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CRITIQUES DE CONCERTS 19 février 2018

Récital de Renée Fleming accompagnée au piano par Hartmut Höll dans le cadre des Productions Albert Sarfati au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Prima la musica
© Andrew Eccles

Incroyable est cette voix. Avec un timbre unique, d’un grave magnifique à un aigu somptueux, Renée Fleming chante comme elle respire. Dans le cadre des productions Sarfati, accompagnée du pianiste Hartmut Höll, partenaire idéalement présent, la célèbre soprano a enchanté le TCE dans un répertoire de Lieder et romances aussi beaux que variés.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 10/10/2017
Claude HELLEU
 



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  • Renée Fleming entre sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées, un délire d’applaudissements l’accueille, Hartmut Höll prend place au piano et l’enchantement commence. La voix est si belle, la femme si séduisante... L’aisance, le naturel rayonnent comme s’enchaînent les climats plus ou moins gais ou mélancoliques et toujours souriants des lieder et romances de Brahms que les deux partenaires nous offrent.

    Ständchen, Die Mainacht, Mondnacht ont même charme que la chanson populaire Da unten im Tale. Les chants enivrés de Meine Liebe ist grün gardent une sorte d’innocence délicieuse. La Berceuse extraite des Cinq Lieder op. 49 prolonge l’intimisme des évocations précédentes. Sans cesser d’être émouvante, l’inspiration brahmsienne s’uniformise en une succession de moments pleins de charme.

    Privilégiant la noblesse mélodique chère à Brahms, le timbre somptueux s’épanouit en crescendos un peu trop semblables, également admirables, mais occulte certaines syllabes, évanouies dans la puissance retombée. Servante de la musique, la poésie perd de son impact et la sensibilité de chaque chant s’en ressent. Secondaires sont les mots et leur compréhension et par suite les messages du compositeur. L’alliance du verbe et du son privilégie la transcendance des notes aériennes, des aigus ronds, pleins, souples, des médiums chaleureux, des tenues infinies. Cette prééminence de la mélodie vocale en banalise les émotions.

    Cependant au piano, partenaire idéal, Hartmut Höll personnalise, souligne leur humeur sans jamais cesser d’accompagner la grande soprano dont il est devenu un complice idéalement présent. Les percutants dialogues des quatre couplets de Vergebliches Ständchen concluent gaîment mais sans truculence cette palette de choix d’un art musical allemand qui pour être plein de pudeur n’en mérite pas moins un engagement dont l’expressivité gagnerait à se diversifier davantage.

    Changement de climat plus théorique que sensible avec trois compositeurs français. C’est Thaïs, l’idole fragile de Jules Massenet, gentiment provocante, Mandoline et Clair de lune de Gabriel Fauré, joliment galantes mais amputées de Verlaine, Soirée en mer de Camille Saint-Saëns sans Victor Hugo, ces quatre moments se nuancent avec délicatesse en l’absence de textes. Oscar Strauss dynamise la fin de cette première partie. Je t’aime quand même, s’amuse Renée Fleming, éprise, conquise, ni soumise, ni craintive, jubilante.

    Après l’entracte, les caractères s’affirment. Josef Canteloube en est le premier bénéficiaire. Extraits des Chants d’Auvergne, une certaine truculence du Malheureux qui a une femme amuse, le chant du Baïlèro dit la joie. Tout est grâce et divertissement au cœur de cette voix pure et chaude dont les couleurs ne cessent de ravir. Celles de ses basses révèlent leurs profondeurs dans les extraits de Sechs lieder nach Eichendorff d’Egon Kornauth. Renée Fleming en épouse les rêves, graves, mélancoliques, apaisés. Lockung, Treue, Nachklänge 1, Waldeinsamkeit s’enchaînent, irisés de sonorités nouvelles.

    L’apothéose de ce récital revient aux deux airs d’Ariane à Naxos de Richard Strauss. Morte ou vivante, douloureusement seule, son bonheur de chanter si splendidement triomphe de tout autre sentiment.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 10/10/2017
    Claude HELLEU

    Récital de Renée Fleming accompagnée au piano par Hartmut Höll dans le cadre des Productions Albert Sarfati au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Brahms, Massenet, Fauré, Saint-Saëns, O. Strauss, Canteloube, Kornauth, R. Strauss
    Renée Fleming, soprano
    Hartmut Höll, piano

     


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