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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2017

Reprise de la Veuve joyeuse de Lehár dans la mise en scène de Jorge Lavelli, sous la direction de Jakub Hrušá à l’Opéra de Paris.

Une Veuve assagie
© Guergana Damianova

Sous la direction du chef tchèque, Jakub Hrušá, la Veuve joyeuse de Franz Lehár, l’une des opérettes viennoises les plus jouées dans le monde, garde la séduction de ses inattendus fantaisistes. Mais à l’Opéra Bastille, l’équilibre des voix, de la musique et de la danse met un certain temps à se trouver dans une effervescence quelque peu éventée.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 09/09/2017
Claude HELLEU
 



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  • Débauche de frous-frous, de jambes levées, de jarretelles et jarretières affriolantes, de grands écarts stupéfiants – dont ceux d’un nouveau Valentin le Désossé au milieu de femmes en grappe et de danseurs brillamment acrobatiques, de rythme et d’entrain : le cancan final provoque enfin la jubilation espérée autour de cette Veuve joyeuse, l’opérette frivole, originale et polyglotte que Franz Lehár compose en 1905, alors que l’Empire austro-hongrois vit son déclin.

    Ses aléas ludiques se sont longtemps fait attendre. Sous la direction pesante de Jakub Hrušá, des forte uniformes réussissent à brouiller l’excellent Orchestre national de l’Opéra de Paris et couvrent les voix de chanteurs qui se montrent heureusement excellents acteurs. Jorge Lavelli a surveillé de près cette reprise de sa mise en scène créée en 1997 au Palais Garnier et dont les proportions devaient favoriser une chaleur qui manque ce soir au marivaudage où se mêlent si joliment désir et espiègleries.

    Sur l’immense scène nue de la Bastille, entourée de portes battantes permettant entrées et sorties rocambolesques, seuls les jeux de lumière transforment les lieux évoqués. De l’ambassade du Pontévédro à Paris au cabaret Maxim’s, apparitions et disparitions en coup de vent, simultanéité et surprises des rendez-vous ne circulent pas comme on l’attend, les énergies du corps et de la danse si présente par trop assagies dans un tourbillon quelque peu étiré.

    C’est celle-ci qui s’impose néanmoins au fil des embrouilles sentimentales vécues en cascades de mondanités. Un style viennois, slave et français entrelace polkas, mazurkas, polonaises, marches et folklore russo-pontévédrin, soutient les intrigues. Les chorégraphies de Laurence Fanon nous valent quelques grands moments, dont les acrobaties de danseurs pris parmi l’armada des soupirants de la richissime Hanna Glawari, veuve pontévédrine aux vingt millions ardemment convoités. Toujours drôlement ridiculisés, ces grands bourgeois s’opposent aux grisettes de même caricaturées. Plaisirs visuels d’une grande diversité assurés, sourires et quelques rires à l’ironie des bavardages mise en valeur par Lavelli.

    L‘écoute musicale est plus réservée. Véronique Gens, alias Hanna, demeure un peu en-deçà de l’envergure réclamée par son rôle. L’air de son entrée ne personnalise pas les défis amusés que lui souffle la conscience de sa situation. La chanson populaire qu’elle offre à ses invités au début du II se contente d’être charmeuse, alors que la danse populaire qui l’accompagne se double d’un vrai trouble. La nostalgie amoureuse lui convient mieux, face au Comte Danilo, autre diplomate en poste à Paris plus souvent dans l’intimité des grisettes de Chez Maxim’s. Thomas Hampson prête à ce jouisseur un tempérament adapté à toutes les situations, l’aisance communicative du baryton américain s’appuyant sur la même aisance vocale.

    La célèbre valse du couple qui s’enlace et la danse, presque immobile, enfin silencieux, marque un tournant à l’orchestre. Le phrasé des cordes impose son émotion. Les couleurs de la musique nuanceront mieux désormais un climat où s’unifient le chant, la parole et la danse, ce langage des corps qu’elle suggère. Franck Leguérinel incarne avec justesse un ambassadeur intrigant, un époux confiant.

    Sa femme est la grande soprano de la soirée. Valentina Nafornita, ravissante dans sa robe blanche, répond d’une voix joliment timbrée aux avances d’un certain Camille, Stephen Costello. Le lyrisme du ténor impose une belle assurance vocale, entraînant parfois un certain déséquilibre autour de lui. Excellente participation de la multitude des seconds rôles, en tête desquels Siegfried Jerusalem dans celui de Njegus, le factotum de l’ambassadeur.

    Sans atteindre l'exultation, quiproquos et déclarations nous mènent enfin à la fête qui conclut le spectacle dans une atmosphère délirante.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 09/09/2017
    Claude HELLEU

    Reprise de la Veuve joyeuse de Lehár dans la mise en scène de Jorge Lavelli, sous la direction de Jakub Hrušá à l’Opéra de Paris.
    Franz Lehár (1870 1948)
    Die lustige Witve, opérette en trois actes
    Livret de Victor Léon et Leo Stein d’après l’Attaché d’ambassade de Henri Meilhac

    Chœurs et Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Jakub Hrůša
    mise en scène : Jorge Lavelli
    décors : Antonio Lagarto
    costumes Francesco Zito
    éclairages : Dominique Bruguière
    chorégraphie : Laurence Fanon
    préparation des chœurs : José Luis Basso

    Avec :
    Franck Leguérinel (Graf Mirko Zeta), Valentina Naforniţa (Valencienne), Thomas Hampson (Graf Danilo), Véronique Gens (Hanna Glawari), Stephen Costello (Camille de Rosillon), Alexandre Duhamel (Vicomte Cascada), Karl Michael Elbner (Raoule de Sainte Brioche), Peter Bording (Bodganovitch), Anja Schlosser (Sylviane), Michael Kranebitter (Kromow), Edna Prochnik (Olga), Julian Arsenault (Pritschitsch), Yvonne Wiedstruk (Praskowia), Siegfried Jerusalem (Njegus), Esthel Durand (Lol), Isabelle Escalier (Dodo), Sylvie Delaunay (Jou-Jou), Virginia Leva Poncet (Frou-Frou), Ghislaine Roux (Clo-Clo), Marie Cécile Chevassus (Margot).

     



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