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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2017

Première au Liceu de Barcelone du Viaggio a Reims de Rossini dans la mise en scène d’Emilio Sagi, sous la direction de Giacomo Sagripanti.

Il Viaggio a Barcelona
© A. Bofill

Recréé par Abbado au Festival de Pesaro en 1984, Il Viaggio a Reims a retrouvé les planches du festival rossinien en 2014 et 2015 dans une nouvelle production d’Emilio Sagi, maintenant donnée au Liceu de Barcelone avec une distribution nettement plus luxueuse soutenue par la fantastique direction du jeune Giacomo Sagripanti.
 

Gran Teatre del Liceu, Barcelone
Le 19/09/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Dernier opéra en italien de Rossini, Il Viaggio a Reims ne devait être joué qu’un unique soir au Théâtre italien de Paris le 19 juin 1825 pour le couronnement de Charles X, mais sera finalement repris trois fois de plus la même année. À partir de là, Rossini ne composera plus qu’en français et réutilisera une bonne partie du matériel du Voyage dans son opéra suivant, le Comte Ory, aux dépens du précédent, certaines pages originales ayant de fait été détruites. Heureusement, de nombreuses sources ont réapparu à la fin des années 1970 et ont permis une résurrection, mais la pièce nécessite une distribution de grande qualité pour être valable.

    Une distribution de rossiniens, c’est le pari qu’a réussi la grande salle du Liceu de Barcelone, coproducteur avec Madrid et Pesaro de la mise en scène simple mais efficace d’Emilio Sagi. Le décor tient sur des tréteaux pour surélever le plateau à l’avant-scène, et de l’hôtel thermal du livret il est toujours question, même si l’action est transposée à notre époque. L’idée tient donc sur une rangée de transats face à la scène, quand les costumes de Pepa Ojanguren alternent peignoirs, maillots de bain puis vêtements de gala pour les derniers numéros. En arrière-scène, un fond bleu à la lumière travaillée (Eduardo Bravo) rappelle la création et ses effets aquatiques réalisés à l’époque grâce aux reflets sur un bassin.

    Simple mais efficace et parée d’une dramaturgie active et précise amenant selon l’occasion aux pleurs ou au rire, cette production a en plus le mérite d’être peu onéreuse et laisse donc du budget pour distribuer les meilleurs chanteurs possibles. On commencera donc par évoquer le rôle principal, celui de Corinna, porté par une Irina Lungu très attachante, même si sa première intervention laisse encore apparaître une voix tiède et la dernière une certaine fatigue. Ses deux airs accompagnés à la harpe font partie des plus beaux moments du spectacle.

    Le reste de la distribution est encore supérieur, et même si la couleur manque au Gran Pezzo Concertato à quatorze voix juste avant la pause, le premier sextuor est une merveille de mise en place et de dynamique, notamment grâce à la fosse. Le chœur est en revanche occulté ici au profit des solistes, omniprésents pour les scènes de groupe, renforçant l’effet de communauté voulu par la mise en scène. Chez les femmes, on appréciera la jeunesse et la fraîcheur de Sabina Puértolas (Contessa de Folleville) et surtout le timbre et la tenue du magnifique premier air de Ruth Iniesta (Madama Cortese), quand Maite Beaumont tient une belle Malibea.

    Chez les hommes, on profitera avant tout de Lawrence Brownlee (Conte di Libenskof), toujours aussi amusant dans sa façon de sautiller pour s’aider à vocaliser. Le contre-ut est atteint mais lâché rapidement, de la même manière que les aigus de Corinna sont également touchés sans être jamais prolongés. Alessio Cacciamani campe un Don Prudenzio aux superbes graves, évidemment plus profonds que ceux du baryton Roberto Tagliavini (Lord Sidney), cependant très à l’aise dans le bel canto rossinien. Même s’il est plus en difficulté sur le souffle, Pietro Spagnioli est un bon Don Profondo face au très beau Cavalier Belfiore de Taylor Stayton, ténor au timbre et à la technique très différents de Brownlee mais franchement convaincant ce soir.

    Enfin et surtout, la qualité de cette représentation doit énormément au jeune chef italien Giacomo Sagripanti, déjà passionnant dans le Barbier à Paris et Cenerentola à Munich. À Barcelone, l’orchestre présente une véritable ductilité dans ses cordes et magnifie les parties de premiers violons. Les cuivres déçoivent plus, premier cor comme trombone, quand dans la petite harmonie la flûte surpasse tout le reste, surtout dans son grand solo de très haute allure. Mais surtout, c’est la technique du chef qui fascine, tant par le contrôle du plateau que par la finesse et l’intelligence apportées à cette partition, où seul le manque de dynamique perturbe la fin du Gran Pezzo et conduit à une battue plus nerveuse au retour d’entracte. Si l’œuvre est quasiment exclusive aux soirées de Gala, celle-ci en était une !




    Gran Teatre del Liceu, Barcelone
    Le 19/09/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Première au Liceu de Barcelone du Viaggio a Reims de Rossini dans la mise en scène d’Emilio Sagi, sous la direction de Giacomo Sagripanti.
    Gioachino Rossini (1792-1868)
    Il Viaggio a Reims, dramma giocoso en un acte
    Livret de Luigi Balocchi

    Orquestra Simfònica del Gran Teatre del Liceu
    direction : Giacomo Sagripanti
    mise en scène & décors : Emilio Sagi
    costumes : Pepa Ojanguren
    éclairages : Eduardo Bravo

    Avec : Irina Lungu (Corinna), Maite Beaumont (Marchesa Melibea), Sabina Puértolas (Contessa de Folleville), Ruth Iniesta (Madama Cortese), Taylor Stayton (Cavalier Belfiore), Lawrence Brownlee (Conte di Libenskof), Roberto Tagliavini (Lord Sidney), Pietro Spagnioli (Don Profondo), Carlos Chausson (Barone di Trombonok), Manel Esteve (Don Alvaro), Alessio Cacciamani (Don Prudenzio), Jorge Franco (Don Luigino), Paula Sánchez-Valverde (Delia), Marzia Marzo (Maddalena), Tamara Gura (Modestina), Beñat Egiarte (Zefirino/Gelsomino), Carles Pachón (Antonio).
     



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