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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2017

Concert d’ouverture de saison de l’Orchestre de Paris sous la direction de Daniel Harding à la Philharmonie de Paris.

Sans tragique
© Julian Hargreaves

Pour ouvrir sa deuxième saison à la tête de l’Orchestre de Paris, Daniel Harding poursuit son intégrale Mahler avec la Symphonie n°6, dont le penchant tragique est renforcé par le couplage avec la Musique pour les Funérailles de la Reine Mary de Purcell, nettement plus exaltée que la seconde partie grâce au Chœur de l’Orchestre de Paris.
 

Philharmonie, Paris
Le 06/09/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Même s’il est le meilleur élève de Simon Rattle, il faudrait que Daniel Harding se trouve un style propre dans ses programmes, car dès ce premier concert de saison à la Philharmonie de Paris, son couplage rappelle par trop les propositions de son maître. Et il suffit de remonter à avril 2011 pour trouver à Berlin un concert de Rattle dans lequel une symphonie de Mahler (la Cinquième) suivait sans pause la Musique pour les Funérailles de la Reine Mary de Purcell.

    Pourtant, le modèle fonctionne aussi avec Harding et cette musique anglaise du XVIIe est superbement élevée grâce à un Chœur de l’Orchestre de Paris toujours aussi bien préparé par Lionel Sow. Trompettes et percussion abordent d’abord sans excès de pathos et avec un son moderne la Marche funèbre ; elles laisseront ensuite parler l’orgue en même temps que le chœur. Puis pendant la dernière partie purement orchestrale, une marche et ses coups de tambours conclusifs, le groupe de chanteurs s’écarte des deux côtés de la scène pour ne plus revenir, même aux saluts.

    Harding laisse à peine le temps d’une respiration que déjà il lance ses cordes pour attaquer la Symphonie n° 6 de Mahler, peut-être celle de l’Autrichien qu’il maîtrise le mieux. Lorsque Kirill Petrenko avait annulé cette Sixième avec les Berliner en 2014, Harding avait pris sa place. L’année suivante, il l’a dirigée et enregistrée avec le Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunk et en ce début septembre, il la donne dans la même période en tournée avec les Wiener Philharmoniker.

    En quelques années, sa vision de l’œuvre n’a pas changé et contre l’avis du regretté Henri-Louis de La Grange, il continue à suivre les préceptes de la fondation Gilbert Kaplan et place toujours l’Andante en deuxième position, sans tout à fait réussir à faire de ce mouvement de pause un grand moment de lyrisme ou de tristesse, même s’il laisse ressortir les plus belles sonorités de son ensemble parisien. L’Orchestre de Paris brille particulièrement dans les cuivres, des trombones aux neufs cors, celui de soutien servant surtout à décharger le cor solo.

    L’Allegro energico liminaire est comme toujours le mouvement le mieux réussi et le plus efficace sous la main de Harding, car la dynamique et la légèreté du geste s’accordent ici mieux qu’au Scherzo, dans lequel les cordes déjà évidemment touchées par la longueur de la partition doivent en plus dans ce sens enchaîner directement sur le Finale de plus d’une demi-heure.

    La direction ne cherche jamais la violence, et de tragique – le surnom de la symphonie – elle ne livre qu’une lecture au premier degré, sans chercher aucunement à développer les accents philosophiques d’un héros à la manière de Zarathoustra, auquel la partition a déjà été comparée. Dans ce premier mouvement, on apprécie la maîtrise orchestrale, comme cette gestion des pizz dans la première alternance majeur-mineur, puis l’apparition du thème d’Alma, en même temps qu’une très belle intégration d’un élément de percussion qui aura valeur de caricature ensuite : la première utilisation dans une œuvre classique de cloches de vaches.

    Daniel Harding ne traite pas le remords ni encore moins la brutalité du destin, et choisit donc logiquement deux coups de marteau dans le Finale, le premier surprenant un public alors confortablement installé dans son fauteuil. Le tuba comme le contrebasson ressortiront parfois quelque peu caricaturaux, mais jusqu’aux derniers instants le beau son demandé et déployé par l’Orchestre de Paris se propage de tout le groupe, particulièrement des deux harpes et de l’une des plus belles petites harmonies du monde. Suite de l’intégrale Mahler en février prochain, cette fois avec la Symphonie n° 9.




    Philharmonie, Paris
    Le 06/09/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Concert d’ouverture de saison de l’Orchestre de Paris sous la direction de Daniel Harding à la Philharmonie de Paris.
    Henry Purcell (1659-1695)
    Musique pour les Funérailles de la Reine Mary, Z. 860
    Chœur de l’Orchestre de Paris
    préparation : Lionel Sow
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 6 en la mineur « Tragique »
    Orchestre de Paris
    direction : Daniel Harding

     


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