail Petrenko (Grémine), Alexandre Gerasimov (un capitaine, Zareski), Andrei Zorin (Monsieur Triquet).

     



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