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CRITIQUES DE CONCERTS 22 octobre 2017

Version de concert de Falstaff de Verdi sous la direction de Daniel Harding à la Philharmonie de Paris.

Tous cocus à Paris

En version de concert à la Philharmonie de Paris un mois seulement avant que l’Opéra ne reprenne l’ouvrage, Daniel Harding développe un Falstaff tout en subtilité et donne à profiter des détails de la partition grâce à un Orchestre de Paris en grande formation. Au-dessus d’une distribution quasi idéale trône toujours le rôle-titre d’Ambrogio Maestri.
 

Philharmonie, Paris
Le 29/09/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Difficile de remplir intégralement une Philharmonie de Paris dont la scène est au centre pour un ouvrage chanté, surtout quand même de face, placé au milieu du premier balcon, il apparait évident que le point faible de cette acoustique se fait sentir lorsqu’il y a des voix, pour cause principale une trop longue réverbération du son, si appréciée pourtant lors des grands concerts symphoniques. D’autant que pour ce Falstaff en version concertante, tous à quelques exceptions près chantent derrière l’orchestre, et de la même façon que l’on juge autrement d’un Lohengrin à Bastille qu’à Bayreuth, on jugera différemment de Verdi à Paris qu’à Milan.

    Milan et son célèbre Teatro alla Scala, c’est justement là que l’on a entendu la dernière fois Daniel Harding dans l’œuvre, en 2013, alors qu’il dirigeait l’excellente et divertissante mise en scène de Robert Carsen. Et déjà nous avions été surpris par le discours du chef anglais dans cette œuvre, celui à qui nous reprochons souvent trop de distance face aux partitions, et qui pourtant semble une fois encore ici très attaché au dernier opéra de Verdi, écrit sur un livret de Boïto d’après Shakespeare.

    Le sentiment de finesse d’exposé est total ce vendredi soir sur la scène de la Villette face à la superbe de l’Orchestre de Paris, sublime même dans les interventions du cor solo et plus encore du cor anglais. En formation symphonique avec douze premiers violons, l’ensemble laisse profiter des masses et se distinguer des passages rarement relevés, comme les répétitions de certains leitmotive aux altos, ou encore se démarquer le cimbasso, dont la sonorité spécifique est habituellement effacée par les autres trombones.

    Derrière l’orchestre, le drame se trame avec une belle mise en espace, et si le décor s’arrête à trois chaises, les acteurs jouent cependant autant qu’ils chantent, si tant est que l’on peut considérer qu’Ambrogio Maestri joue encore Falstaff, tant il est Falstaff ! Gros et gras comme le veut le personnage, il joue de son physique de géant pour parfaire scéniquement et vocalement le célèbre cocu de Windsor. À la fin du II, même caché sous les belles robes de ses fausses maîtresses, il fait rire toujours par ses interventions.

    Christopher Maltman campe un Ford impressionnant, dont les accents anglais s’accordent à ceux de la direction. Son air E sogno ? O realtà ? est débuté un peu en force, mais cette voix pleine et charismatique finit par le rendre explosif. Andrew Staples, lui aussi de style anglais, notamment dans la diction, joue un beau Fenton, amant ravissant de timbre face à une magnifique Nanetta, Lisette Oropesa dont c’est l’anniversaire, comme nous le rappelleront chef et orchestre par un long Happy Birthday to you ! après les applaudissements.

    Autant qu’en Gilda sur la scène de Bastille en juin dernier, la tenue du souffle impressionne, et si l’aigu manque encore de brillance, les sons filés jusqu’à des piani très contrôlés lorsqu’elle prend le rôle de la Reine des fées au III sont incroyables. Également de très haute tenue, Barbara Frittoli campe une Alice pleine de grâce, au timbre très différencié de la Meg Page plus espiègle de Laura Polverelli. Teresa Iervolino attire en Mrs Quickly avec un médium ample tandis que chez les hommes on préfère le Bardolfo de Kevin Conners au Pistola pourtant cocasse et plus italien de Mario Luperi.

    Riccardo Botta tient un Dr Cajus de bon aloi, bien énervé à la première scène, tandis que le Chœur de l’Orchestre de Paris est toujours aussi convaincant sous la direction de Lionel Sow, parfait pour appuyer les dix chanteurs en arrière-scène au dernier tableau. L’Opéra de Paris devra briller dans la reprise de l’ouvrage à la fin d’octobre pour dépasser le niveau de cette soirée !




    Philharmonie, Paris
    Le 29/09/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Version de concert de Falstaff de Verdi sous la direction de Daniel Harding à la Philharmonie de Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Falstaff, commedia lirica en trois actes (1890)
    Livret d’Arrigo Boïto d’après les Joyeuses Commères de Windsor et King Henry IV de Shakespeare

    Ambrogio Maestri (Falstaff)
    Christopher Maltman (Ford)
    Andrew Staples (Fenton)
    Riccardo Botta (Dr Cajus)
    Kevin Conners (Bardolfo)
    Mario Luperi (Pistola)
    Barbara Frittoli (Mrs Alice Ford)
    Teresa Iervolino (Mrs Quickly)
    Lisette Oropesa (Nanetta)
    Laura Polverelli (Meg Page)
    Chœur de l’Orchestre de Paris
    préparation : Lionel Sow
    Orchestre de Paris
    direction : Daniel Harding

     


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