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CRITIQUES DE CONCERTS 18 novembre 2018

Récital de Maurizio Pollini à la Philharmonie de Paris.

Pollini en maître
© Cesare Filippini

D’une incroyable vivacité, Maurizio Pollini offre pendant plus d’une heure trente un récital Schumann-Chopin auquel il ajoute deux bis, de Chopin encore, en fin de concert. Si les idées prennent parfois le pas sur le doigté, il n’en reste pas moins impossible d’entendre sous d’autres mains une telle sonorité et un tel exposé. Merveilleuse soirée.
 

Philharmonie, Paris
Le 09/10/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Maurizio Pollini est toujours entré sur scène avec l’idée fixe de rejoindre au plus vite le piano par le chemin le plus court, mais ce lundi soir à la Philharmonie de Paris, on croirait presque qu’il court tant il se jette vers le Steinway, ou plutôt son Steinway, puisque comme toujours, il n’utilise pas l’un des cinq instruments possédés par la salle, mais bien le sien, signé sur le bois en lettres d’or.

    À peine assis, il débute l’Arabesque de Schumann tout aussi pressé qu’il est entré, au risque de laisser la tête parler plus vite que les poignets, et de ripper tantôt sur le clavier, tantôt sur la pédale forte, sans que cela ne dérange un seul instant, tant il serait incongru d’attendre de la part de ce génie une quelconque virtuosité gratuite. Cela est d’autant plus vrai que l’œuvre fait dès son refrain introductif entendre trois voix, qui deviennent ici parfaitement discernables tout en étant agencées dans le plus grand raffinement et le plus grand soin. La marche est plus complexe pour le pianiste car elle nécessite plus de tenue sur la main gauche, mais la conclusion possède une grâce incroyable.

    Quelques applaudissements nourris et les Kreisleriana sont enchaînés. Là encore la vitesse étonne, comme si Pollini avait décidé d’avancer vite avec un but précis à l’arrivée. Si l’ouvrage d’après le corpus de nouvelles de Hoffmann est dédié à Chopin et composé avec en tête Clara Wieck, ce caractère devait être Extrêmement agité, comme le laisse paraître la première des huit pièces sous les doigts de l’Italien, qui s’emmêle encore légèrement dans l’Intermezzo de la deuxième, après avoir livré un passage pour lequel Très intime est presque un euphémisme. Il conclut cette partie en utilisant cette fois la pédale de gauche à chaque fin de phrase pour amplifier les accords graves ; le reste de l’œuvre fascine autant, surtout dans les parties calmes.

    L’entracte passé, on quitte Schumann pour un autre compositeur romantique né la même année, le Polonais naturalisé français Frédéric Chopin, dont Pollini joue d’abord le premier des deux Nocturnes op. 55, le quinzième du cycle complet, dédicacé à l’élève Jane Stirling. L’énoncé du premier thème de l’Andante est d’une douceur inouïe jamais dérangée par le moindre excès de pathos ou de virtuosité, mais seulement d’une simple volupté, avec de superbes relents de tristesse.

    La démarcation avec le second nocturne se fait à peine sentir et le changement de tonalité pour mib majeur glisse dans des couleurs aquatiques à la manière d’une pièce debussyste, avec seulement un long appui pour laisser traîner le dernier accord dans la large réverbération de la Philharmonie.

    La Sonate n° 3 présente dès l’Allegro maestoso un accroc sur la première note, mais tout de suite après un indescriptible doigté, qui rééquilibre la prééminence de la main droite sur la gauche, ici avec une autonomie loin d’un élémentaire accompagnement. Le second thème est ensuite une pure merveille d’austérité et de mélancolie, sensations ressenties également dans le Largo, presque joué comme du Bach tant le romantisme en est ôté pour ne délivrer que la plus pure intégrité de la musique.

    Comme si le programme n’était assez copieux, l’Italien se rassied après des saluts triomphaux et propose à nouveau Chopin, avec un Scherzo n° 3 magnifié sous des doigts d’une incroyable agilité, puis une Première Ballade d’une fabuleuse dextérité. Un grand concert d’un grand monstre sacré !




    Philharmonie, Paris
    Le 09/10/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Récital de Maurizio Pollini à la Philharmonie de Paris.
    Robert Schumann (1810-1846)
    Arabesque op. 18
    Kreisleriana op. 16
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Deux Nocturnes op. 55
    Sonate pour piano n° 3 en si mineur op. 58
    Maurizio Pollini, piano

     


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