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CRITIQUES DE CONCERTS 20 août 2018

Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Lahav Shani, avec la participation du violoncelliste Edgard Moreau à la Philharmonie de Paris.

Jeunesse surdouée
© Marco Borggreve

Aucun des deux n’a trente ans. Mais à vingt-huit ans, le chef israélien Lahav Shani et le violoncelliste Edgard Moreau, qui n’en a que vingt-trois, ont donné à la Philharmonie un époustouflant concert russe dévolu à Prokofiev, Chostakovitch et Tchaïkovski avec un Orchestre de Paris brillantissime, qui fêtera prochainement son cinquantième anniversaire.
 

Philharmonie, Paris
Le 20/09/2017
Gérard MANNONI
 



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  • Bientôt cinquantenaire, ce qui est presque la jeunesse pour une grande formation symphonique, l’Orchestre de Paris, remarquable d’éclat et d’investissement, dans une Philharmonie comble comme à chaque concert, accueillait deux musiciens d’exception pour un programme de musique russe.

    Peu connu chez nous, Lahav Shani sera dès la saison prochaine premier chef invité de l’Orchestre symphonique de Vienne et chef principal du Philharmonique de Rotterdam l’année suivante. Nul ne s’en étonnera en écoutant la manière dont il dirige ce concert qui commence par l’ouverture de Guerre et Paix de Prokofiev, poursuit avec le Premier concerto pour violoncelle de Chostakovitch et s’achève avec la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski.

    De Prokofiev, il met en valeur la complexité de cette brillante page orchestrale annonciatrice d’un opéra surdimensionné, riche de thèmes affectifs et politiques. En le présentant en concert salle Pleyel un soir, Rostropovitch annonçait : « Vous connaissez le monstre du Lochness. Je vais vous faire entendre un Opéra monstre… mais ne partez pas avant la fin ! ». L’ouverture est tonique, débordante de rythmes et de couleurs, avec des chatoiements si particuliers à Prokofiev. Chef et orchestre maîtrisent de façon exemplaire cette écriture complexe, dans un juste équilibre entre enthousiasme militaire, esprit de conquête, patriotisme et analyse psychologique des sentiments, tout cela suggéré ou effleuré, mais bien présent.

    Du Concerto pour violoncelle n° 1 en ut mineur de Chostakovitch, plus que l’approche orchestrale de Lahav Shani, c’est bien évidemment Edgard Moreau et son violoncelle qui engendrent un extraordinaire moment de musique pure, absolue, d’une qualité instrumentale rare : le son d’abord, à la fois riche et subtil, la maîtrise du vibrato, celle du phrasé, l’intelligence de l’accentuation et un deuxième mouvement absolument miraculeux de luminosité, de sonorités épurées, entre ciel et terre. Instinct, maturité précoce, sensibilité et capacité d’analyse, Edgard Moreau possède tout, avec ce don supplémentaire qui est celui des grands violoncellistes, un son personnel, qui s’impose dans l’instant et vous reste en mémoire longtemps après.

    Comme relevant un défi, Lahav Shani donne ensuite une fascinante lecture de la Sixième Symphonie de Tchaïkovski, changement total d’univers. Il a su traiter avec beaucoup d’astuce tout ce que ces pages contiennent de quasi auto citations de la part du compositeur. Nous sommes parfois à deux pas de la Belle au bois dormant ou de Casse-Noisette avant de sombrer dans les angoisses ataviques de la Dame de pique ou d’Eugène Onéguine.

    Les cuivres de l’Orchestre resplendissent, la petite harmonie est superbe de musicalité raffinée, distillant sonorité sombres et nostalgiques ou éclairs dorés avec un art consommé. Dans la direction, il y a ce qu’il faut d’emportement, d’abandon aux tourments intérieurs du monde bouillonnant de Tchaïkovski, mais en gardant une grande clarté de vision globale pour mettre en valeur les splendeurs d’une orchestration magistrale. L’Orchestre de Paris et tous ses pupitres répondent à ces propositions avec un engagement de chaque seconde. Un très beau moment d’émotion orchestrale et qui laisse présager beaucoup de la carrière encore jeune de ce chef.




    Philharmonie, Paris
    Le 20/09/2017
    Gérard MANNONI

    Concert de l’Orchestre de Paris sous la direction de Lahav Shani, avec la participation du violoncelliste Edgard Moreau à la Philharmonie de Paris.
    Sergueï Prokofiev (1891-1953)
    Guerre et Paix, ouverture op. 91
    Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
    Concerto pour violoncelle n° 1 en mib majeur op. 107
    Edgard Moreau, violoncelle
    Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Symphonie n° 6 en si mineur op. 74 « Pathétique »
    Orchestre de Paris
    direction : Lahav Shani

     


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