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CRITIQUES DE CONCERTS 15 décembre 2017

Fin du cycle des symphonies de Bruckner par la Staatskapelle Berlin sous la direction de Daniel Barenboïm à la Philharmonie de Paris.

Bruckner dans l’effet
© A. du Parc

Suite et fin de l’intégrale des symphonies numérotées de Bruckner par Daniel Barenboïm à la Philharmonie de Paris. Le chef et son orchestre berlinois donnent en ce début de saison la Huitième et la Neuvième, plus le Concerto pour piano n° 23 de Mozart. Bourrée d’effets, la pénultième déçoit quand l’inachevée convainc sans passionner ni surprendre.
 

Philharmonie, Paris
Le 10/09/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Daniel Barenboïm achève son cycle des symphonies de Bruckner, et s’il est le seul à posséder un tel son aujourd’hui pour le maître de Saint-Florian, le résultat laisse circonspect, surtout dans une Huitième où le fantôme déformé de Furtwängler est plus que jamais présent. Cette remarque déjà formulée pour la Symphonie n° 5 et sensible également dans la Quatrième et la Septième est encore plus flagrante dans la partition en ut mineur, où en plus de choisir évidemment l’édition Haas de 1939 comme son mentor, (alors que de plus en plus de chefs optent pour la plus grande rigueur musicologique de Nowak), Barenboïm cherche son aîné à coups de tics.

    Comment comprendre les accélérations et la violence des crescendi du premier mouvement ou la lenteur maniériste de sa coda si ce n’est en comparant ce que tente de reproduire le chef par rapport à la magie de l’enregistrement de 1949 du maître allemand ? Le Scherzo ne passionne pas plus, trop froid et sans souplesse pour conduire à l’idée de danse populaire pourtant demandée par Bruckner. Mais surtout, c’est dans l’Adagio que le bât blesse, car le délié demandé aux musiciens et les tentatives de ruptures ou le contrôle absolu de l’orchestre cassent toute possibilité d’élévation.

    Pour exemple, alors que le chef s’occupe de ses premiers violons dans le développement du deuxième thème juste après sa réexposition, altos et seconds violons laissés seuls font ressortir pendant quelques secondes une superbe expressivité. Barenboïm s’en rend compte, et au lieu de laisser faire ou de s’en servir, il pivote à cent quatre-vingts degrés vers ces deux groupes et casse immédiatement le geste ample qu’ils avaient trouvé.

    Évidemment, la Staatskapelle Berlin garde une sonorité fantastique, l’une des plus belles au monde, même si face aux exemples récents de de la Staatskapelle de Dresde ou de la Philharmonie de Vienne, on reste sur notre faim, sauf avec le premier cor solo, encore supérieur le lendemain dans la Neuvième. Cette ultime partition, jouée bien entendu dans sa mouture inachevée en trois mouvements et comme toujours avec Barenboïm dans la seconde édition Nowak, se montre cette fois beaucoup mieux soutenue sous une baguette nettement plus expressive que la veille.

    Nerveux et tranchant, le Scherzo suit un Feierlich au son plein, porté par de magnifiques cordes, sans pour autant jamais trouver le caractère Misterioso demandé. L’Adagio tient grâce à la qualité de l’orchestre, mais pour ne comparer qu’avec les deux dernières exécutions entendues à la Philharmonie de Paris, sous les baguettes d’Inbal et Haitink, sans même parler de Blomstedt, le caractère émotionnel n’est aujourd’hui jamais au même niveau.

    Auparavant dans ce second concert, Barenboïm avait mis à profit ses talents de pianiste dans le Concerto n° 23 de Mozart. Sans chercher pour une fois à recomposer lui-même la cadence du premier mouvement, il livre une lecture propre, assez peu nuancée mais avec ici aussi un son qu’il est l’un des derniers à posséder dans Mozart, tant à l’orchestre qu’au piano.

    La première phrase de l’Allegro laisse présager une belle énergie, vite ternie dès la suivante et coupée dans l’élan par le fait que le chef doive s’asseoir pour devenir avant tout pianiste pour la suite de la pièce. L’Adagio trouve une atmosphère reposée sans pour autant toucher profondément, quand le Finale démarre trop lentement et ne se redynamise qu’à deux instants.

    Rien ne démérite dans ces deux concerts, mais à l’inverse de certains artistes qui en prenant de l’âge commencent à tutoyer le ciel et les étoiles, Daniel Barenboïm semble sur une pente à risque où chaque nouveau concert captive moins que le précédent.




    Philharmonie, Paris
    Le 10/09/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Fin du cycle des symphonies de Bruckner par la Staatskapelle Berlin sous la direction de Daniel Barenboïm à la Philharmonie de Paris.
    9 septembre :
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n°8 en ut mineur
    Version 1890, édition Robert Haas (1939)
    10 septembre :
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano n° 23 en la majeur KV 488
    Anton Bruckner (1824-1896)
    Symphonie n°9 en ré mineur
    Édition Leopold Nowak
    Staatskapelle Berlin
    direction (et piano) : Daniel Barenboïm

     


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