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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2017

Concert de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction d’Herbert Blomstedt, avec la participation du violoniste Leonidas Kavakos, du violoncelliste Gautier Capuçon et du pianiste Kirill Gerstein à la Philharmonie de Paris.

Retour sur terre

Le lendemain d’un miraculeux Requiem allemand de Brahms, Blomstedt et le Gewandhaus de Leipzig offrent un programme purement symphonique à la Philharmonie de Paris, où après un Triple concerto de Beethoven moyennement inspiré, le vieux mais preste maestro fait acte de rigueur et de sens terrien dans une Neuvième de Schubert droite dans ses bottes.
 

Philharmonie, Paris
Le 24/10/2017
Yannick MILLON
 



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  • On avait atteint de telles cimes la veille qu’il faudrait bien redescendre sur terre pour le deuxième concert de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig et du vétéran Herbert Blomstedt à la Philharmonie de Paris. En ouverture d’un programme purement symphonique, une œuvre plutôt mal aimée, le Triple concerto de Beethoven, dont maint musicologue a souligné le relatif manque d’inspiration, et pour lequel en effet on n’a que rarement vibré au concert.

    Ainsi ce soir, face à un chef hyperclassique et un orchestre aux violons très éloignés sur scène, qui passeront l’œuvre à se chercher, un trio de solistes déséquilibré, avec un duo violon-violoncelle très soudé, Gautier Capuçon toujours force de proposition et viril d’attaques, Leonidas Kavakos à la jolie sonorité un peu chuintante, mal à l’aise dans les grands traits, face ou plutôt dos au pianiste Kirill Gerstein ne trouvant à aucun moment la bonne sonorité.

    Détimbrant dans la nuance piano, piétinant le clavier dès qu’il cherche la puissance, le Russe ne trouve jamais sa place dans une exécution assez terne, compensée en bis par un beau mouvement lent du Trio op. 11 du même Beethoven. On attendait donc les étincelles pour la deuxième partie, dans le plat de résistance du programme.

    Schubert n’a plus de secrets pour Herbert Blomstedt, qui l’a abondamment pratiqué au concert, et dont il a laissé une excellente intégrale symphonique au disque avec les rivaux de Dresde. Peu de surprises donc pour une Grande Symphonie aux effectifs de cordes pléthoriques, les violons par seize et pas moins de huit contrebasses, avec la volonté de maintenir l’effectif original des bois, préférable en soi mais peu adapté ce soir.

    De fait, la question des équilibres ne sera pas tranchée, bois éclipsés dans la masse, cordes denses mais sans hédonisme. On nage donc dans un entre-deux assez déstabilisant. En revanche, l’agogique est tout sauf laissée au hasard, concentrée de manière obsessionnelle sur l’avancée, Andante introductif presque pressé, sans métaphysique, Allegro ma non troppo très rapide, conception du tempo recto tono, aucun ralenti en amorce du second thème ou sur la récapitulation finale.

    Au cœur de cette lecture très active, quelques moments d’exception, dont le climax central d’un mouvement lent vraiment con moto, au hautbois moyen, où les archets se tendent, où les timbales commencent à frapper franc, où la dissonance des trombones est bien appuyée. Un peu moins rivés sur le radar anti-lenteur, le Scherzo et le Finale proposent une lecture terrienne, rustique même, aux clarinettes façon vieux bandonéon dans le Trio, aux cordes roboratives dans les formules triolet-noire de l’Allegro vivace final.

    Mais pour être tout à fait honnête, il n’y a que dans la coda que l’on tutoie vraiment l’exceptionnel, avec une soudaine empoignade sur les do répétés à l’unisson par des cordes enfin accrocheuses façon Berliner, râclant tout leur saoul au talon, et des cuivres et timbales osant la poigne qui aurait fait la différence sur la durée. Car malgré l’incontestable qualité de cette exécution, avouons avoir éprouvé, ici ou là, les « divines longueurs » évoquées par Schumann à propos de cette Neuvième Symphonie donnée ce soir avec toutes ses reprises, dont celle, rarissime, de l’exposition du Finale.




    Philharmonie, Paris
    Le 24/10/2017
    Yannick MILLON

    Concert de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction d’Herbert Blomstedt, avec la participation du violoniste Leonidas Kavakos, du violoncelliste Gautier Capuçon et du pianiste Kirill Gerstein à la Philharmonie de Paris.
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Triple concerto pour violon, violoncelle et piano en ut majeur op. 56 (1808)
    Leonidas Kavakos, violon
    Gautier Capuçon, violoncelle
    Kirill Gerstein, piano
    Franz Schubert (1797-1828)
    Symphonie n° 9 en ut majeur D944 (1839)
    Gewandhausorchester Leipzig
    direction : Herbert Blomstedt

     


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