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CRITIQUES DE CONCERTS 19 novembre 2017

Nouvelle production des Troyens de Berlioz dans une mise en scène de Lydia Steier et sous la direction de John Fiore à la Semperoper de Dresde.

Des Troyens déboussolés
© Forster

Après Hambourg et Berlin, les Troyens retrouvent une grande scène allemande avec une nouvelle production en Saxe, dans une mise en scène peu apte à porter le chef-d’œuvre de Berlioz. La distribution fait ressortir une superbe Cassandre tandis que la Staatskapelle Dresden flamboie en fosse sous la direction de John Fiore.
 

Semperoper, Dresden
Le 27/10/2017
Vincent GUILLEMIN
 



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  • Joués dans l’édition 1969 publiée chez Bärenreiter et immédiatement enregistrée par Colin Davis, donc dans une version longue mais à laquelle il est encore possible d’incorporer des ajouts, les Troyens de Berlioz trouvent à Dresde une équipe musicale de haut niveau au français relativement bien prononcé, appuyé en fosse par un orchestre superlatif, à défaut de sonner véritablement comme le voudrait la partition.

    Loin de nous l’idée d’expliquer que seuls les Français peuvent jouer la musique française, mais il faut bien se rendre à l’évidence qu’en Allemagne les accents ne sont pas les mêmes et que la langue orchestrale n’est pas tout à fait identique, même lorsqu’il s’agit de l’un des ensembles les plus cristallins d’outre-Rhin, celui de la Staatskapelle de Dresde.

    John Fiore développe ses cordes et magnifie chaque nappe de violons autant que les parties plus sombres grâce à d’incroyables contrebasses. Dans la petite harmonie, les flûtes, piccolo compris, ainsi que les bassons impactent à chaque intervention, mais laissent la primeur en grâce et en pureté à la clarinette, notamment dans son long et sublime solo au II, tandis que les cuivres également superbes deviennent particulièrement intéressants dans Chasse royale et orage joué comme un prélude de Lohengrin.

    La mise en scène de Lydia Steier passe en revanche à côté du livret en tentant une transposition incompréhensible. Il y avait pourtant une idée à placer l’action à Dresde même, devant la Semperoper encore en construction, la statue du roi Johann à cheval sur la Theaterplatz servant de Cheval de Troie.

    Et si l’on a déjà du mal à comprendre la première invasion, due sans doute à des Français, la seconde dans les Troyens à Carthage contre des soldats de l’Empire ottoman ne trouve aucune réponse historique. La note de programme n’aide pas à expliquer ce point de vue, puisqu’elle énonce seulement avoir voulu moderniser et intégrer l’action dans la mode du Paris fin de siècle. Les costumes n’apportent rien de plus et paraissent même souvent ridicules en cherchant du côté de l’opérette.

    Il reste alors à profiter du Sächsischer Staatsopernchor, absolument splendide de puissance et d'inspiration, autant que du Kinderchor, lui aussi particulièrement haletant et bien préparé, même si le français reste rarement compréhensible. Du plateau, Jennifer Holloway se démarque en Cassandre. Elle a pour elle une prononciation impeccable en plus d’un métal chatoyant dans l’aigu qui sait se répandre vers le médium au besoin. Malheureusement, son Énée devait être le jeune ténor Eric Cutler, mais celui-ci a annulé un mois avant la première.

    Le rôle est donc repris par un Brian Register vaillant, surtout dans ses parties de bravoure, mais peu marquant auparavant. Didon trouve une Christa Mayer de plus en plus intéressante à mesure que l’action avance, mais trop peu charismatique pour marquer dans le rôle, notamment dans le duo du IV et lors de son monologue au dernier acte.

    Les meilleurs échanges sont alors le premier entre Cassandre et un Chorèbe magnifique de précision, bien garni dans le médium, tenu par Christoph Pohl, et celui entre Didon et Anna au III, cette dernière campée par Agnieszka Rehlis, contralto à la couleur particulièrement intéressante dans le grave. Du reste de la distribution, on retient le Narbal d’Evan Hughes, lui aussi bien assis dans le grave, et l’Ascagne puissant et lumineux d’Emily Dorn, ainsi que le Fantôme d’Hector d’Alexandros Stavrakakis, intriguant lors de sa courte apparition.

    Il y avait donc de bonnes choses dans ces Troyens de Dresde, mais une proposition scénique plus forte aurait favorisé les artistes et mieux porté l’un des chefs-d’œuvre du Grand Opéra français.




    Semperoper, Dresden
    Le 27/10/2017
    Vincent GUILLEMIN

    Nouvelle production des Troyens de Berlioz dans une mise en scène de Lydia Steier et sous la direction de John Fiore à la Semperoper de Dresde.
    Hector Berlioz (1803-1869)
    Les Troyens, grand opéra en cinq actes
    Livret du compositeur d’après l’Enéïde

    Kinderchor und Sächsischer Staatsopernchor Dresden
    Sächsische Staatskapelle Dresden
    direction : John Fiore
    mise en scène : Lydia Steier
    décors : Stefan Heyne
    costumes : Gianluca Falaschi
    éclairages : Fabio Antoci
    préparation des chœurs : Jörn Hinnerk Andresen & Claudia Sebastian-Bertsch

    Avec :
    Brian Register (Enée), Christoph Pohl (Chorèbe), Tilmann Rönnebeck (Panthée), Evan Hughes (Narbal), Joel Prieto (Iopas), Emily Dorn (Ascagne), Jennifer Holloway (Cassandre), Christa Mayer (Didon), Agnieszka Rehlis (Anna), Simeon Esper (Hylas / Hélénus), Chao Deng (Priam), Alexandros Stavrakakis (Le fantôme d’Hector / Mercure), Jiří Rajniš, Matthias Henneberg (Soldats), Ute Selbig (Hécube), Roxana Incontrera (Polyxène), Angela Schlabinger (Andromaque).

     



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