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CRITIQUES DE CONCERTS 22 novembre 2017

Sixième Symphonie de Mahler par le Cleveland Orchestra sous la direction de Franz Welser-Möst à la Philharmonie de Paris.

Mahler sans histoire
© Roger Mastroianni

Seconde Sixième Symphonie de Mahler de la saison à la Philharmonie de Paris, celle de Franz Welser-Möst présente par rapport à la proposition de Daniel Harding un orchestre plus familier au compositeur, ainsi qu’une battue plus nette et plus nerveuse, pour un rendu encore une fois plus efficace qu’émotionnel, comme on pouvait s’y attendre avec le chef autrichien.
 

Philharmonie, Paris
Le 16/10/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Il y a deux ans, Franz-Welser Möst en tournée avec son Cleveland Orchestra proposait une Symphonie n° 3 de Mahler. Il revient en France en 2017 avec cette fois la Sixième, et si l’on pouvait reprocher le manque d’émotion de la Troisième, il serait injuste de refaire partie du public cette fois pour répéter les mêmes opprobres, surtout après une Neuvième bien faite à Salzbourg en avril dernier avec la Staatskapelle Dresden.

    Évidemment, oublions tout de suite la vision tellurique de l’ouvrage, le rapport au héros et comme presque toujours aujourd’hui, intégrons immédiatement deux biais : il n’y aura que deux coups de marteau au Finale et le Scherzo sera joué en troisième position, cette inversion avec l’Andante faisant moins de ce mouvement un temps de repos que lorsqu’il est placé après les deux parties de déferlements orchestraux.

    Dès l’attaque staccato des basses, l’Allegro energico présente des cordes graves particulièrement adaptées à un discours nerveux au son plein, pour autant jamais trop surfait ni trop compact. Il faut préciser que Welser-Möst possède pour l’occasion une formation pléthorique renforcée comme le souhaitait Pierre Boulez avant lui. Il n’y a pas huit mais neuf contrebasses, autant de cors avec un musicien en soutien, et les violoncelles sont onze, soit étonnamment le même nombre que les altos, en sous-effectifs par rapport au trente-quatre violons – quatre de plus qu’en formation classique. Évidemment avec un tel effectif, laisser une ligne secondaire parfaitement perceptible, comme lors des dernières minutes de ce premier mouvement avec les contrebasses, devient parfaitement possible.

    Surtout, la battue très précise du chef n’autorise aucun écart et protège les musiciens qui donnent alors tout simplement le meilleur d’eux-mêmes dans la concentration et la beauté des sonorités, avec pour exemple un cor incroyable, quand ce groupe au complet montre tout de même quelques écarts, dépassés à deux reprises par les erreurs des trompettes. Le mouvement lent suis le tempo modéré de la direction et ne recherche aucun pathos, l’avantage étant que l’on ne tombe jamais non plus dans un geste trop épais ; la musique s’épanouit alors d’elle-même.

    Particulièrement bien intégrées, les cloches de vaches s’affichent aussi bien en coulisse que sur scène, alors qu’un instrument prend trop de place, le célesta souvent trop perceptible et martelé froidement, tandis que les deux harpes présentent l’effet inverse avec une restitution tout en finesse de leurs parties. Le Scherzo montre déjà une sensation de fatigue de certains musiciens, cependant moins évidente qu’avec l’Orchestre de Paris un mois plus tôt. Le dernier mouvement forme donc un bloc dynamique toujours en mouvement, relativement nerveux mais là aussi avec moins de puissance dans les individualités qu’au commencement, et ce malgré toujours de superbes sonorités, notamment dans ce qui émane des bois, clarinette basse et bassons en tête, une flûte de grande qualité laissant parfois trop de place au piccolo.

    Deux coups de marteau bien massifs annoncent que l’on approche de la fin, avec des percussions en ordre de bataille jusqu’à la dernière intervention, et un superbe dernier pizzicato de la part des cordes, pour conclure de la meilleure des manières une interprétation de qualité, mais sans tragique, de la Sixième Symphonie de Mahler.




    Philharmonie, Paris
    Le 16/10/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Sixième Symphonie de Mahler par le Cleveland Orchestra sous la direction de Franz Welser-Möst à la Philharmonie de Paris.
    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n° 6 « Tragique »
    The Cleveland Orchestra
    direction : Franz Welser-Möst

     


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